‹ Essais littéraires sur Shakespeare;Chapitre 192 sur 252 · SCÈNE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE QUATRIÈME

Westminster. — Palais du roi.

Le roi reçoit la nouvelle des succès obtenus sur ses ennemis. La commotion agit violemment sur sa santé depuis long-temps affaiblie. Il se sent défaillir, se fait porter sur un lit, et ordonne qu'on, place sa couronne sur son chevet. La cour se retire pour ne pas faire de bruit. Le prince Henri se charge de gardet- son père.

Il l'observe , ne surprend en lui aucun mouvement, aucune agitation : il le croit mort , prend la couronne et s'en va.

Le roi se réveille. Il appelle, cherche sa couronne , commande qu'on fasse revenir le prince , et l'accable de reproches sur cette impatience à hériter, qui» ne lui permet pas même de laisser refroidir le corps de son père.

Henri, avec une hypocrisie pire que l'action qu'il veut défendre , prétend n'avoir enlevé la couronne que par indignation contre elle , et p^roe qu'elle avait abrégé les jours de son père, parles souois et les chagrins dont elle est environnée.

Charmé de ce trait de piété filiale , le roi bénit

son fils \ et meurt y après lui avoir conseillé d'occuper par des guerres étrangères l'esprit inquiet des seigneurs de l'Angleterre , qui ont agité son règne par tant de rebellions.

Si cette scène n'offi*ait pas un spectacle odieux et révoltant , elle serait le comble du ridicule. C'est absolument la situation de Géronte dans le légataire , et Henri paraîtrait encore plus tragique en disant à son père, C'est cotre léthargie^ qu'en inventant ainsi des mensonges dénaturés en présence de la mort même.

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