A MONSIEUR F
L'iD des médecins eo chef de l'tiospice civil et militaire d'Ail en ProTence.
Noble mortel! aux jours de ma longue soulTraiice, J ai pu t apprécier 1 oh! non, 1 indifférence N'osa même approcher de ton cœur généreux ; Jamais tu ne fus sourd au cri du malheureux ; Lorsque, dans sa douleur, il imj)lore ton zèle, N'importe le moment, l'heure où sa voix t'appelle ; Tu voles aussitôt vers ce triste grabat , Où la force du mal le retient et l'abat ;
Tu prodigues tes soius : mais la pauvre victime Que la douleur étreint , que la misère opprime , N'ayant pour te payer que des pleurs à t'olTrir, Tristement te regarde, et |)ousse un long soupir. Le malade bientôt se calme à ta parole, Car, loin de temparer de sa dernière obole , Tu lui dis à voix basse , en lui pressant la main ; « Ueposez-vous sur moi des soins du lendemain. »
Ainsi , de l'indigent tu deviens la ressource,
Et lorsque ses besoins ont épuisé ta bourse.
De ton cœur généreux les vœux sont satisfaits.
Pourrais-je énumérer en ce jour tes bienfaits?
Au mois où la saison au malade est fatale ,
Quand les premiers rayons de Taube matinale
(Chassent l'obscurité (jui règne sous les cieux ,
Sans qu'un léger sommeil ait i)u fermer tes yeux ,
Data faible santé faisant le sacrifice.
On te voit parcourir les salles de l'hospice.