‹ Essais poétiques [microforme]Chapitre 59 sur 93 · L'AVEUGLE DE LOTBINIÈRE · texte numérisé non relu

L'AVEUGLE DE LOTBINIÈRE

Sur le riant rivage où s'endort l’onde pure, Au pied d’un peuplier où la brise murmure

| A l'approche du soir, Un vieillard au front chauve et sillonné de rides, Aux lèvres sans souris, tremblantes et livides, Vient quelquefois s'asseoir.

Sa fille à ses côtés, sur l'herbe molle'et dense,

Aussi pure qu’un lis, l'œil brillant d’innocence, Lui parle sur les cieux ;

A ses jours d’amertume elle donne des charmes,

Elle essuie, en priant, les douloureuses larmes

Qui tombent de ses yeux.

Thérèse n’est plus re et son âme naïve

Pour son Dieu seùülement d’une tendresse vive Garda la douce ardeur :

Jamais pour le jeune homme elle n’eut un sourire;

* Dans son humble regard en vain l’on voudrait lire

Le secret de son cœur:

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