‹ Essais poétiquesChapitre 17 sur 61 · LE RETOUR DU VOYAGEUR · texte numérisé non relu

LE RETOUR DU VOYAGEUR

Je m'en souviens : sur ce rivage, Je venais rêver vers la nuit :

J'aimais à voir l'oiseau sauvage Dormant sur le bord de son nid :

Mon œil suivait la faible lame Que traçait un léger canot ; J'écoutais le bruit de la rame Et le chant du gai matelot.

C'est dans ces bois, dans ces prairies Que je courais petit enfant ; Le front orné de fleurs chéries Au seuil j'arrivais triomphant.

Et si quelque peine légère Venait troubler mon jeune cœur Dans les bras de ma tendre mère J'allais oublier ma douleur !

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