‹ Essais orientauxChapitre 81 sur 109 · Voir §8, p. 164, note · texte numérisé non relu

Voir §8, p. 164, note

« 4. L'Amour, voilà l'être qui naquit au débulS TAmour qui fut le germe premier de la pensée et en qui les sage», s'ils interrogent leur cœur, découvrent le lien du non-être à rêtre.

« 5. Le rayon transversal qui fit la trame des mondes venait-il d'en haut, venait-il d'en bas-? Y avait-il des puissances fécondantes et des forces de croissance ? Nature au dessous, énergie au dessus?

« 6. Qui sait? Qui pourrait dire d'où est sortie cette création ? Les dieux sont postérieurs à son émission ; donc, qui sait d'où elle est sortie ?

« 7. Cette émission, d'où elle est sortie et si quelqu'un Fa faite ou non, Celui qui du haut du firmament surveille ce monde, celui-là lésait ! — Peut-être ne le sait-il pas^. »

Les Indous ont attribué la composition de cet hymne à Prajâpati Paramesh^hin, c'est-à-dire à l'Etre suprême en personne, mettant dans la bouche même de la divinité transcendante cet aveu d'impuissance , ce blasphème sublime, ce défi suprême jeté par le mystère à l'intelligence divine. L'inconnu, quel qu'il soit, qui eut assez d'audace dans la pensée pour acculer ses dieux à la même ignorance que lui-même, a place dans le chœur immortel. Pascal eût reconnu un frère , Spinoza lui eût tendu la main : jamais parole de puissance plus calme ne frappa la nuit du chaos. Mais plus d'une fois aussi la fièvre d'an-

L HÉSIODE, Aristophane, Aristote.

î. Cest l'image de Phérécyde : rétofTe cosmique sur laquelle Zeus a brodé la terre et Ogenos (rOcéan) et les demeures d'Ogenos (^Epexuôrjç ô Sjpioç Xéyzi • Zàç ;uoieî çapo; [kéya te xai xaXov xai ev autw jioixi'XXsi Y^îv xal 'ûy^vov xai xi 'Ûy^vou SoSfjLata : Clem. Alex. Slromata, VI, 744 , éd. Dindorff).

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