‹ Essais poétiques [microforme]Chapitre 55 sur 93 · CES · texte numérisé non relu

CES

re =

nu LM fi

. . .Je vous laisserai moins souvent deviner que je vous aime,

—Et j'étais là rêveur, assis auprès de l’âtre,

Seul avec cette enfant que mon âme idolâtre ;

Elle écoutait la bise et tressaillait d’effroi,

Comme au long tintement du lugubre beffroi :

Son pied où retombaient les replis de sa robe,

Se cachaït à demi, comme un fruit que dérobe,

Aux regards du passant, le feuillage discret.

Sa jeune âme, pour moi, n’avait plus de secret.

Un doux rayon du feu qui flambait sur la pierre, Venait rire et jouer sous sa chaste paupière : J'entendais les soupirs de son cœur virginal ;

Et son sein ondulait comme au vent matinal

Ondule un flot d'argent sur le bord du rivage

Qui s’éveille et module une plainte sauvage.

Et puis elle disait en me pressant la main :

«Toi qui m'aimes ce soir, m’aimeras-tu demain ? »

Et cachant son beau front dans ses deux mains brû- | [lantes ; Honteuse, elle attendait mes paroles trop lentes, Un soupir, un regard, quelques tendres serments.…

SOUVENTR.

Et le: feu pétillait en rongeant les sarments ;

Et, sur l'angle du toit la raffale d'automne, Murmurait tristement son refrain monotone ;

Et j'écoutais encor, toujours sombre et rêveur, : Cette voix enfantine et pleine de saveur Qui vibrait dans mon âme, au milieu du silence, Comme un épis doré que |

a brise balance.

Une larme tomba sur son front radieux.

—( Serait-ce, Ô mon ami, le dernier des adieux, » Dit-elle en soupirant et d’une voix timide ?

Et, reposant sur moi son regard tout humide,

Elle semblait attendre, avec espoir et peur,

Un mot qui vient du ciel quand il n’est pas trompeur. Et mon cœur débordait d’une ivresse suprême. : Et je lui dis tout bas : « Tu sais bien que je t'aime! Je t'aime, ange béni qui sèmes, sur ines pas, | Des fleurs que les hivers ne déracinent pas!

Qui chasses de mon front les sinistres pensées !

Qui viens rendre à mon cœur ses ivresses passées! : Qui dissipes mon trouble et mes rêves trompeurs, ! Comme un vent du matin dissipe les vapeurs!

Je t'aime, Ô douce enfant, comme la jeune abeille : Aime la vive fleur qu’épanche la corbeille,

La corbeille de Mai sur la rive des eaux!

Je t’aime, tu le sais, comme nos doux oiseaux pe Aiment les feux du jour qui vont, de feuille en feuille; Jusqu'au frais nid de mousse où leur chant se recueille! Comme les moissonneurs, sous le chène assemblés, ‘‘' Aiment un beau soleil qui dore au loin les blés:#!: 1!"

Dis-moi, dis-moi le feu dont ta jeune âme: est pléiné ! gl Ne crains rien. Si le vent qui soufile sur la plaine, ;° Emporte, loin de nous, les fleurs que nous aimons ;'| M

Si la brume s'efface à la cime des monts;: 1109848 f 2 Si le nuage d’or disparait dans l’espace ; 1 ao | , S1 lé flot écumeux s’avance, chante et passe, : 1:v iQ

Pour ne plus revenir aux bords qu'il a quittés ;:::::0.) Ne crains rien, pauvre enfant: Les douces voluptés.….

Que ton sourire d'ange et que tes yeux de flamme; 1] Peutêtre, à ton insu, font naître un jour dans: l'âme - — Ne s’éteignent jamais ! Tu sais toujours charmer ; : (|

Et le cœur qui f'aima ne peut cesser d'aimer bn: 1

sense en tes eee Meridien Rs EN ad

npEur. Et pendant que ces mots, comme une douce ‘ondée : Ü re Qui fait verdir, au loin, la terre fécondée, ot JA

PAT TEE Rendaïent la ; joie au cœur de cette chère enfant,! 5; il J Une larme roulait dans son œil triomphant, is at

û Et tombait sur sa main comme une riche opale ; pit 854

BEBE ON Le rayon du foyer devenait froid et pâle ; {9 itQ pat 51 La bise, par degrés, dans le ciel s’apaisait ; : 217 :110) St Et près du feu mourant le grillon se taisait, b ivQ

DRE ENEEENENELRZX) 000000000000 0000000000. veuve 0e PAPA ECTS 1! de)

«Mais: vois, lui dis-je encor : le feu dort sous la cendrei! Là-bas, à l'horizon, vois la lune descendre ! a rt À Ecoute ! on n'entend plus les murmures du vent:

Et le grillon plaintif nous parle moins souvent !:::': 51 Regarde autour de nous !.….…toutfleurit puisse fane! 4, La phalène qui tend son aile diaphane !

Et la fleur’ du vallon qu'elle va butiner ! 3! arf D Et l'insecte joyeux que tu vois trottiner !...::..1oc1iA

DEEE 2

AS. + SE Eos Sr

ro ere

+ 6 op ' 5 es pme = x PES $

Er PET SRE:

RER Te PRES ANNEES - SNS

. ° D EE EE ee em nent eg nan mit

Nous aussi, pauvre enfant, puisqu'il faut que tout [meure, Nous aussi laisserons cette aimable demeure, Témoin de nos plaisirs, témoin de ce beau jour !

Mais nous la quitterons pour un autre séjour,

Où, sans doute, parfois, nous nous souviendrons d’élle ! Un séjour où l’on aime, où l’on reste fidèle,

Fidèle à son ami, comme fidèle à Dieu !...…….

Là, plus de longue attente ou de pénible adieu!

Là, plus de mauvais jours, ni d’amères alarmes !

Là, plus d'amis ingrats, de haines, ni de larmes!

Mais tout chante et s’unit en d’éternels accords !

Un éclat merveilleux illumine nos corps ;

Et l'amour seul survit dans ce lieu d’allégresse. .

Le cœur est embrasé par un transport d'ivresse

Plus suave et plus pur que la chaste douceur

Que ressent l’orphelin retrouvant une sœur !

Plus doux que le bonheur d’une mère ravie

Qui voit son premier né souriant à la vie !,

Plus doux, ange d'amour, que le tendre baiser :

Qu'’au front pur d’un enfant elle aime à déposer! ;: Et pendant que ces mots, comme une douce ondée.; ') Qui fait verdir au loin la terre-fécondée, 0!) Rendaient la joie au cœur de cette chère enfant,

Une larme roulait dans son œil triomphant,

Et tombait sur sa main comme une riche opal&} 911:

Le rayon du foyer devenait froid et pâle ;:1 1! ::1 La bise, par degrés, dans le ciel s’apaisait ; ‘19° Et près du feu mourant le grillon se taisait.....

Com

Cett4 Elle

e tout neure,

Page 1