LE RETOUR DU VOYAGEUR
Je m'en souviens : sur ce rivage, Je venais rêver vers la nuit :
J'aimais à voir l'oiseau sauvage Dormant sur le bord de son nid :
Mon œil suivait la faible lame Que traçait un léger canot ; J'écoutais le bruit de la rame Et le chant du gai matelot.
C'est dans ces bois, dans ces prairies Que je courais petit enfant ; Le front orné de fleurs chéries Au seuil j'arrivais triomphant.
Et si quelque peine légère Venait troubler mon jeune cœur Dans les bras de ma tendre mère J'allais oublier ma douleur !