‹ Essais poétiques [microforme]Chapitre 69 sur 93 · EN · texte numérisé non relu

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Jeune homme plongé dans l'ivresse, Sais-tu ce que c’est ? dis-le-moi :

Lorsque tout pleure autour de toi Tu ris et tu chantes sans cesse !

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LE JOUR DES MORTS. 263

De temps en temps, près des ruisseaux, On voit glisser un blanc fantôme ;

On en voit glisser sous le dôme h Des grands pins au front des coteaux ! M7

C'est un père dont les années Avaient argenté les cheveux :

Il gémit de longues journées Pour rendre ses enfants heureux.

Semblable aux jours de sa vieillesse Il est courbé sous la tristesse :

, Il lève, vers son fils,

Ces mains, qu'avec mystère, Il levait sur la terre Pour le bénir jadis.

Et sa voix funèbre et plaintive, Portant la tristesse et l’effroi,

Murmure à l'oreille attentive : «O mon cher fils, priez pour moi !»

C'est une mère, hélas! trop tendre Pour les chastes fruits de son sein !

Son amour n’a pu la défendre

Au tribunal du Souverain.

Elle est au seuil de sa chaumière ; Des larmes voilent sa paupière :

LE JOUR DES MORTS

Un souris vient mourir Sur ses lèvres flétries, Fleurs que dans les prairies L'automne fait périr !

Et sa voix funèbre et plaintive, Portant la tristesse et l’effroi, Murmure à l'oreille attentive :

« OÔ mes enfants, priez pour moi !»

C’est uue sœur charmante et bonne Que son printemps ornait encor :

Elle tomba fleur que moissonne, Avant l'été, la serpe d’or !

Et maintenant sa voix plaintive, Portant la tristesse et l’effroi, .

Murmure à l'oreille attentive :

«O mon frère, priez pour moi !»

C'est un frère, un ami d'enfance

Que nous a ravis le tomheau !

Ils partageaient notre souffrance

Et nous rendaient le jour plus beau !

LE JOUR DES MORTS

Et maintenant leur voix plaintive, Portant la tristesse et l’effroi, Murmure à l'oreille attentive :

«O mon ami, priez pour moi !»

C'est un homme que l’infortune, Jusqu'à la tombe, a poursuivi :

Sa présence était importune ;

Et nul regret ne l’a suivi !

Et maintenant sa voix plaintive, Portant la tristesse et l’effroi, Murmure à l'oreille attentive :

« Vous malheureux, priez pour moi !»

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Seigneur, c’est assez de vengeance Ah ! désarmez votre courroux !

Vous êtes un Dieu d’indulgence ; Et pardonner vous est si doux !

Nous ne sommes qu’une poussière, Mais nous vous prions à genoux !

Ecoutez notre humble prière :

O Dieu clément, écoutez-nous !

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LE JOUR DES MORTS

Pitié ! pitié ! Dieu de justice !

Pitié pour vos pauvres enfants !

C’est plus faiblesse que malice S'ils furent désobéissants !

Quand votre bras frappa leur tête Afin de les éprouver tous,

Serein comme en un jour de fête Leur front s’est courbé devant vous.

Si vous êtes un Dieu sévère Où trouverez-vous la blancheur ?

Comment le panvre homme pécheur Soutiendra-t1l votre colère ?

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