SCÈNE TROISIÈME
Windsor. — Le château royal.
Aumerle accourt j il a devancé son père , il demande au roi un entrelien secret : le roi s'enferme seul avec lui. Aumerle va implorer sa grâce , quand le duc d'York fait entendre sa voix , et presse le roi de lui ouvrir et de se garantir de la trahison d' Aumerle. Une fois entré , il accuse son fils , ^t fournit les preuves de la conspiration.
La duchesse d'York arrive à son tour et implore pour Aumerle le pardon du roi, avec toute l'éloquence d'une mère. Le duc d'York pousse son zèle pour le pouvoir de fait , jusqu'à demander à genous qu'on ne fasse pas grâce à son fils, La duchesse s'écrie alors , aux pieds du roi :
« (lo) Ah! parle-t-il sincèrement? Voyez son visage. Ses yeux ne versent point des larmes , ses prières ne sont qu'un jeu , ses paroles ne partent que de ses lèvres, et les nôtres partent du cœur -, il ne vous prie que faiblement
(lo) Pleads he in cai'nest? lookupon his face;
His eyes do drop uo tears , his prayers are in jest , His words corne from his month, ours from our breast; He prays but faintly , and would be denied; We pray with Utot, and soûl, and ail besidc :
et il voudrait bien être refusé \ mais nous , nous vous prions du fond du cœur , de toute notre ame , de toutes nos forces. Ses genous fatigués , il les relèverait avec joie , je le sais ; et les nôtres resteront dans cette posture , jusqu'à ce qu'ils prennent racine enterre. Ses prières sont remplies d'une menteuse hypocrisie -, les nôtres d'aune ardeur véritable , et profondément sincère. Nos prières repoussent les siennes. Qu'elles obtiennent donc cette miséricorde due aux prières véritables.
BOLINOBROKE*
Ma bonne tante , levez-vous.
LA DUCHESSE
Ne me dis point : Levez-vous. Dis-moi d'abord , Je pardonne , et tu diras : Levez-vous , après. Ah ! Si j'avais
His weary joints would gladly use, I know;
Our knees shall kneel till to the ground ihey grow :
His prayers are full of false hypocrisy ;
Ours , of true zeal and deep integrity.
Our prayers do oul-pray his; ihen letthem hâve
That mercy , which true prayers ought lo hâve.