‹ Essais poétiques [microforme]Chapitre 78 sur 93 · LA JEUNE MOURANTE · texte numérisé non relu

LA JEUNE MOURANTE

Quel parfum! quel éclat dans les fraîches campagnes Que l'oiseau chante bien ! que le soleil est beau ! Tout revit, tout s’anime, Ô mes jeunes compagnes, Mais je sens sur mon front le vent froid du tombeau !

Voyez ma joue est pâle et ma voix est moins forte : Mes yeux n’ont plus l’éclat qu’ils avaient l’autre jour :

Je ne m’abuse point, un mal secret m’emporte : Il me faudra bientôt vous laisser sans retour !

Et je ne verrai plus les blés de la prairie ! Je n'irai plus cueillir, près des eaux, le glaïeul ! Je n’irai plus jouer sur la mousse fleurie !

Je n’irai plus dormir à l'ombre du tilleul !

Mais à peine ai-je vu dix-sept printemps éclore, Et la vie à mes yeux sta leine d’attraits !

La mort peut écouter le vieillard qui l’'implore,

Je suis trop jeune, moi, pour mourir sans regrets!

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