A UNE JEUNE RELIGIEUSE
Et pour une heure d’allégresse Quelles angoisses ! quels soupirs!
Et toujours la pâle tristesse
Suit de près les futils plaisirs.
La petite rose sauvage
Qui croît dans le sombre vallon Fleurit sans redouter l’orage
Ni le souffle de l’aquilon.
Tranquille au fond de sa retraite Elle exhale son doux encens,
Et le zéphire à la pauvrette Murmure d’amoureux accents.
Au pied de l’autel de Marie, Humble comme cette humble fleur, Tu vas de ton âme attendrie Répandre la constante ardeur.
Et tes vœux brülants, tes prières, Monteront au parvis des cieux Comme le baume des bruyères,
Et comme l’encens des saints lieux !