‹ Essais poétiquesChapitre 27 sur 35 · A M. G. DE S · texte numérisé non relu

A M. G. DE S

Que je serais heureuse et fière, Moi qui me berçais dans ton ciel , Si ma voix , de ta coupe amère Adoucissait un peu le fiel.

Mais , bien loin d'en être capable , Ma voix même peut t'affliger.

Le poids du malheur qui t'accable, Dieu seul, vois-tu, peut lalléger.

J'ai connu l'objet de tes larmes :

Oui , c'était un ange damour.

Et je sais pourquoi de ses charmes Tes regards n'ont joui qu'un jour.

C'est que la trouvant jeune et belle , L'ange de la mort à tes yeux , Sans pitié pour t( i , sur son aile, Hier, remporta dans les cieux.

Et depuis, le chagrin t'oppresse.

Il n'est plus pour toi de bonheur Hélas 1 je comprends ta tristesse Ainsi que ta \ive douleur.

Mais pour adoucir ton martyre , Au ciel jette un regard de foi !

Celle pour qui ton cœur soupire Ne cesse de penser à toi.

Sache que , du sein de la gloire , Elle voit ton profond regret.

Son nom gravé dans ta mémoire , Et tes pleurs versés en secret.

Renais à la douce espérance , Ferme ton cœur au désespoir!

Encore quelques jours d'absence , Et tes yeux pourront la revoir!

25 janvier 1850.

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