‹ Essais poétiquesChapitre 25 sur 61 · LE JEUNE HOMME · texte numérisé non relu

LE JEUNE HOMME

Un an s'est envolé, mais un autre se lève !

Amis, sachons en profiter !

Oublions le passé ! Le passé n'est qu'un rêve !

Il ne faut point le regretter.

Oh ! la vie est charmante ! Epuisons, sans attendre,

La coupe des riants plaisirs !

Enivrons-nous encor d'un regard doux et tendre

Qui sait caresser nos désirs !

Un an s'est envolé, mais un autre se lève !......

Pour nous il n'a point de tombeau !

N'allons point rappeler le moment qui s'achève

Lorsque le présent est si beau !

Assez tôt les chagrins, la débile vieillesse

Nous mettront des rides au front :

Savourons nos beaux jours ! Egayons la jeunesse î

Bientôt, hélas ! ils finiront.

Un an s'est envolé, mais un autre se lève î

Oh ! qu'il soit pur î qu'il soit serein ! Peut-être apporte-t-il, celui-là, quelque trêve

Aux larmes du pauvre orphelin.

Près de lui l'on sourit, l'on s'amuse et folâtre,

Sans regrets comme sans ennui,. ...'.-i*-^- -

PREMIER DE l'an. 177

Triste et seul, comme hier, il s'assied près de l'âtre Pour pleurer encore aujourd'hui !

Un an s'est envolé, mais un autre se lève!

, Gomme un flot vient après un flot, Impétueux ou calme, expirer sur la grève

Qui tremble aux cris du matelot.

Bien vite nous fuyons le berceau du jeune âge !

Et les fleurs qu'au bord du chemin Nous cueillons, chaque jour, pour charmer le voyage,

Se flétrissent dans notre main !

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