‹ Essais littéraires sur Shakespeare;Chapitre 238 sur 252 · SCÈNE TROISIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE TROISIÈME

La plaine lie Bosii'ortli.

Les deux armées se rencontrent dans cette plaine, famense par la bataille qui décida la querelle si longut

SUR BHÀKSPEA.RE.

i# et si sanglante de la Rose blanche et Je la Rose ronge. É On dresse àj Richard et à son i-ival des tentes où ils s'endorment tous deux. De dessons terre sortent les ombres de toutes les victimes de Richard: Edouard fils de Henri VI ; Henri vilui-inètne;Clarence, le frère dn tyran ; les parents d'Elisabeth ; lord Hastings ; les deux jeunes Gis d'Edouard iv; lady Anne, feinnif de Richard, et enfin Buckinghara , viennent 1 un après l'autre menacer Richard de sa ruine prochaine, et promettre la victoire à son adversaire. Oulrc le défaut d'illusion théâtrale , qui se fait sentir dans cette scène par le rapprochement des deux tentes, il nous semble qu'une invraisemblance plus choquante encore , c'est cette simultanéité d'un songe et de sa contre-partie dans l'esprit de deux personnages diffé- ' rents.

Richard se réveille en sursaut, agité de terreur, et poursuivi par ses remords. Richemont, au contraire, éprouve à son réveil une espérance pleine de calme, et harangue de nouveau ses troupes avec une mâle éloquence. Pour Richard , il parle aux siennes avec la brusquerie et l'audace frénétique d'un scélérat dé-

« ( 1 8) Allons , braves soldats , chacun à son poste. Ne *

laissons pas eflFrayer nos âmes par de vains songes. La j

e est un mot à l'usage des lâches , et invcntu ^

(i8) Go, geollemen, every miin iiiito hiscliargc

Let uol oiir babbling drcains allright oursouts; Conscience is biil a Word ihat cuwards lUe

pour tenir le fort en respect *, que la vigueur de nos bras soit notre conscience , nos épées notre loi. £n avant! Joignons courageusement Tenneini ; jetons-nous dans la mêlée ; et, si nous n'allons au ciel , allons ensemble en enfer

Ecoutez; î'entends leurs tambours. Au

combat , gentilshommes anglais ! Au combat , brave milice ! Visez y archers , visez à la tête \ enfoncez Féperon dans le flanc de vos fiers chevaux, et galopez dans le sang.

.Je sens dans mon sein l'énergie

de mille cœurs. En avant nos étendards ! Fondons sur Tennemi *, que notre ancien cri de guerre , Beau Saint- Georges , nous inspire la rage de dragons enûammés! A Fennemi ! La victoire est sur nos panaches. »

Devis*d at first to keep the strong in awe ;

Our strong arms be our conscience , swords our law.

March on, join bravely, let us to't pell-mell ;

If not to heaven , then hand in haud to hell. —

Hark, I hear theîr drum.

Fight, gentlemen of England î fight, bold yeomen Draw , archers , draw your arrows to the head î Spur your proud horses hard , and ride in blood.

A thousand hearts are great within my bosom : Advance our standards, set upon our foes; Our ancient word of courage, fair saint Georges, Inspire us with ihe spleen of fiery dragons î Upon them! Victory sits on our helms.

SUR SHAKSFEARE. 549

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