Simplicius, ap. Zeller, tr. Boutroux, p
4. Zeller (p. tl8) , d'après Plutarque ( De Plac. Phil., I, 3 ; vide infraj § 34) et d'après les théories de Diogène d'ApoUonie , disciple d'Anaxiniène.
5. C'est le sens propre du mot par opposition à aîOrlp, l'espace de la lumière céleste.
intermédiaire entré l'air et l'eau, l'autre entre l'air et le feu*.
S 15. La nuée, en Grèce comme en Inde, est l'œuf où germe la lumière : c'est de l'œuf que naît, au bord de la rivière, la fille de Zeus, la fille du ciel, Hélène, « la Resplendissante », la lumière-femme 2. En Grèce donc, comme en Inde, et pour le môme motif, l'œuf sera le symbole de la création. Cette forme cosmogonique, moins classique que les précédentes, est surtout connue par le développement qu'elle a pris dans les systèmes mystiques de la tin du paganisme. Dans les mystères de Dionysos, l'œuf était le symbole de l'univers, engendrant et contenant toutes choses dans son sein ^ : on est déjà assez loin ici du sens primitif et de l'image naturaliste ; les poètes orphiques y demeurèrent, et le développement des images élémentaires arrive à des versions coïncidant presque absolument avec les versions brahmaniques. Au début, le Chaos, la Nuée et la Nuit; le Chaos, roulant sur lui-même, se condense, se limite et prend la forme d'un œuf monstrueux ; l'œuf, en
toùç oupavoù; Sjcstpov ov {De CCSlo, II!, 5). — ''H Tzïip ^ uôfop r[ irjpoç (xàv TcuxvcÎTepov «ipo; 8à XeTcroTepov (Métaph., I? 7).
2. Hésiode fait d'elle une fille d'Okéanos et de Téthys ( fr. 35, éd. Didot ; SchoL Pind, Nem., X, 150) ; elle est en effet aussi bien la fille d'Okéanos que de Zeus , de la rivière céleste que du ciel , sortant de l'une aussi bien que de l'autre ('Ha(o8o; oSts AiîSa; oSte Ns[i^aewç Ô^Ôoxji T/jv 'EX^VTjv, àXXa OuYOT^p* 'Ûxsovou xat Trfiùoi).
3. *Û; H-^H-^t^tt "fow "f» Tcavta -'(è'^yMvxoi xat rtspis/^ovTo; £v lautw (Plu- TARQUE, Sympos.j II) 3, 2). — (In sacris Liberi patris) ex forma tereli ac paene sphaerali atque undique versum clausa, et iucludente intra se vitam, mundi simulacrum vocatur (Macrobe, Saturn., VII, 46). L'œuf est donc antérieur à la poule. — Cf. le Minokhired et Varron , cités
LES COSMOGONiES ARYENNES. 159
tournant, germe, et se brise en deux moitiés qui forment le ciel et ta terre; du centre de l'œuf sort l'être qui doit créer le monde, l'être divin et merveilleux, le dieu des orphiques, aux mille noms, Éros, Métis, Éricapéos, l'être lumineux, la lumière suprême, que les mortels appellent Phanès, parce que le premier il se laissa voir dans l'éther*. On reconnaît, sous cette forme tourmentée et savante, la même idée que dans les formules védiques qui montrent caché dans les eaux l'Embryon d'or qui doit créer le ciel et la tçrre.
Chez les Orphiques, cet être qui germe dans la nuit reste tantôt ce qu'il est de nature, l'être lumineux, Phanès; tantôt, par voie de généralisation, il devient le dieu de vie universelle et de sève qui se réveille chaque année au printemps ou chaque matin à l'aurore, Éricapéos ^\ ou, par une abstraction plus haute, MétiSj la pensée, l'intelligence universelle. Enfin un autre de ses noms nous ramène à un autre symbole cosmologique que nous avons déjà rencontré dans le védisme , Éros, l'Amour.
cÎtccùv éxetvo Eivai xo çwç to ^f^w tov atO^poc tov Oîc^pTOTOv TcivTwv • ou 2vo(Aa 'OpçEÙ; oxoiSoaç ex tyJç [lavTC^aç eÇetne, MtJtiv, ^dEvr^Ta, 'Hpixa:taTov, OTcep lp{A7)v^usTat pou>.7j, 9(5; , Cco>o$oT7ip (Gedrenvs, ap. Lobeck, 479). Cf. Damascivs, Be prm. princ., et la citation des Argonautiques, § 46. 2. 'HptxaTuaîoç, défini ^wo5(Jtt)p , est littéralement « celui qui souffle au matin (de rjpi etxdE;ro;; xoJtco; = t}»uyT[ , Tn^eiîjxa ap. Hesychium). QûETTLiNG (Opusc. Acod., 1869, p. 243) traduit vemaUum ventorutn afjlalus. Mais ^pi, qui signifie au printemps, signifie aussi au matin et il peut s*agir également de la brise matinale qui ramène la vie après la nuit. Voici un vers védique d*un hymne à l'aurore qui peut servir de commentaire au Çcooôottjp de Cedrenus : « Levez-vous î voici venue notre vie, notre souffle ; les ténèbres sont évanouies, la lumière vient; elles ont laissé au soleil la voie où il va marcher ; nous sommes ailés où la vie se prolonge. • (RV. I. 443, 46.f Ainsi Hàfiz : « L*haleine du vent du matin répandra le musc autour de nous , et le vieux monde redeviendra jeune à nouveau. »
S 16. L* Amour, pour les Hellènes comme pour les Indous , est le premier-né des dieux : « D'abord fut le Chaos, dit Hésiode, puis la Terre au large sein, et TAmôur, le plus beau des immortels *. » Philosophes et poètes lé répètent à travers les siècles, depuis l'auteur de la Théo^ gonie jusqu'à celui des Argonautiques. Si le sens naturaliste du symbole est oublié, si la Grèce ne sait plus que le dieu Amour n'est autre que le héros orageux et lumineux qu'elle célèbre ailleurs sous les noms d'Hercule et de Persée, que c'est le dieu conçu comme amant de la lumière qu'il délivre, du moins laisse-t-elle encore voir , jusque dans les formules des dernière mystiques, que l'Éros grès, comme le Kâma indien, est le dieu Lumière, et sa nature vraie perce toujours, quoique inexpliquée. Écoutez les derniers des Orphiques : « J'ai chanté l'insondable loi du Chaos primordial, — et Kronos, comment dans ses flancs infinis il enfanta lÉther, — et l'illustre Amour, à double forme , aux yeux de flamme, flls de la Nuit éternelle , que plus tard les hommes ont appelé f hanès, parce que le pré*mier il apparut aux regards (^«pavôyj) 2. » Cet être aux yeux
\\ *'Htoi [xèv TrpciStiora X«oç y^vet', auT«p srteita VaX ' «ipuatepvoç. . .
*rfi' *'Epoç, ôç xaXXiOTOç ev i6avatoi<ji Oeotm (v. ^^6). De même Ibycus : *'I6uxoç 8è xai *H<ïiodoç sx Xaouç Xsysi YSv^oOat xôv "EpcoTs (Schol. ad ApoU. Rhod., \l\, t6\ Bergk, fr. 28) ; et Acousilaos (Damascius, De prim, princ., § 424). Même conception , en d'autres termes, dans le vers orphique qui met au début «t la Nuit . que nous appellerons Cypris » :
Nwï '>(i'vt<3iç nofvTtov, ^v xat KÛ7:ptv xoX^otofUv. De là, dans Cicéron, Amor, né de VErèbe et enfant de la Nuit {De Nat, Dear, III, 47)