MADRIGAL
Un paisible sommeil enchaînait ma paupière, Puis un rêve bien doux enivrait mon esprit.
Heureux, je souriais quand mon œil s’entrouvrit Alors j'aurais osé maudire la lumière
— Sur la verte pelouse où jouait le zéphyr
Je voyais s’avancer une vierge candide,
Plus fraîche que la fleur, plus pure qu’un saphyr ; Je lui dis d’une voix amoureuse et timide :
—+ Qui t’amène à mes yeux, la plus belle des fleurs ? « Ô toi pour qui je vis! toi qui sèches mes pleurs! « Toi que j'aime à jamais, dis-moi donc qui t’amène ?»