LE JEUNE HOMME
Un an s'est envolé, mais un autre se lève !
Amis, sachons en profiter !
Oublions le passé ! Le passé n'est qu'un rêve !
Il ne faut point le regretter.
Oh ! la vie est charmante ! Epuisons, sans attendre,
La coupe des riants plaisirs !
Enivrons-nous encor d'un regard doux et tendre
Qui sait caresser nos désirs !
Un an s'est envolé, mais un autre se lève !......
Pour nous il n'a point de tombeau !
N'allons point rappeler le moment qui s'achève
Lorsque le présent est si beau !
Assez tôt les chagrins, la débile vieillesse
Nous mettront des rides au front :
Savourons nos beaux jours ! Egayons la jeunesse î
Bientôt, hélas ! ils finiront.
Un an s'est envolé, mais un autre se lève î
Oh ! qu'il soit pur î qu'il soit serein ! Peut-être apporte-t-il, celui-là, quelque trêve
Aux larmes du pauvre orphelin.
Près de lui l'on sourit, l'on s'amuse et folâtre,
Sans regrets comme sans ennui,. ...'.-i*-^- -
PREMIER DE l'an. 177
Triste et seul, comme hier, il s'assied près de l'âtre Pour pleurer encore aujourd'hui !
Un an s'est envolé, mais un autre se lève!
, Gomme un flot vient après un flot, Impétueux ou calme, expirer sur la grève
Qui tremble aux cris du matelot.
Bien vite nous fuyons le berceau du jeune âge !
Et les fleurs qu'au bord du chemin Nous cueillons, chaque jour, pour charmer le voyage,
Se flétrissent dans notre main !