‹ Essais littéraires sur Shakespeare;Chapitre 5 sur 252 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

<( Je t'avais donaé de l'albâtre , du porphyre et de Por , pour me bâtir un palais , dit un génie à Nosrouj dans un conte oriental •, d^où vient cette fange que tu y as mêlée ?» — Autant en aurait pu dire à Shakspeare le génie de la littérature. ,

Cependant, malgré d'énormes défauts, le poëte de rAvon n'en est pas moins le seul grand auteur dramatique dont l'Angleterre puisse se glorifier •, le seul qui soit naturalisé aux Etats-Unis-, c'est ÇhaLspeare qui a inspiré le talent de Schiller, et quen général invoquent tous les auteurs alleniands.

Depuis long -temps imité , embelli quelquefois , plus souvent travesti devant des spectateurs français, Shakspeare vient de leur être enfin présenté sous sa forme originale. Bien connaître ShajLspeare est donc devenu un besoin presque^ indispensable pour nous.

Mais quelle lecture pour les gens du monde ! A peine les lettrés de profession en peuvent-ils supporter la Ion. gueur et Tennui , tant le fatras y déborde le sublime ! Et il ne s'agit de rien moins qae de trente-sept pièces en cinq actes , dont chacune est presque le double de nos plus longs ouvrages dramatiques. Essaie-t-on de les lire en anglais? Si Ton n'a pas fait une étude particulière de l'idiome poétique, fatigué souvent de ce qu'on a compris , on l'est encore plus de ce qu'on ne peut comprendre.

Quant aux lecteurs de traductions , pour qui les beautés sont à moitié perdues, et ne r^chettent plus qu'à demi l'étrange et grossière folie du reste , comme il ne leur importe que de prendre uneûdée de la marche

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