‹ Essais poétiquesChapitre 48 sur 61 · LA JEUNE MOURANTE · texte numérisé non relu

LA JEUNE MOURANTE

La fontaine limpide où l'on se désaltère Ne tarit pas sitôt sous un ciel radieux ; Et la jeune hirondelle à son doux nid de terre, Avant les jours de froid ne fait pas ses adieux.

Ma main tremble en cueillant la blanche pâquerette Sur le sable perlé mon pied glisse incertain. Retournons, retournons dans notre humble retraite, Nous reviendrons encor jouer demain matin.

Quand l'aube déplia son voile d'écarlate,

Que les champs et les bois reprirent leurs couleurs,

Et que le gai pinson fredonna sa cantate,

Elle ne revint point sur la pelouse en fleurs.

Elle mourut le soir à l'heure solennelle Où le dernier rayon lutte avec l'ombre encor, A l'heure où dort l'oiseau la tête sous son aile, Où l'étoile apparaît comme une lampe d'or.

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