LA PRIÈRE DES HURONS
Grand Esprit dont la parole Fajt rouler cet univers, Comme une feuille qui vole Sous le souffle des hivers, Ta puissance est admirable ; Nous t’adorons à genoux :
Prends pitié, Dieu secourable, Prends pitié de nous!
Nos Pères, dans l'ignorance Ne connurent point ta loi :
Ils n’ont pas eu l'espérance, La charité, ni la foi :
Mille Luise Train Sabre
NS. DESCENTE DES IROQUOIS DANS L'ILE D’\RLÉANS. 199 Nous, plus heureux que nos Pères Nous t’'adorons à genoux :
Prends pitié de nos misères, Prends pitié de nous !
l'a lumière nous éclaire Comme le soleil levant :
Ta rarole sait nous plaire Comme les soupirs du vent :
Nous tremblons en ta présence, Nous t'adorons à genoux :
Prends pitié, Dieu de clémence, Prends pitié de nous!
LA DERNIÈRE HEÜRE.
Mille insectes, vêtus d’un transparent corsage, Luisent, comme des fleurs, sur le sillon fumant, Traînent à leurs greniers quelque graine sauvage, S'abreuvent de rosée, ou gazouillent gaiment.
Les rameaux de la vigne, où circule la sève, Versent l'ombre autour d'eux sur le champ diapré, Et le trèfle odorant, avec grâce relève,
Au milieu du gazon, son front tout empourpré.
Le bouvreuil, en sifflant sa cantate si douce,
Vole de cime en cime, au bord de la forêt,
Ou, pour tisser son nid, cueille des brins de mousse Emportés par le vent sur le tiède guérèt.
Les Hurons matineux que la sueur inonde Ensemencent leur champs sans autre anxiété Que celle de savoir si la glèbe féconde
Sera jaune d’épis au soleil de l'été.
De leur retraite, alors, les Iroquois farouches S'élancent en poussant d’épouvantables cris.
La flamme est dans leurs veux, l’outrage dans leurs Ils cernent les Hurons désarmés et surpris. [bouches
Dans cet affreux combat, c’est l’autour qui se noie Dans le sang écumeux des timides agneaux ; C'est le tigre altéré qui déchire et qui broie
Les cerfs inoffensifs qui boivent aux ruisseaux !
Le Huron expirant de son sang tiède arrose
Le grain qu'il a versé dans le nouveau sillon ;
Et le cruel vainqueur, avec orgue repose, de démon.
Sur son pâle cadavre un regar
Les cris et les sanglots des sauvages qui meurent Retentissent au loin sur l’onde et dans les bois ;
Les mères, sur leur sein, pressent leurs fruits qui pleu- Et vers le champ de mort s’élancent à la fois. [rent,
La hache au dur tranchant et la flèche sifflante Frappent sans les troubler ces femmes aux cœurs forts, Et la bande iroquoise, un moment chancelante, Recule de terreur en doublant ses efforts.
Mais en vain du Huron le courage s’embrase ; L'ennemi le retient dans un cercle fatal,
Comme un puissant boa dans ses orbes écrase
Le taureau mugissant qui broute au fond d’un val.
En vengeant son époux, ici l'épouse tombe,
Et vicat grossir des morts le lugubre monceau ;
Et deux frères, plus loin, trouvent la même tombe,
Comme ils n’eurent tous deux que le même berceau, 5*
Là, des vierges de l’île, Ondina, la plus belle, Ondina dont l'œil noir semble toujours rêver, Le sein deux fois percé d’une flèche mortelle, Meurt auprès de l'amant qu'elle a voulu sauver!
Ainsi l’on voit tomber d'un rameau qui se casse Deux pommes que l'été commençait à mürir ; Ainsi, près des ruisseaux, sous l'orage qui passe, Deux superbes iris se penchent pour mourir.
au) che Et l'automne n'eut pas effeuillé ses journées éta] Qu'ils se fussent unis au pied du saint autel. des Souvent, près d’une source aux ondes détournées, ati On les,vit à genoux. le regard vers le ciel. ul | À SNS RATS EEE TERTENE mot
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Cependant les Hurons de toutes paris succombent. croi Ceux qu’épargnent la hache, hélas, sont enchainés. quo Sous le tranchant scalpel les chevelures tombent Caba
Et les crânes tout nus sous les pieds sont trainés. ee | esc
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Joyeux, ivres de sang, les Iroquois partirent, et dé Cachant les prisonniers au fond de leurs canots. pass: Des hauteurs de Québec les Blancs les entendirent...…… allié: Ils chantaient, ‘en raïhänt, leurs exploïts infernaux. ques
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LE RÈVE D'UNE JEUNE HURONNE
Tout le monde sait que la vallée du Saint-Laurent aujourd'hui si riante et si belle avec ses maisons blanches, ses prairies vertes, ses moissons et ses vergers, était, il y a trois siècles, la retraite sauvage des enfants des bois : que notre patrie, notre beau ciel étaient la atrie et le ciel des Algonquins, des Abénakis, des
urons et de bien d’autres tribus sauvages. Tout le monde sait aussi qu’il ne reste plus guère de trace de ces nations guerrières que nos pères ont vaincues avec la croix ou qui se sont détruites entre elles : quelques Iroquois doux et paisibles au Sault Sainte-Marie ; quelques cabanes d'Abénakis sur les bords de la rivière Bécancourt; à Lorette, le petit village des Hurons. Les descendants des braves guerriers Hurons ne se sont pas éloignés de la ville de Champlain sous les murs de laquelle leurs pères vinrent chercher un abri contre la férocité de leurs ennemis ! Cependant ils vivent pauvres et délaissés comme s'ils n'avaient pas droit à la compassion de leurs maîtres, eux ces rois d'autrefois, ces alliés fidèles, ces victimes innocentes ! Ils avaient quelques biens, mais on les leur ravit en 1797 pouren faire
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un domaine public. Ils avaient une église vieille d'un siècle et demi environ, et ils l’aimaient beaucoup, et chaque dimanche ils venaient y chanter dans la langue de leurs aïeux, les louanges du Grand Esprit; mais un incendie désastreux la réduisit en cendres il y a deux ANS maider onarsansnnaldanthnaihette
Quelques hommes pleins de zèle et de charité, touchés de l’état de désolation où se trouvent ces pauvres sauvages, ont entrepris d'éveiller les cœurs et l’attention des riches et des puissants, et de faire sortir le temple de ces ruines.
L'un de ces hommes toujours prêts à mettre la main à une bonne œuvre m'a prié d'apporter aussi moi mon obole—une petite pierre à l’édifice—et cette obole qu'il demandait et que peut donner le poëte oublié de ia fortune, la voici.