‹ Essais orientauxChapitre 36 sur 109 · Rig Véda, X · texte numérisé non relu

Rig Véda, X

4. La liqueur enivrante dont le sacrifice le gorge ; cf. $ 31.

caverne nuageuse où le démon, le dragon, le Serpent (Ahi) *, enlace dans ses replis tortueux le trésor des eaux et de la lumière ; quand il a fait couler à terre les flots des rivières d'en haut, le lait des vaches célestes délivrées, et que le rayon du soleil perce à nouveau, ce que salue le cri triomphal du poète, c'est moins une victoire qu'une renaissance, une création :

Dans l'ivresse de cette ambroisie, la fondre en main, Indra a mis en pièces le Serpent qui enveloppait les eaux, alors que vers lui, comme des oiseaux vers leur nid, couraient les vœux des Rivières (prisonnières) .

Lui, Indra, de sa force, a mis en mouvement le flot des eaux vers rOcéan, en tuant le Serpent.

Il a créé le soleil, il a conquis les vaches (célestes) ; par sa lumière, il a fixé la loi des jours ^.

On voit comme l'exploit banal du héros d'orage prend les couleurs d'un événement cosmogonique. Telle formule nous transporterait au début du monde si la formule voisine ne nous rappelait que ces créations sont d'hier, d'aujourd'hui, de demain. Chaque mythe d'orage contient en soi un mythe cosmogonique, et l'on pourrait s'attendre à voir le héros d'orage passer directement créateur :

Indra, quand tu as tué le Premier -né des Serpents^, quand tu as écrasé les malices du malin, alors, créant le Soleil, le Ciel, l'Aurore *, alors, certes, tu n'as plus trouvé d'ennemi'.

4. Voir M. Brêal, Mélanges de mythologie, 79 sq. t. RigVéda, II, 19, 2-3.

3. C'est déjà Y '0<p^cov de Phcrécyde; voir § 47. A, At sûryam janayan dyâm ushâsam, tune solem gignens, jovem, auroram.

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