LE VIEILLARD
Venez tous, mes enfants, que mes mains vous bénissent ! Un nouvel an commence, et mes cheveux blanchis-
[sent!...
Comme vous, autrefois, j'étais jeune et léger ; J'avais au fond du cœur de belles espérances ; J'ignorais les ennuis, j'ignorais les souffrances ; Et je ne croyais point qu'ainsi tout dût changer !
Venez tous, mes enfants, que mes mains vous bénissent ! Un nouvel an commence, et mes cheveux blanchis-
[sent...
Je trouvais que les jours étaient lents à venir : J'aurais voulu, mon Dieu ! les voir tomber plus vite. Comme vous je courais au jeu qui vous invite : J'oubliais le passé pour croire à l'avenir!
Venez tous, mes enfants, que mes mains vous bénissent ! Un nouvel an commence, et mes cheveux blanchis-
[sent!...
Je vois bien quelle était, en ce temps, mon erreur : Et si je retournais aux sources de la vie !... Mais j'arrive au banquet où la mort me convie !... A mon âge on n'a plus qu'une vaine terreur !
Venez tous, mes enfants, que mes mains vous bénissent! Un nouvel an commence, et mes cheveux blanchis-
[sent !...
Maintenant ma voix tremble el je suis sans amour : Le long de mon sentier je m'ert vais solitaire : Mon front pâle et ridé s'incline vers la terre : Et je cherche ma vie, et ne trouvé qu'un jour !
Venez tous, mes enfants, que mes mains vous bénissent ! Un nouvel an commence, et mes cheveux blanchis-
[sent!...
Mais il est, toutefois, un grand bonheur pour nous, Pour nous, pauvres vieillards que la tombe réclame.
Qui rêvons, tout le jour, assis devant la flamme
Oh ! c'est de vous bénir, mes enfants, à genoux !
Venez tous, mes enfants, que mes mains vous bénissent ! Un nouvel an commence, et mes cheveux blanchis-
[sentî...