‹ Essais poétiques [microforme]Chapitre 20 sur 93 · ANS · texte numérisé non relu

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Au fond de sa cabane un jongleur solitaire, Dans l'ombre de la nuit a consulté les dieux. Son oreille attentive attachée à la terre

A senti tressaillir les os de nos aïeux.

Femmes, à votre épaule attachez la nagane :

Suivez les pas vainqueurs de nos braves guerriers ! Que le vieillard sans force, assis dans sa cabane, Invente des tourments pour tous les prisonniers !

Du sang des ennemis notre lèvre est avide.

Nos pieds sont plus légers que les pieds du chamoïis. Sous leurs toits glissons-nous : la vengeance nous guide : La vengeance, guerriers, le plus cher de nos droits.

Nos forêts ont toujours sous leurs immenses dômes

Le silence profond et l'œil noir de la nuit.

Glissons dans les rameaux comme de noirs fantômes ; Comme de verts serpents, glissons, glissons sans bruit.

Guerre et mort aux amis de ces Pâles-Visages

Que l'Esprit du Grand Lac a poussé sur nos bords! Ils n'auront plus jamais de ces vastes rivages

Que le sable qu’il faut pour enterrer leurs corps.

Guerriers, vos tomahawks ! et jusqu’à la rivière Emportez les canots sur votre bras nerveux.

Honneur à tout guerrier dont la main meurtrière Au front des ennemis arrache les cheveux !

IT

Ainsi, le front orné d’un panache de plume,

Chantait, au point du jour, le chef des Iroquois.

Il dansait en chantant. Comme un fer sur l’enclume Sur son dos large et nu bondissait un carquois.

Alors se fii entendre une voix infernale Qui riait aux éclats, dans l'air, on ne sait où... La forèt se tordit comme sous la raffale Et l’on vit s'envoler le nocturne hibou.

Et la troupe sauvage, enflammée, écumante, La rage dans le cœur, s'éloigne des Cantons.

Chaque jeune guerrier promet à son amante De scalper les cheveux du plus beau des Hurons.

Sa ruse ouvre un chemin. Elle arrive ; elle épie Le moment favorable à ses affreux complots.

Au milieu des buissons, près du fleuve tapie,

Elle invoque la nuit qui descend sur les flots.

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