‹ Essais orientauxChapitre 72 sur 109 · RV. Vf, 72, \ sq · texte numérisé non relu

RV. Vf, 72, \ sq

3. Brahman, substantif neutre, signifie littéralement XElévaiwn; c'est un des noms de la prière, « de la pensée qui s'élève vers le ciel, btihaXi dkX^ ûrdlwû dht. » Au masculin, c'est le nom du prêtre.

LES GOSMOGONIËS ARYENNES. 193

retable céleste et poussé au dehors le troupeau lumineux et ruisselant. Elle s'incarne en un dieu, Brihaspati ou Brahmanaspati, le «Maître de la Prière », qui, comme Soma et pour les mêmes causes, tantôt aidant le héros orageux, tantôt aidé de lui, tantôt à lui seul, brise la montagne nuageuse, ouvre retable, lâche le torrent des eaux enfermées dans les ténèbres, dévoile le ciel. La prière devient alors toute puissante sur la nature et sur le dieu même qu'elle avait d'abord invoqué ou exalté. Comme, d'ailleurs, elle est en général d'accord avec le cours même des choses, qu'elle appelle la pluie dans la sécheresse, la lumière dans les ténèbres, et que toute sécheresse finit en pluie, toutes ténèbres en lumière, elle croit dominer la nature dont elle n'est que le prophète, elle croit avoir produit ce qu'elle n'a que prédit, et elle s'érige en puissance, se croyant obéie parce qu'elle est satisfaite. Il est des paroles entendues des dieux qui font tomber la pluie ; les prêtres par leur prière sucent le lait de la terre et du ciel; c'est en chantant un Mantra que les Atris ont trouvé Agni ; il y en a qui ont inventé un Sâman avec lequel ils allument le soleil. C'est par la prière que se succèdent l'ordre régulier des temps ; la nuit et l'aurore font le tour du monde sur les ailes de l'hymne. Sur cette illusion, la prière entre au Panthéon : elle sera , sous le nom de Brahman , le principe suprême du brahmanisme, le principe universel*.

S 35. La combinaison de l'oiï'rande et de la prière constitue le sacrifice. Des deux parts de l'Himalaya, en Inde et en Perse, des mythes cosmogoniques se formèrent qui mettaient le sacrifice au début du monde. En Inde , c'est

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