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Sois heureuse, douce et gentille :
D'un pur amour subis la Loi.
Sois plus heureuse, jeune fille, Que celui qui chante pour toi !
Au vent livrant son aile La légère nacelle Glisse sur les flots radieux .:
Glisse, glisse comme elle, Simple, tendre et fidèle !
Glisse doucement vers les ci:1u1x!
Sois heureuse, douce et gentille :
D'un pur amour subis la loi.
Sois plus heureuse, jeune fille, Que celui qui chante pour toi !
LE JOUR DES MORTS
Ecoutez !, écoutez ! Quel bruit se fait entendre, Au fond de la forêt, sous les sombres rameaux ? Sur les flancs vaporeux des arides coteaux ?
Dans les nuages noirs qu’on regarde s'étendre, Comme de grands linceuls, au bord de l'horizon ? Dans les flots irrités dont la crête écumeuse
Se déchire et se tord sur la rive brumeuse ?
Parmi la mousse humide et le pâle gazon ?
C’est comme une plainte Qu’'isspire la crainte !
C'est un long soupir Qui semble sortir Du fond de la terre, Comme une clameur Qu’exhale le cœur Que la douleur serre !
C'est un amer sanglot ; C’est un cri de peine, Eternelle et vaine Que la brise traîne,
LE JOUR DES MORTS
Comme elle traine un flot ! Ou c’est une prière Que chaque rameau, Que chaque arbrisseau De l’épaisse bruyère, Que l’airain de la tour, Le temple solitaire Semblent, avec mystère, Nous faire tour à tour :
était js: ia:
eye D oi nds REG Dre RSS
Ecoutez ! écoutez ! Le bruit sans cesse augmente ! Là c'est comme un torrent dont la puissante voix Sourdement retentit dans l'épaisseur des bois ;
Ou comme une forêt qu’un ouragan tourmente ; Ou comme le fracas d'un vieux mur s'affaissant. Ici l’on croit entendre une plainte pareille
Aux sinistres accents de la triste corneille
Sur le chauve sommet d’un chêne frémissant !
Et le jour se déroule en vagues ténébreuses
Qui tracent au ciel gris de noirâtres sillons :
Le soleil désolé dépouille ses rayons :
Puis des globes de flamme aux crinières poudreuses Glissent, en bourdonnant, sous le ciel attristé ;
Les lambeaux d’un feu sombre, émiettés au passage, Font briller un instant le vagabond nuage
Qui replonge aussitôt dans son obscurité.
262 LE JOUR DES MORTS
PF On dirait uri sanglot immense
à De la nature-autour de nous:
Enfants du Christ, entendez-vous Cette plainte qui recommence ?
Sais: tu ce que c’est, voyageur ?
l'on âme a-t-elle quelque doute ?
N'auraistu pas vu sur ta route Quelqu’esprit souffrant ou vengeur ?
Petit enfant, dans ta prière
À genoux bien dévotement, Às-tu pensé, quelque moment, Aux habitants du cimetière ?
Sais-tu ce que c’est, le sais-tu, Jeune fille tout étonnée,
Toi que le ciel a couronnée Des grâces et de la vertu ?
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