‹ Essais orientauxChapitre 50 sur 109 · Apx«^ou |JL6v TCpcoTS /âo-JÇ crc«'x{4L«ptov àvfl^1}V · texte numérisé non relu

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xai Kpovov, «iK 8Xox«''«v àntiptot'oiç &7ro xdXnot; AlO^pa, xoù ôtçu^ , Wi^maitia , xuôpov "Kpwt* ,

NUXTOÇ atlYVïiXïJÇ îiî« XXUTOV. OV ^ 4^VI}TQt

'oTiXoTspot xXiJÇoufft ppoTot* npôToç Y«P «f^vOn {ArgiNH., 12 sq.).

LES GOSMOGONIBS ARYBNNB8. 161

de flamme , qui sort de la nuit et le premier se rend visible, révèle sa nature lumineuse presque aussi clairement que dans le bel hymne cosmogonique jeté par Aristophane au milieu d'une de ses plus folles comédies :

<c D'abord fut le Chaos, et la Nuit, et le noir Érèbe, et le vaste Tartare ; la terre n'était point, ni l'atmosphère, ni le ciel. Et au début, dans les flancs infinis de TÉrèbe , la Nuit enfanta un œuf sans germe *, la Nuit aux ailes noires, et, les temps roulant, germa et sortit Amour le désirable, faisant éclater sur ses épaules deux ailes d'or , rapides comme les tourbillons des vents ^. »

§ 16 bis. L'identité de cet Éros avec le dieu brillant qui sort de la nuée éclate à chaque ligne. Mais le poète, emporté par le nom même du dieu et par les idées qu'il éveille, dévie dans l'abstraction et explique par l'action de l'Amour, conçu comme une force générale de la nature, toutes les choses qu'avaient faites Amour , être mythique et personnel : « Et , avant que l'Amour eût mêlé toutes choses, point n'était la race des immortels ; et les éléments se mêlant les uns aux autres , se produisit le Ciel , et l'Océan, et la Terre, et la race impérissable de tous les

4 . 6:n)v/(xtov se dit des œufs vides , que Ton croyait engendrés par le vent : co« xà Zi-^a, tou oye-j^yoLi Y6vvtu(iÊva (Hesychus) ; quidam et vento putant ea generari ; qua de causa etiam zephyria appeiiantur (Pline, X, 60, 80). La cosmologie védique offre la même image (voir § iO).

t. Xao( ^v xal NùÇ 'Epc6o( ti (i^av ;cpc5T0v xal Tipxapoç tup<^(, Fij ô' ouô' ai)p oud* oupavot ^v* *Ep^6ou^ o'tv intlpoai iuDc;cotç T&TCi }cp(i>xi9T0v înnjv^jxtov Nu5 Ij [ukav6KTtpoç loôv, 'fÇ o6 TccpttsXXofi^vai; (ôpatç SSXootcv ''Epcoç 6 noOctv<{ç , t:{X6cov WTjtov jrcipiyotv /puaaTv, ctxia; àvsfAoSxtat d^vatç.

(IjCS Oiseaux, 693.) tl

dieux bienheureux *. » L' Amour-sentiment, force générale de la natiu'e, a pris la place d'Amom», être concret et personnel, identique au dieu lumineux qui sort sur des ailes d'or de la nuée ténébreuse. Déjà, dans Hésiode, la pensée philosophique et abstraite a recouvert la vieille image mythique : lui , non plus , ne sait plus que FÉros créateur n'est qu'un déguisement de la lumière, une forme d'Héméra ; ce n'est plus Amour, c'est l'Amour, « le dieu de langueurs, qui dompte le cœur de tous les dieux et de tous les hommes * ; » c'est déjà l'Amour abstrait des philosophes, « l'Amour par qui se sont faits les commencements sacrés de la nature et se sont développés les éléments de tout l'Univers 3. » Phérécyde est plus près du mythe quand son Zeus , pour créer le monde , se transforme en Éros * ;

1 . OuTOç 8à /^«êi ;rr£poevTi [u'^çûç vu/^tw xati TapTapov Eupùv *sv£orc£uaev y^voç f](i^TÊpov xai Tupûxov àvrÎYaYSV £Î; ow;. IIp(jT£pov Ô' oux ^v Y^voç àOavxTwv ;:piv "Epwç auv^[iiÇ£v aîravTa, ^u(X(x(aYO[x^vcov 8' âtÉpcov It^poi; y^vet' oùpavd; t' (hutavéi T£

xai Y^ TudtvTtuv T£ Oeûv [xaxàpojv ^evo^ ocçOitov (Ihid.y 700).

2. *H8' "Epoç, ôç xotXXioTO; £v aOavacTotai Oeoîcti. Xu9i(X£X7f ç , TràvTcov T£ Oewv KavTcov t' dEv6p(o7:cov

$à(xvaTai £v aTriôsaat voov xai Ir^ypova PouXtJv ( Théogonie y 120.) « Hésiode, dit Aristote, et les autres qui , comme Parménide, ont mis TAmour ou le Désir au début comme principe des choses, sont les premiers qui aient eu l'idée d'une cause première de mouvement » ( àç Ôiov £v TOÎç oùaiv 07rapy£iv tiv' aWav tjtiç xiVT[a£' xai ouvocÇei ta izpTf[Lazct\ Métaph., 1, 4). '

3. Araor ille , per quem rerum naturae sacra pnmordia totiusque mundi elementacreverunl(QuixTiLiEN,Dedamar XIV, ap. Schœmann, De cupidine cosmologico , opuscule plein de faits , où sont rassemblés tous les textes importants sur le rôle d'Éros dans la cosmologie grecque; Opusc. Acad. II, 6).

4. K«i ô ^£p£x-jôr,; ïXEffiv £Îç ''EptDTa [X£ta6£6X^a0at tôv A^a (AéXXovra 8ijjxioupY£tv, OTi 8f| tôv xoafjLOv £x ttov IvowTîtov auvKJtàç £Îç ôfioXo^^av xat ^tXiav ^fayE xa^ TauTOTijTa naaiv £v^a;:£ip£ xa\ evui^iv 'rijv 8t' oXcov $ti|xouaav (Proclus, Comm. ad Timœam , 156 A). L'explication on 8^ est sans doute de Proclus ; il est douteux que Tidée fût aussi nettement dans la pensée de Phéœcyde, qui» dans tout ce qui reste de lui , se montre pur mythologue , sans ombre de métaphysique.

LES GOSMOGONIES ARYENNES. 163

Parménide également, quand il place Aphrodite, son principe premier, au milieu des zones alternées de nuit et de lumière dont se forme l'univers , et lui fait créer Éros comme première de toutes les créatures * ; mais il est philosophe quand il la définit le « génie qui gouverne toute chose, principe en toute chose du douloureux enfantement et de toute union , envoyant l'élément femelle se mêler à l'élément mâle et l'élément mâle à l'élément femelle '^, » et quand à son nom d'Aphrodite il joint les noms d' 'AviyxYi, la Nécessité, Aixr), la Loi, Kuêepv^nç, celle qui gouverne, KXYjpwxoç, la Destinée ^. Il était réservé au génie le plus net et le moins rêveur que la Grèce ait produit de rajeunir le vieux mythe décoloré par des générations de philosophes, en lui donnant une valeur nouvelle, plus mystérieuse qu'il n'avait jamais eue. Aristote, en quête du mouvement initial, ne pouvant le mettre au sein de son Dieu, trop parfait et trop au dessus du monde pour déchoir au mouvement, se retourne vers la vieille formule des mythologues : c'est l'Amour qui sera avec lui, comme il l'a été avec Hésiode, avec Acousilaos, avec Parménide , avec les Orphiques, avec les Rishis védiques, le branle de la vie universelle * ; mais ce n'est plus l'amour des choses pour

4. nptoTiaiov [ilv *'EpcoTa Oewv [ir^tiaaTO JCotvTtov (ARISTOTE. loc. cU,; Plutarque, Amatorm, 42 ; Simplicius, Phys,, fol. 9 a).

2. 'Ev §è (liac^ toutoiv Aa/(x(ov ^ nocvta xu6Epva. nàvTT) fap oxuYgpoto idxou xa( [x^Çioç ip'/(h

*«pfflV 07)XuT^p(^.

(Fragm,^ 426, éd. Mullach ; de Simplicius, Phys., f. 9 a.) Sur ces zones alternées, voir Stobeb, Eclog» I, 23 (482); Cicéron, DeNat. Deor.^ 1, 44 ; Plutarque, De placUis philos., Il, 7.

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