‹ Essais poétiquesChapitre 26 sur 35 · VU · texte numérisé non relu

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A ton destin chacun semble porter envie ; On te dit: Le bonlieur environne ta vie : Et son TÙ\e enchanteur charme ton souvenir. Pardonne , si je viens du fond de ma retraite , Te dire: Garde-toi de croire à tout prophète, Car Dieu seul lit dans l'avenir.

Chastel , ceint de lauriers , entre dans la carrière , Et , pour fermer au jour son humide paupière , Des vierges d'un hospice il emprunte la main ; Et devant l'égoisme il faut que Michel-Ange , Touchant un marbre informe en chef-d'œuvre le change, Pour se garantir de la faim.

Si le malheur se plaît à frapper les grands-hommes, Hélas! plus quejamais, dans le siècle où nous sommes, Le venin de l'envie autour d'eux se répand ; Et puis , lorsqu'ils ont bu leur coupe d'amertume, Sur leurs yeux près de voir l'encens qui pour eux fume, Le voile de la mort s'étend.

Un brillant avenir se peint dans ton sourire , Jeune homme ; je comprends tout ce que veulent dire Et tes larmes de joie , et ton regard de feu : Non, non, me disent-ils, de son voile funèbre La mort n'osa jamais couvrir un nom célèbre ; Il est immortel comme Dieu !

Dieu t'aurait-il promis un ange au vol sublime Pour diriger les pas loin du conunun abîme? Vois , du destin bizarre on compte les élus I Mais s'il en est ainsi, des rives de la Seine, Vers l'immortalité , suis l'élan qui t'entraîne, Vole , je ne te retiens plus.

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