‹ Essais littéraires sur Shakespeare;Chapitre 169 sur 252 · SCÈNE SECONDE · texte numérisé non relu

SCÈNE SECONDE

Le grand chemin.

Les voleurs sont rassemblés. Mais, en attendant ceux à qui ils en veulent , Poins s'est amusé à cacher le cheval de Falstaff j le désespoir du bon chevalier est très comique :

« (3) 11 faut que je sois' maudit pour voler dans la compagnie de ce filou-là. Ce scélérat a emmené mon cheval et Ta attaché je ne sais où. Si j^essaie seulement d'avancer sur mes jambes de quatre pieds carrés, je vais perdre haleine. Allons, je ne doute plus que, malgré tout, je ne meure de ma belle mort , si j'échappe la corde pour avoir tué ce fripon- là. 11 y a vingt-deux ans que je jure tous les jours

(3) I am accursed to rob in that thiefs company : the rascal hath removed my horse , and tied him I know not where. If I travel but four foot by the squire further a-foot, I shall break my wind. Well, I doubt not but to die a fair^death for ail this, if I 'scape hanging for killing that rogue. I hâve forsTrom his con)> pany hourly any time ^this two-and-twenty years , and yet I am bewitched with the rogue's company. If the rascal haye not giyen me medicines to make me love him > Tll be hanged; it could no^ be else ; I have^drunck medicines. — Poins ! — Hal \ — a plague upon y ou both ! — Bardolph î — Peto ! Fil starve, ère Fil rob a foot further. An 'twere not as good a deed as drink, to turn true man , and leave thèse rogues I am the veriest varlet that ever chewed with a tooth. Eight yards of uneyen ground, is threescore and ten miles a-foot with me ; and the stony-hearted villains know it well enough : a plague upon't, when thieves cannot be true to

oneanothcr! (They whistle) A plague upon you

allt give me my horse, you rogues; give me my horse, and be hanged.

et à toutes les heures de renoncer à sa compagnie *, et cependant je suis ensorcelé k ne pouvoir le quitter. Oui, je yeux être pendu , si le scélérat nem^a donné quelques drogues qui me forcent àTaimer*, cela ne peut être autrement, j'aurai pris quelques drogues Poins ! Hal!

Peste soit de vous deux Bardolph! Peto! Je mourrai plutôt de faim que db faire un pas de plus pour voler. S^il n'est pas vrai que j'aimerais autant devenir honnête homme, et quitter: ce$^çlrâles-là, que de boire un verre de vin , je veux être le plus fielFë maraud qui ait jamais mâché avec une dent. Huit toises de chemin raboteux sont autant pour moi que soixante-dix milles *, et ces scélérats au cœur de pierre le savent Lien. C'est une malédiction , quand les voleurs ne «avent pas se garder fidélité les

uns aux autres.. (On siffle) La peste sur vous tous!

Donnez-moi mon cheval , canailles , donnez-moi mon cheval ^ et allez vous faire pendre. »

On finit par lui rendre son cheval, quand les voyageurs approchent. La bande fond sur eux et leur prend tout leur argent, Henri et Foins seuls se sont tenus à Técart ; aussi , lorsque Falstaff rentre povcr faire le partage y il les proclame deux fieffîs poltrons: mais tout à coup Henri et Foins tombent précipitamment sur lés quatre autres, qui s'enfuient sans les avoir reconnus, et abandonnent leur butin.

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