‹ Essais poétiques [microforme]Chapitre 19 sur 93 · L'HEURE DES ENFANTS · texte numérisé non relu

L'HEURE DES ENFANTS

Mais croyez-vous vraiment, adorables canaïilles, Parce que vous voilà dans mes vieilles murailles, Que de vos grands yeux bleus, moi, je vais avoir peur? Je vous retiens ici, mes charmantes guerrières ! Vous ne sortirez plus ! Vous êtes prisonnières,

Et prisonnières dans mon cœur !

Inuiile pour vous de faire les rétives,

Vous êtes bien à moi, vous êtes mes captives !

Ma victoire m'inspire une juste fierté !

Jusqu'à ce que mon cœur que la tristesse mine

S'en retourne en poussière, et soit une ruine Vous n’aurez plus la liberté !

CHANT DU MATIN

Les vapeurs du matin, légères et limpides,

Ondulent mollement le long des Laurentides, Comme des nuages d’encens.

Au murmure des flots caressant le rivage,

Les oiseaux matineux, cachés dans le feuillage, Mèlent de suaves accents.

La nature, au réveil, chante une hymne plaintive, Dont les accords touchants font retentir la rive

Du Saint-Laurent aux vagues d’or ; Glissant, comme une feuille au souffle de l'automne, Sur le flot qui module un refrain monotone,

Une barque prend son essor.

Vogue ! Nage | faible nacelle !

Devant toi la mer étincelle

Des premiers feux du jour nouveau!

Berce ! berce ta voile blanche

Qui se relève et qui se penche, Comme pour se mirer dans l’eau ;

CHANT DU MATIN

Tandis que je reste au rivage, Au pied du vieux chêne sauvage Où je viens rèver si souvent !

Où, quand le monde me rejette, L’écho fidèle, au moins, répète Mes notes qu'emporte le vent,

Et que m'importe la louange

Des hommes dont l’amitié change Comme le feuillage des bois !

S'il faut chanter, ma lyre est prête ; Vers mon Dieu, si je suis poète, J'élèverai ma faible voix.

C’est lui qui fait naître l’aurore !

C’est lui que la nature adore

Dans son sublime chant d'amour !

Il nous sourit, et l’humble hommage Que lui présente le jeune âge,

Est toujours payé de retour.

C'est lui qui recueille nos larmes !

C’est lui qui dispense les charmes Dont se revêtent les saisons !

C'est lui qui dit aux fleurs de naitre, Au brillant soleil de paraitre,

Pour venir dorer nos moissons !

CHANT DU MATIN

C’est lui qui donne aux nuits leurs voiles Ornés de brillantes étoiles

Qui tremblent dans les flots luisants ; Qui verse les molles ondées

Dans nos campagnes fécondées

Par les sueurs des paysans !

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Il parle, et le monde s agite,

Le soleil se lève plus vite,

Et tout adore sa splendeur !

Il parle, et tout l'univers tremble, Et les astres volent ensemble,

En se racontant sa grandeur !

Dans ma misère il me visite, auto Quand tour à tour chacun m'évite, D dur M'abandonnant seul à l'ennui. Su Quand m’échappe une plainte amère, fugit Il me dit: « Pauvre enfant, espère, valt .

C'est moi qui serai ton appui. »

elle

bêch Quand l’amertume nous inonde, supe Qu'il n’est plus d'amis en ce monde, lumi Seul il ne se retire pas. Cette Quand nous chancelons dans ia voie, d'écc Du haut du ciel il nous envoie Jusq Un ange qui soutient nos pas. apre

(20 Mai, 1656.) PROLOGUE.

Les Hurons, toujours poursuivis par l’implacable

férocité des Iroquois, étaient venus élever leurs cabanes autour de la ville de Champlain, espérant que l’ombre du premier Grand.Ononthio les protégerait encore. Sur les bords de l’Ile d'Orléans, une de ces bourgades fugitives, endormie dans une confiance funeste, arrivait à la civilisation dont les saints missionnaires lui avaient fait comprendre le prix et les délices. DA

elle avait déposé l'arc et la flèche pour prendre la bêche et le hoyau ; déjà les ténèbres de l'erreur et les superstitions de l'ignorance avaient fait place à la lumière de la foi et à la croyance aux saints mystères. Cette peuplade vivait heureuse autour de sa chapelle d'écorce, où elle venait chaque matin prier le Dieu jusqu'alors inconnu, quand les farouches Iroquois, après deux mois de courses à travers les bois et sur les

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rivières ; après des ruses et des mensonges de toutes espèces pour tromper les Blancs, arrivèrent à quelques lieues au-dessus de Québec, probablement à l'endroit appelé aujourd'hui le Platon. Là, cachés dans les bruyères dont le rivage était hérissé, ils attendirent la nuit qui vint les couvrir de son aile pendant que leurs irogues les emportaient vers la retraite paisible de eurs ennemis. |

Les Hurons, après avoir assisté à la messe, venaient de reprendre leurs travaux des champs quand ils furent attaqués par les traîtres Iroquois. Le combat ne fut pas long. Les féroces vainqueurs firent 71 victimes. Quand ils s’en retournèrent ils chantèrent en passant devant Québec, peut-être pour étouffer les cris des risonniers, peut-être pour se moquer des Blancs qui es regardaient passer... sssessossessossesssneenee ses

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