LA JEUNE MOURANTE
Quel parfum! quel éclat dans les fraîches campagnes Que l'oiseau chante bien ! que le soleil est beau ! Tout revit, tout s’anime, Ô mes jeunes compagnes, Mais je sens sur mon front le vent froid du tombeau !
Voyez ma joue est pâle et ma voix est moins forte : Mes yeux n’ont plus l’éclat qu’ils avaient l’autre jour :
Je ne m’abuse point, un mal secret m’emporte : Il me faudra bientôt vous laisser sans retour !
Et je ne verrai plus les blés de la prairie ! Je n'irai plus cueillir, près des eaux, le glaïeul ! Je n’irai plus jouer sur la mousse fleurie !
Je n’irai plus dormir à l'ombre du tilleul !
Mais à peine ai-je vu dix-sept printemps éclore, Et la vie à mes yeux sta leine d’attraits !
La mort peut écouter le vieillard qui l’'implore,
Je suis trop jeune, moi, pour mourir sans regrets!