DÉTRESSE ET CHARITÉ
d'elle !
Le soleil descendait derrière les montagnes, Et l'Orient devenait noir :
Quelques rayons encor, glissant sur les campagnes, Se mêlaient aux ombres du soir.
J'étais seul et pleurais ma dernière espérance. Bientôt un doigt mystérieux
Vint fermer ma paupière et jeter, en silence,
Un sombre voile sur mes yeux.
Et par delà les mers, sur un lointain rivage, | Je vis une femme à genoux: » ei La pâleur de la faim déparait son visage ; Elle tendait ses mains vers nous.
Et les flots qui passaient répétaient sa prière ; Et ses accents étaient plaintifs Comme le bruit du vent à travers la bruyère, Comme le bruit sourd des récifs !
mo mi mt ré .
Elle versait des pleurs en voyant la souffrance De ses enfants laborieux !..…..
206 | DÉTRESSE ET ÆHARILÉ.
Et, près de.moi, je vis, au même: instant, un ange
Venu du céleste séjour : F
L'empreinte de ses pas laissait un baume étrange, … Ses yeux brillaient comme le jour. 1.
Il allait empressé, demandant une obole, À chaque seuil, au nom de Dieu.
Riche ou pauvre, touché de sa douce parole, Pour l’indigent donnait un peu.
« Regardez, disait-il, regardez sur la rive
« La femme qui vous tend les bras : ï
« Vos pères l’aimaient bien ! Quand un malheur arrive,
« Enfants, ne soyez point ingrats !
« Mais laissez-vous toucher par l’auguste infortune « De ceux que frappe le Seigneur. :
« Malheur à celui-là qu’une larme importune, ” « Et qui s’aveugle en son bonbeur!
« Tout finit ici-bas! et les jours de la vie = « Sont tour à tour ombre et clarté; « Et peut-être, demain, porterez-vous envie «Au pauvre aujourd'hui rejeté !
« Ecoutez lessoupirs d'un enfant qui s’éveille. («Et qui demande un peu de pain !-51514
DÉrrédsE TT ICAAATRÉ. 207
«Il na pas éouvérir d'avoir ange Ja véille% 2914 JA « Il pleure ! il pleure !'et c'ést en vain?
« Ecoutez fes sanglots d'une mèré encor jeune ” AUCICE « Qui tient, contre son seirt tai, 808
« Le fruit de ses amours qu’un cruel et long jeûne («A déjà pour jamais flétri !
«Enfants du Saint- Laurent, c’est la voix de la France. « Qui vous demande ‘du secours !
« Si jadis elle n’eut pour vous qu’indifférence, «Vengez-vous en l’aimant toujours.
«Quand la sombre Tamise, un jour, vous dit sa peine, « Vous ne fûtes point oublieux..…
« Vous verriez sans regrets, sur les bords de la Seine, « Souffrir les fils de vos aïeux !..
« Vous, riches citadins, qui n'avez rien à craindré « De l'approche du lendemain ; « Vous qui n’avez jamais apétcu, sans le plaindre! « Le pauvre sur votre chemin, «Femmes, donnez ut sou pour l'ouvrier qui tombé ! « En demandant quelque travail !
«Oh! vendez, s’il le faut, pour lui fermer la ténbe, : ” « Vos bijoux d’or et votre émail !
« Donnez ! et le Seigneur qui voit le Ra 09H »
« Mères, fécondera vos flancshsi :rp JE »