‹ Essais poétiquesChapitre 47 sur 61 · LA JEUNE MOURANTE · texte numérisé non relu

LA JEUNE MOURANTE

Quel parfum ! quel éclat dans les fraîches campagnes ! Que l'oiseau chante bien ! que le soleil est beau ! Tout revit, tout s'anime, ô mes jeunes compagnes, Mais je sens sur mon front le vent froid du tombeau !

Voyez ma joue est pâle et ma voix est moins forte : Mes yeux n'ont plus l'éclat qu'ils avaient l'autre jour : Je ne m'abuse point, un mal secret m'emporte : Il me faudra bientôt vous laisser sans retour !

Et je ne verrai plus les blés de la prairie I Je n'irai plus cueillir, près des eaux, le glaïeul ! Je n'irai plus jouer sur la mousse fleurie ! Je n'irai plus dormir à l'ombre du tilleul I

Mais à peine ai-je vu dix-sept printemps éclore. Et la vie à mes yeux semble pleine d'attraits î La mort peut écouter le vieillard qui l'implore. Je suis trop jeune, moi, pour mourir sans regrets !

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