DE LA RÉGION MACULAIRE ET DE SA CIRCULATION
Région Maadmre. — La partie la plus centrale de la macula se présente tantôt sous l’aspect d’une tache très-petite, d’un rouge vermillon^ d’un rouge carminé, ou d’un brun violacé foncé, suivant l’abondance de la pigmentation du fond de l’œil (PI. IV); tantôt sous cet aspect, légèrement modifié par une teinte identique qui de ce point part en décroissant pour gagner les limites de la région maculaire. D’autres fois, le point central est peu foncé, et, c’est le pigment formant autour de lui une circonférence, qui le fait res-
sortir (PL TIII). . , •
Ce pigment peut s’étendre plus ou moms dans la région maculaire, ce qui fournit encore de nouvelles apparences ophthalmoscopiques. Enfin, parfois, l’on voit une auréole claue d’où part en s’affaibhssant une nappe pigmentaire plus ou moins étendue , circonscrire le point central; que celui-ci soit représenté par un point clair, entouré d’un cercle pigmentaire, ou par un point fonce en couleur. Nous avons en outre rencontré trois fois, alors que nous étudionsl’œil normal, àla place du foramen cæcum, troisou quatre plaques plus pâles entourées de pigment foncé. C’est la une rare variété dans la disposition du pigment choroïdien au niveau de la macula, auquel celle-ci doit, dans tous les cas physiologiques, son
apparence variée.
Les limites de la région maculaire sont très-souvent etahhes par un reflet éclatant, qu’on rencontre chez les blonds et les bruns, peut-etre
un peu plus fréquemment chez ces derniers. .
Il semble se montrer de préférence chez les mdmdus dont la pupille n’est pas dilatée artificiellement. Ce reflet est b'®" limites de la région maculaire, c’est-a-dire aux endroi couches rétiniennes commencent à ^ des
distinctement, nous avons vu, plusieurs fois, a son myeau, des
ramuscules changer brusquement de plan mw en occuner de ni..,
S "tf/"""' “• - *51, ,ï.’
ou moins abond/rntP lo- ^ pigmentation plus
pins du.foramen'cæram’dontTr*'"'*"'®™'’^ rapproche
de le voir. L eleLTe de variable, comme on vient
qnecelle de la papille^ Pe“ moindre
papille, et sa forme, régulièrement ronde.
^^’’^dlqttor, périmacukire et maculaire— i a .
supérieur (i -r) et le tronc veineus incér! ’ i veineux
à une certaine distance la réainn' ® P '“‘^rne embrassent. Chacun d’eux est ^c~n T T concavité,
artériel. C’est de ces gros trMcs a"ueTa“ f'''' ™
directement ou par l’fntermS de P^^'ant
plus grand nombre des petite rami.'’l ““aléraux le
région maculaire, en fraLldssent très convergent vers la perdent « très-peu de distance du f aÏen
meme souvent au nombre d« de..v 7 , 1 Palteignent
aucorelesramusculesdelama^^^^^^^^^^ 0“^'
la r^ion maculaire ou la traverser, en Ion?**’f?''*«
l'avons^Xl Phvr"’™' dispoE Et
horizontal, dans la moitié interne deTn 7®' Pl“a ou moins eux aussi, des ramuscules à laTSon J ,aE ^7' moins considérable que les gros Vaisseaux ,r“ ’ ® “““bve
: L inspection des figures dàn, l, n ""“'«'"««terw.
est déjà à priori une sorte de contre-sens physiologique, la région' de, la macula est la partie du fond de T œil où viennent se terminer le plus grand nombre de ramuscules veineux et artériels apparents dans ïimage ophthalmoscopique.
On rencontre les vaisseaux maculaires chez tous les inamaus qu’on veut examiner d’une façon attentive et suffisamment soutenue. Pour les bien voir, il faut cependant avoir soin de faire varier continuellement la direction de la lentille, afin de mettre toujours au point ces ramuscules ténus, dans les divers plans qu’ ils occupent et qui s’éloignent de plus en plus de l’observateur à mesure que celui-ci regarde des portions situées plus près du point central. C’est, probablement, pour n’avoir pas pris ces précautions indispensables, et aussi pour n’avoir pas assez prolongé un examen difficile et plus fatiguant encore pour l’observateur que pour le malade, qu’ils n’ont pas été remarqués jusqu’ici.
Pour nous, nous les avons rencontrés chaque fois que nous avons voulu faire l’examen approfondi d’un œil; quelquefois nous les avons distingués dans des yeux de vieillards, chez lesquels lè cristallin avait déjà perdu un peu de sa transparence, et les vaisseaux rétiniens de leur calibre (PL Y) ; et aussi chez des malades atteints d’atrophie papillaire déjà ancienne.
Pour terminer ce qui a trait à cette question, nous dirons que pour pratiquer ces examens, nous avons tantôt dilaté légèrement la pupille alors que son ouverture était très-étroite; que, d’autres fois, nous avons examiné sans dilatation artificielle, alors que l’ouverture pupillaire était modérément grande ; dans ce dernier cas, au début de l’examen, la pupille se rétrécissait d’une façon notable, mais elle tendait bientôt à revenir à ses dimensions primitives quand l’e ploration persistait quelques instants. En ne dilatant pas la pupille, on produit plus fréquemment, nous l’avons dit déjà, le reflet de la macula, et on éclaire davantage le fond de l’œil. Nous mous sommes servi de lentilles de 2”, 2” 1;2, 3”, de présence aux autres;
1871. — Delorme.
maïs nous avons également pratiqué quelques examens avec des lentilles à foyer plus long.
EXAMEN DE l’œIL APRÈS LA MORT.
Nous donnons ici le résumé de cinq observations patiemment prolongées :
L examen ophthalmoscopique de l’œil du cadavre peut être pratique longtemps apres la mort. Les cadavres que nous avons examinés, nous ne les avons quittés que lorsque nous ne voyions plus rien de saillant à noter dans le fond de leur œil, et ce moment n’arrivait guère que de trois à quatre heures après le début de l’exploration.
On peut prolonger l’examen, ou on le rend plus facile en faisant tomber dans 1 œil de 1 eau froide ou tiède, ou bien en faisant mouvoir les paupières sur le globe; on restitue ainsi à la cornée son poli : c’est elle, en effet, qui peu de temps après la mort rend l’examen ophthalmoscopique plusdifficile.On sait du reste que ni le cristallin ni les autres humeurs de l’œil dont la transparence persiste longtemps après la mort, ne peuvent l’entraver ; et que, la surface antérieure d’une cornée séparée de l’œil du cadavre, étant frottée on aperçoit au travers les objets plus nettement qu’auparavant.
Cet examen, comme beaucoup d’autres examens ophthalmoscopiques, peut être fait dans la salle d’hôpital qu’occupe le cadavre même lorsqu’elle est notablement éclairée par la lumière du iour’ et eu ne se servant que de la flamme d’une bougie ; nous avons agi ainsi dans quelques cas. Si nous insistons sur ce point, c’est que dans certaines circonstances, il peut avoir son importance pratique A ce propos, nous ajouterons que, d’uno façon générale, on a beaucoup trop exagéré l’importance des conditions préliminaires de 1 examen ophthalmoscopique : alors qu’on seraitpris au dépourvu la
lumière d’une allumette-bougie ou d’une bougie pourrait suffire pour poser encore un diagnostic assez sérieux; il nous est même arrivé avec notre ami, G. Pasquier, d’examiner le fond de l’œil avec la seule clarté du jour, et devoir très-nettement ses diverses parties. Nous dirons en passant qu’il présentait dans ces cas une teinte Jaune. Quelques minutes après la mort, on Ja blancheur écla¬
tante, la pâleur atrophique de la papille, et surtout^ la disparition ou la diminution très-sensible des gros vaisseaux dans son intérieur. Ce dernier phénomène est même parfois si accusé, si manifeste, qu’oa pourrait dire, en se bornant à un examen superficiel, que ces vaisseaux ne naissent qu’en dehors de la papille.
Chordiie .—La choroïde met un certain temps à pâlir ; et, quand elle pâlit, dans les limiles de temps indiquées plus haut, trois ou quatre heures, son changement de ton n’est pas toujours très-prononcé, mêm.e dans les parties équaîorialss. Ce fait est du reste contrôlé par les recherches nécroscopiques de Fœil, qui disséqué aux heures habituelles des autopsies, présente assez souvent une teinte rouge fort marquée, répandue d’une façon générale.
Ces faits sont peu en accord avec ceux signales dans la pathologie générale de M. Bouchut, un des très-rares auteurs qui aient écrit sur la matière. En effet, ce professeur cite comme signes de la mort
fournis par l’examen ophthalmoscopique :
1“ La décoloration, du réseau capillaire de la chordide, ce qui, ajoutet-il, donne au fond de l œil un aspect grisâlre de plomb terni ; la disparübn de la papille qui cesse de trancher sur le fond rouge de la choroïde, et qui devient (jriso comme la rétine, ce que l’on peut apprécier dit cet auteur, avec le réft'^cteur d’un ophlhalmoscope.Nous venons de voir d’abord, que la décoloration de la choroïde n’est pas le premier phénomène apparent sur l’œil du cadavre : car il ne se montre, au contraire,comme caractère ophtalmoscopique qu après bien d autres, de plus, qu’elle n’est pas, dans les limiies de 1 examen, toujours bien appréciable ( 2 cas seulement sur 5 j; et enfin, nous ajoute-
rons que ce n’est pas la choroïde qui donne au fond de l’œil un aspect grisâtre de plomb terni, mais au contraire la retine, comme nous la verrons tout à l’heure. Cela est si vrai, que dans les cas, bien entendu, où la choroïde na subi aucune modification de teinte, alors même que. cet aspect plombé est des plus manifestes, il est possible, en éclairant le fond de l’œil d’une façon suffisante pour que les rayons lumineux puissent traverser le voile rétinien et éclairer la choroïde, de donner à ce fond le ton rouge que lui enlève ce voile. En second lieu, si les limites de la papille sont moins nettes, sa teinte blanc nacré, éclatante, scléroticale, loin d’être grise, la fait toujours distinguer de la rétine qui est d’un blanc mat, et qui seule est la cause de la diffusion de ses bords.
Yoile rétinien. — Après la blancheur de la papille, et la disparition ou diminution des vaisseaux dans son intérieur, se montre, autour de la papille, vingt ou trente minutes déjà après la mort, un mile blanchâtre ; chez les individus dont la pigmentation de l’œil est trèsfaible (blonds ordinairement), ce voile prend de suite sa blancheur; chez les individus dont la pigmentation épithéliale de la choroïde est plus marquée, et chez lesquels la rétine présente normalement une teinte d’un blanc légèrement bleuâtre, le ton blanc mat, n’apparaît d’une.façon un peu nette que lorsque la pointe de bleu a déjà disparu. Les conséquences de cette nébulosité de la rétine, qui primitivement s’accuse davantage au côté interne (image renversée), sont :
1“ l’aspect d’un blanc mat que revêt l’œil à un faible éclairage; 2“ la disparition, dans une partie ou dans la totalité de leur trajet, des vaisseaux les plus ténus, qu’on aperçoit entre les blanches de Vx vasculaire, aux environs de la papille. Cette disparition est rendue plus facile par la diminution que leur calibre a subi; 3» la moins grande netteté des pigments circumpapillaires ; 4» la diffusion de la papille dont il est toujours facile d’établir les limites, les tons réti mens et papillaires n’étant^pas identiques; 5° enfin, la diminution
ou la disparition de la teinte des portions les plus profondes, les plus "externes des gros troncs vasculaires.
Artère!^. — Les artères deviennent plus ténues, perdent générale^ ment leur double contour; le conservent cependant quelquefois, peu diminué dans les plus gros troncs, et se laissent masquer dans de plus grandes parties que les veines par le voile rétinien, probablement en raison de leur plus faible coloration.
Néanmoins, de gros troncs peuvent être suivis souvent sans interruption, soit d’une certaine distance, soit des bords mêmes de la papille jusque vers Véquateur de l’œil, que le voile envahit très-lard et toujours imparfaitement. Dans ces cas, ils présentent dans tout leur trajet, leur belle teinte rouge orangé normale, qu’on leur retrouve du reste encore par places sur le cadavre, assez fréquemment, plus de trente heures après la mort. La diminution de leur calibre survient presque immédiatement après la mort, et leur disparition partielle ou l’affaiblissement de leur teinte sont subordonnés au moment où le trouble de la rétine enveloppe ces vaisseaux. C’est le plus généralement à quelque distance de la papille qu’ils disparaissent d’abord, le voile apparaissant primitivement en ces endroits. Ici nous nous trouvons encore être en désaccord avec M. le professeur Bouchut, qui, à ce sujet, s’exprime ainsi: desarUm
de la rétine par suite de leur viduité. Leur disparition, quand elle existe, est, comme on vient de le voir, bien plutôt sous la dépendance du trouble rétinien que sous celle de leur viduite, ^ parla coaservation partielle, mais frequeate de Lildu cadavre longtemps même apres i
bien rarement. Nous avons dit en outre que cette disparition etai
loin d’être constante et ne se manifestait
portions de vaisseaux. Nous avons fait le dessin di^a fond dmü
étaient conserves des le bord papinaiie
raies les plus volumineuses et quelques ramuscules peu considérables externes (image renversée) : ce fond d’œil sous ce rapport était presque identique à l’œil sain.
Veines. Nous avons vu, dans trois cas, les gros troncs veineux, garder très-bien dans la rétine leur calibre et leur teinte physiologiques; dans les deux autres cas, ils ont présenté, dans certains points de leur parcours, surtout aux environs de la papille, une teinte affaiblie ou masquée par le voile rétinien. Les modifications que subit le sang dans l’intérieur de ces vaisseaux doivent favoriser parfois leur disparition partielle. 11 nous a été donné de voir une fois, d’une façon très-nette, ce phénomène, deux heures vingt minutes après la mort. Ayant traversé le voile rétinien avec une lumière plus forte que celle employée jusque-là, les vaisseaux au niveau des points qui venaient de disparaître, nous apparurent avec leur calibre, sans que nous puissions distinguer dans leur intérieur aucun contenu coloré.
mjion maculaire. L’examen ophthalmoscopique de celte partie du fond de l’œil n’est pas plus difficile après la mort que pendant la vie. Son aspect ne présente quelque chose de particulier à noter qu’à partir du moment où le voile rétinien vient l’entourer. Son reflet ûisparait alors; cependant sa teinte ne change pas. Puis, à mesure que 1 opacité rétinienne fait des progrès, son étendue diminue; mais alors meme que. la rétine est tout à fait altérée, tout à fait opaque
nous avons vu son foramen cæcum et les parties qui l’avoisiLl
de plus près trancher toujours avec leur couleur normale sur Ï reste du fond delœd.cinq heures après la mort, moment où nous
avons interrompu notre explo^^ L’opposition plus grande qu’à
lelat normal qui existe ici entre le ton de la rétine opaque et ceÙ de r^maeule qui n’a pas changé, rend même dans ^