‹ Essais poétiques [microforme]Chapitre 30 sur 93 · IRONIE KT PRIÈRE · texte numérisé non relu

IRONIE KT PRIÈRE

Pour semer sut vos pas, pour couronner vos têtes, L'automne a réservé des fleurs !

Et la vie est si courte, il faut que l’on jouisse Des biens qu'apporte chaque jour !

Il faut avant que tout passe et s'évanouisse, S'enivrer de joie et d'amour !

Allez ! u'arrètez point au seuil de la chaumière Où gémit un frère indigent.

Entrez dans les salons où des flots de lumière Ruissellent des lustres d'argent.

Ecoutez les propos, les refrains d’allégresse, Les orchestres mélodieux, À 4

C'est plus doux qu les cris d’une sombre détresse ;

C'est moins triste et moins odieux !

Et qu'importe, après tout, qu'un misérable envie Et vos plaisirs et vos honneurs ?

Qu'importe un malheureux dont la pénible vie N'a ni doux rèves, ni bonheurs ?

Détournez vos regards, et gardez votre joie : Trouvez quelques plaisirs nouveaux :

Chantez! riez! dansez ! en beaux habits de soie, Sur le couvercle des tombeaux !

Vous n'avez jamais vu, tout près de votre porte, La pâle faim venir s'asseoir ;

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146 IRUNIE ET PRIÈRE.

Et les ris et les jeux que l’aube vous apporte Ne s’en vont point avec le soir.

Jamais, pendant l'hiver, dans l’âtre plein de cendre, Le feu n’a cessé d’ondoyer ;

Jamais, pour votre lit, Dieu ne vous a fait prendre La pierre de votre foyer !

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Riches, connaissez-vous le taudis de la ville Où se cache la pauvreté ?

Avez-vous, en entrant, vu fuir la jeune fille Honteuse de sa audité ?

Avez-vous vu l’enfant à la bouche livide

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Donnez donc à l'enfant l’obole qu’il réclame, Pour qu’il ne meure pas de faim !

Donnez un peu de-bois à tout foyer sans flamme ; A l'orpheline un peu de pain !

Relevez, sans aigreur, une femme qui tombe,

| Et le bon Dieu vous bénira ;

Et puis si les heureux évitent votre tombe,

Le pauvre la visitera.

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