‹ Essais orientauxChapitre 85 sur 109 · Inédit : écrit eu · texte numérisé non relu

Inédit : écrit eu

ont arrêté si longtemps la formation d'une école française. Cette tradition, si lente à naître, est néanmoins en voie de formation depuis une vingtaine d'années, et c'est à l'auteur du livre dont nous allons parler qu'en revient en grande partie le mérite ; c'est dans les essais de mythologie qu'il présenta en 1863, comme thèse de doctorat, à la Faculté des lettres de Paris , que se trouva exposée, pour la première fois et d'une façon systématique, la méthode de la science nouvelle ; et son enseignement officiel au Collège de France a définitivement organisé l'étude de la grammaire comparée , à Tombre de laquelle s'est développée la mythologie. Les nouvelles recrues qui, en France, depuis 1863, ont abordé l'une ou l'autre de ces études, suivant des principes rigoureusement scientifiques, relèvent presque toutes de l'auteur d^ Hercule et Cacus.

Le présent volume S composé d'essais déjà antérieurement publiés et de diverses leçons faites au Collège de France, offre une image et un résumé de ce mouvement. Les études qui le composent, et qui, par la variété des sujets, touchent à presque toutes les branches de la mythologie et de la linguistique , ont marqué dans le développement de la science française , les unes en exposant les résultats acquis et en créant un public spécial, les autres par les recherches originales qu'elles renferment et les résultats nouveaux qu'elles ont fait entrer dans la science.

Ab Jove principium : commençons par les dieux et la mythologie. Les Essais de mythologie sont au nombre de

4. Mélanges de mythologie et de linguistique^ par M. Michel Bréal, de rinstitut de France. Paris, 1877, Hachette.

einq : trois sont d'un caractère tout spécial et traitent de Tancienne religion de la Perse. L'un d-eux, Tun des. plus courts du livre, n'est pas le moins implortant. Il traité dé la Géographie de VAvesta et ébranle les constructions historiques que l'on a si longtemps érigées sur les données géographiques apparentes des livres ssends. Le premier chapitre de Tun de ces livres, le Vendidad, contient Ténùmération des provinces successivement créées par le prin* cipe du bien, Ormazd, et des fléaux successivement opposés par le principe mauvais, Ahriman. On s'est accordé longtemps à voir dans cette énumération une description de l'Iran au temps de Zoroastre : Tordre de Ténumération reproduirait la marche progressive de la conquête aryenne ; la liste se dirige vers l'ouest; donc l'Iranvêj, cité comme la première production d'Ormazd , est le berceau primitif de la race, et la première patrie des Aryens est aux bords de rOxus et de l'Iaxarte. M. Bréal montre que nombre des terres citées dans cette énumération sont des terres mythiques, qu'en particulier la première d'entre elles, l'iranvêj, est située primitivement, non aux bords de la Caspienne , mais dans le pays des Fées ; que les descriptions que les textes en donnent l'assimilent, non à aucune des terres situées sur la carte terrestre , mais au Var de Yima, c'est-à-dire au Paradis. La géographie de l'Avèsta vaut donc son histoire ; l'une est entachée de fable comme l'autre ; et d'une façon générale , de même que les dieux, descendant du ciel, fournissent à chaque peuple, par un Evhémérisme renversé, les héros et les rois de sa tradition nationale, et que leurs exploits mythiques, transportés sur la terre , se déposent et se condensent en légende historique , de même les terres célestes descendent avec leurs habitants, la scène du drame avec les acteurs. Ainsi se forme une géographie imaginaire de pays dont on connaît

218 ESSAIS ORIBNTAUX.

Texistence, mais qae nul n'a vus , Iles fortunées , Atlanlides, Eldorados, terres flottantes dans l'espace, au gré de la fantaisie des poètes et des découvertes de Thomme qui sans cesse les force à reculer dans un lointain géographique plus profond. Mais, souvent aussi, une adaptation se fait entre les terres d'en haut et celles d'en bas; la géographie mythique, en se déposant, s'arrête et se fixe. Parfois elle se dédouble : les différentes peuplades aryennes, emportant la même géographie idéale, dont les premiers linéaments ont été tracés dans la période de leur primitive unité de religion et de langue , l'ont promenée avec elles dans leurs courses errantes et semée à plusieurs reprises à tous les méridiens et à tous les parallèles. Les diverses montagnes qui, dans les diverses mythologies aryennes, prêtent leurs sommets aux dieux pour y reposer leurs trônes , sont les dédoublements d'une seule et même montagne mythique, déjà descendue peut-être dans la période d'unité , et qui s'est déplacée avec les dieux qu'elle portait : le Mérou, l'Alborz, l'Olympe ont eu leurs racines dans le ciel, comme ils y ont leur sommet' Chez un même peuple, le site mythique se dédouble avec les tribus, et le mythe, a, lui aussi, ses dialectes : le Hara berezaiti de l'Avesta, après avoir longtemps flotté dans les rivières de l'atmosphère, se fixe dans l'Alborz au sud de la Caspienne, et dans l'Elbourz en plein Caucase.

Les deux autres Essais touchent plus directement aux mythologies classiques : l'un est consacré au mythe d'OEdipe, l'autre au mythe d'Hercule et de Cacus. Dans le mythe d'Œdipe, l'auteur montre comment les grands drames de la mythologie grecque, dont la trame est si suivie et si continue, se résolvent à l'analyse en phrases

mythiques indépendantes , qui sont le plus souvent synonymes, quant à leur valeur naturaliste première, et qui peu à peu se combinent, s'adaptent, et forment la matière des actes successifs d'un drame complet. Qu'QEdipe tue le Sphinx , qu'il tue Laius , qu'il épouse Jocaste, c*est toujours le même phénomène naturaliste qui est a la base de ces formules diverses : c'est la victoire du héros mythique sur le démon , sur le dasyu^ victoire qui a pour prix la possession de la vierge lumineuse , celle que d'autres mythes nomment Hélène, Andromède, Hésione, Clytemnestre , Pénélope. L'on voit clairement dans ce mythe comment l'idée morale se dégage du choc des formules naturalistes et en transforme le caractère. L'aveuglement d'OEdipe, expression de la lumière qui s'éteint, devient la punition du parricide et de l'inceste. Or, il y a eu un temps où ce parricide et cet inceste n'étaient point le crime d'OEdipe, mais son véritable et seul titre de gloire et de divinité. Dans toute une série de mythes, le dieu lumineux, sortant de la nuée ténébreuse et démoniaque, est le fils du démon, « le fils du père malfaisant, » comme disent les Védas {açivasya pitur) , de sorte que le fils divin ne naît et ne règne que par la défaite ou le meurtre de son père : le lecteur se rappelle immédiatement Zeus, le dieu du ciel lumineux et pur , frappant son père , le sombre et ténébreux Kronos. L'inceste d'Œldipe n'était pas moins pur que son parricide : c'était primitivement la délivrance de la déesse de lumière enlevée par le démon. Mais le sens naturaliste des vieilles formules s'étant effacé, le crime, de divin devenu humain , perd sa sainteté première et tombe sous le coup de la morale qui le frappe. Le mythe , d'un même coup , s'obscurcit et s'épure en conte moral.

L'Essai sur le mythe d'Hercule et Cacus est le plus considérable de Touvrage : c'est celui qui a commencé la réputation scientifique de Fauteur et fait connaître pour la première fois, d'une façon définitive en France, la mythologie comparée , dans sa méthode , dans son objet et dans toute la fécondité de ses applications. Remontant d'Italie en Grèce et de Grèce en Ind^, l'auteur retrouve le mythe d'Hercule et Cacus dans celui d'Héraclès et de Géryon, puis dans celui d'Indra et de Vr^tra, et ce dernier, grâce à la transparence du naturalisme védique , donne la clef des mythes grecs et latins : les vaches enfermées par le monstre dans la caverne noire, d'où il vomit la fumée et la flamme, se reconnaissent dans les vaches védiques, les vaches de la nuée féconde, enlevées par le noir démon, Vntra, Çambara, Çushna, et reconquises dans la fumée et la flamme de l'orage par Indra, le héros à la massue fulminante. Arrivé là, au cœur du mythe, l'auteur nous fait descendre dans les mythologies de Germanie et de Perse, et montre, dans le dernier exemple, comment un mythe spécial peut s'élargir et former le cadre d'une religion tout entière : la lutte du dieu et du démon dans l'orage donne ridée première d'une lutte universelle entre deux principes, bon et mauvais, lumineux et ténébreux, et de là sort la religion de Zoroastre. Chacune des cinq mythologies, consultées pour l'interprétation du mythe latin, est caractérisée au passage dans ses traits principaux, et Ton voit comment le même fonds d'idées premières prend dans la pensée de chaque peuple une forme particulière et originale, et se teint des couleui's propres de son imagination, des reflets du ciel sous lequel le hasard l'a jeté. Rien de frappant dans sa concision comme le ta])leau de la mythologie latine, desséchée en abstractions et en formules liturgiques et se ranimant d'une vie factice au contact de la mythologie grecque qui, en se l'assimilant, la tue.

Cet Essai ouvre par deux chapitres de doctrine ; ils contiennent la théorie du mythe et Thistoire des systèmes mythologiques antérieurs à Técole naturaliste, Evhémérisme et Symbolisme. L'origine et l'erreur de ce dernier système sont expliquées du même coup par cette simple observation que les savants qui le créèrent étaient avant tout des archéologues ; or, la mythologie, interprétée par les monuments figurés ^ ne peut conduire qu'au symbo* lisme, la pierre ne parlant que par symbole. Quant 'à 4'origine des mythes, M. Bréal partage le système de M. Max Mûller : « Jamais le genre humain , dans son enfance, si vifs et si poétiques qu'aient pu être les premiers élans de son imagination , n'a pu prendre la pluie qui arrose la terre pour le lait des vaches célestes, ni le nuage dont les flancs recèlent la foudre pour un monstre vomissant les flammes, ni le soleil dardant ses rayons pour un guerrier divin lançant des flèches sur ses ennemis, ni le grondement du tonnerre pour le bruit de l'égide secouée par Jupiter, ni les premières ardeurs du soleil du printemps pour la pluie d'or tombant sur Danaé. » Les formules mythiques ne sont donc que des métaphores incomprises : la mythologie n'est qu'une maladie du langage. Nous ne pouvons nous empêcher de songer ici aux objections très fortes et, croyons-nous, très solides, élevées par M. Baudry contre ce système *. Les êtres mythiques sont orées directement et non par métaphore ; tout phénomène, tout changement, pour la pensée de l'enfant et, par suite, de l'humanité dans son enfance, cache un être vivant, une personne; toute action lui révèle un agent, et d'autant plus puissant et merveilleux que l'action est plus puissante et plus loin de la prise humaine. L'enfant qui cherche la

\ . Revue germanique et française^ 4 863.

petite bête cachée derrière le ressort de la montre loge dans sa petite tête les vingt mille dieux aryens. Le langage peut créer des mythes secondaires par le choc accidentel de formules mythiques déjà existantes; il ne peut créer des mythes primaires ; ceux-ci sortent de la contemplation directe du phénomène naturel; ils jaillissent du cœur de rhomme, non de ses lèvres; la mythologie est une maladie de la pensée et non du langage. L'explication étymologique ne doit donc être admise que quand elle s'impose, et la mythologie n'est pas un chapitre de grammaire comparée. Aussi s'est-on peut-être trop hâté parfois de recourir à l'étymologie populaire , là où il y a mythe organique et direct. Les pommes d'or des Hespérides sont-elles, en effet, nées d'une confusion de fAîjXov «chèvre» et de ja^ov « pomme », et ne sortent-elles pas plutôt du même jardin que la pomme d'or lancée par Éris aux noces de Thétis et que les pommes d'or d'Atalante? Est-ce un jeu de mots qui fait sortir Athéné resplendissante , dans le fracas de Torage , de la tête de Zeus , le dieu du Ciel , quand l'on voit en Inde, Rudra, le dieu fulgurant, bondir du front de Brahma, enflammé par la colère?

Parmi les Essais de grammaire comparée, signalons rapidement au lecteur curieux d'idées générales les leçons sur la Méthode comparative et sur les Progrès de la Grammaire comparée qui, pour la clarté, la précision et le charme du style , peuvent prendre place près des célèbres Lectures de M. Max MûUer. Les partisans de la réforme de l'enseignement classique trouveront , dans la leçon sur le Rôle de la Grammaire comparée da^is les classes et la conférence sur V Enseignement du français , tout un programme , qui , sans violence aucune aux traditions , sans

changement extérieur apparent , sans introduire brusquement la grammaire comparée comme branche spéciale d'étude , en introduit, ce qui est infiniment moins ambitieux et infiniment plus fécond , Tesprit et la méthode , et la fait régner sans la faire paraître , « invisible et présente. »

Les psychologues trouveront dans les leçons sur la Forme et la Fonction des mots et sur les Idées latentes du langage des notions qu'ils ne trouveront pas dans les dissertations traditionnelles sur les signes : ils verront combien le langage répond peu à sa définition philosophique, et que le projet d'une langue universelle notant par un signe spécial chaque catégorie, chaque nuance de la pensée, doit prendre place à côté de la quadrature du cercle et du mouvement perpétuel ; le langage est fait et ne peut être fait que de signes imparfaits et équivoques , que la pensée complète ou éclaire, selon le besoin de l'instant; les quantités exprimées ne sont qu'une fraction minime des quantités entendues ; nulle fonction n'est stable, mais dans un perpétuel changement, multiple pour le même élément, selon les hasards de la pensée, et déterminée par des coefficients mentaux que le langage ne note pas et sans lesquels cependant il n'y a point de langage possible ni intelligible. Les étymologistes trouveront là aussi une leçon utile; ils apprendront que le sens usuel d'un mot n'est point par cela même son sens réel, c est-à-dire, son sens originel, parce que, le plus souvent, quand un mot a eu une longue existence , le sens usuel a commencé par être latent , c'està-dire non exprimé , et ne s'est qu'à la longue attaché , puis substitué au sens exprimé , le seul qui pourrait renseigner sur Tétymologie du mot.

Signalons enfin à l'attention particulière du lecteur

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l'étude sur les Racines indo-européennes ^ une des plus réœntes productions de Tauteur, lue Tan dernier* à la séance annuelle de l'Institut et qui marquera une époque , le moment d'une réaction salutaire dans Thistoire de la grammaire comparée* Dans les vingt dernières années, cette science, justement fière de ses premières conquêtes, a cru pouvoir en reculer indéfiniment les bornes : non contente de restituer la langue indo-européenne , c'est-àdire la langue parlée au moment où l'unité aryenne se brisa , elle a voulu aller au delà de cette restitution , remonter au delà de cette langue qu'elle avait recréée, la diviser en périodes, faire l'histoire de ses formes et de son vocabulaire. De là, après l'hypothèse légitime qui avait retrouvé la langue perdue à la lumière des langues existantes, hypothèse légitime parce qu'elle tirait l'inconnu du connu et pouvait se démontrer ou se réfuter au critérium de faits accessibles, un échafaudage d'hypothèses illégitimes et antiscientifiques qui tirent l'inconnu de l'inconu; hypothèses indémontrables et irréfutables, parce qu'elles ne reposent plus sur des faits accessibles ; édifice plus ou moins brillant selon le talent de l'auteur, mais sans base et sans support et qui s'effondre au premier soufile de la discussion. M. Bréal pénètre avec une véritable profondeur les diverses raisons qui ruinent tout d'abord toutes ces constructions ambitieuses; il montre comment la langue indo-européenne , telle que la grammaire historique la restitue, n'est point une langue naissante et à l'état naissant, de sorte que Ton puisse saisir sur le fait les éléments de formation , et par suite en suivre le jeu plus ou moins loin dans le passé préhistorique : nous n'opérons que sur des résidus. Au moment et dans l'état où le hasard nous révèle la langue indo-em*opéenne,

elle avait par derrière elle un long passé , de longues périodes d'évolution, où agissaient toutes les forces qui, dans la période historique , agissent pour la transformer et la défigurer. Or, pour retrouver ces actions , il manque à la science l'instrument essentiel qui la sert dans son œuvre de restitution : la comparaison historique. La comparaison de langue à langue , et dans chaque langue d'époque à époque, permet d'établir la généalogie des formes et d'arriver aux formes premières , chaque langue , chaque période livrant le secret des autres : ici, tout manque. Les formes restituées de la langue mère ont un passé , mais le secret de ce passé est tout en elle; nul témoin à côté pour le dévoiler : ici, la grammaire comparée et historique expire, parce qu'il n'y a plus ni comparaison possible ni histoire. La restitution de la langue indo-européenne est donc le but ultime de la science , non un point de départ pour de nouvelles restitutions : pour s'élancer de là plus haut, il faudrait un point d'appui dans le voisinage , par exemple le secours d'un groupe de langues qui seraient sorties dans une période antérieure d'une source commune plus ancienne; pour pénétrer dans le passé de la langue mère, il faudrait pouvoir en sortir. Toute tentative, tant que cette condition n'est pas remplie, est contradictoire avec la définition même de la science *. Les conditions de la recherche comparative et les limites des conquêtes possibles de la gram-

4 . Autre cause d'erreur : les philologues ne semblent pas se douter que l'histoire proprement dite est un des facteurs les plus importants dans la formation du langage : or comme, dans les périodes primitives, l'histoire n'existe pas pour nous, la philologie tombe à chaque instant, sans s'en douter et sans recours, dans l'étyraologie populaire. Elle est sans cesse à jouer devant la galerie les Deux Merles blancs de M . Labiche :

Alidor, lisant.

Panthéon Nadar... qu'est-ce que ça veut dire?... vous qu'êtes un homme instruit.

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maire historique n*ont jamais été jusqu'ici si clairement vues et marquées : ce serait sans doute méconnaître la nature de l'esprit humain en général , et de celui des philologues en particulier, que de supposer que les vues exprimées par M. Bréal seront immédiatement acceptées par tous les architectes en restitution linguistique : mais tôt ou tard la force des choses imposera son non amplius ibis.

Le lecteur pourra juger, par ce résumé trop court et trop incomplet, de l'étendue, de l'importance et de l'intérêt des questions résolues ou agitées dans ce volume. L'auteur, à la fin de sa préface , exprime le vœu que ce livre contribue à répandre de plus en plus le goût des recherches historiques appliquées à la religion et au langage. Nous avons la confiance que ce vœu sera réalisé : sous une autre forme, les essais qui composent ce livre ont déjà commencé à produire ce résultat : s'adressant, sous cette forme nouvelle, à un public plus étendu, l'influence en sera plus puissante et plus large; et l'admirable lucidité de l'exposition , en faisant pénétrer dans le public littéraire des notions encore trop nouvelles pour la plupart, gagnera sans doute à la science nouvelle nombre d'amis et, ce qui vaut mieux encore , des travailleurs.

MouiLLEBEc, mettant ses lunettes.

Voyons?... Panthéon Nadar... Panthéon... je comprends ça... ça vient du grec...

Alidor.

Ça signifie bâtiment !

MOUILLEBEG.

Mais Nadar ?... c'est Nadar qui m'embarrasse... je cherche la racine...

Alidor Ne vous fatiguez pas... nous la demanderons au garçon.

Que de « Nadar» dans les Védas et ailleurs dont la philologie cherche et donne la racine !

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