‹ Essais littéraires sur Shakespeare;Chapitre 240 sur 252 · LE ROI HENRI TUI · texte numérisé non relu

LE ROI HENRI TUI

(KiNG Henri viii. )

Cette tragédie, la dernière de celles que Shakspeare ait tirées de l'histoire nationale, parait avoir été composée dans le dessein de flatter directement Élisal)eth, en lui donnant le plaisir de se voir au berceau, et d'être témoin de son baptême , qui fait le dénouement de Touvrage.

Au surplus , si Shakspeare a cherché une occasion de célébrer les louanges de sa reine, il a su éviter une basse adulation. Le peu d'intérêt qui se trouve dans la pièce porte sur Catherine d'Arragon , répudiée , détrônée pour la mère d'Elisabeth , pour cette Anne de Boulen, qui depuis!.... Mais Shakspeare ne nous Ta montrée que dans sa gloire.

Le grand écueil , c'était le personnage de Henri viii. Ce monarque , tout à la fois Tibère et Néron , comment le peindre fidellement aux yeux de sa fille , qui lui ressemblait au moins dans la première moitié de cette complication de caractères ? Shakspeare a éludé la difficulté avec une adresse qui faij: honneur à sa prudence, mais qui ne pouvait manquer de jeter un voile sur son génie. Il ne nous montre le roi que par sa conduite , et, pour ainsi dire , par son extérieur^ les secrets motifs, les sentiments, l'intérieur de Famé, voilà ce qu'il nous laisse à deviner.

o5:2 ISSAIS LITTÉRAIRES

L'action n'a pffs ide nœud, ou plutôt, il y a plusieurs actions informes, dont une seule , le divorce du roi, oflfre (juelques lueurs d'intérêt.

La pièce est précédée d'un prologue, et terminée par un épilogue. Us passent tous deux poiu* être de -Ben Johnson , et sont complètement insignifiants.

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