A M. G. DE S
Que je serais heureuse et fière, Moi qui me berçais dans ton ciel , Si ma voix , de ta coupe amère Adoucissait un peu le fiel.
Mais , bien loin d'en être capable , Ma voix même peut t'affliger.
Le poids du malheur qui t'accable, Dieu seul, vois-tu, peut lalléger.
J'ai connu l'objet de tes larmes :
Oui , c'était un ange damour.
Et je sais pourquoi de ses charmes Tes regards n'ont joui qu'un jour.
C'est que la trouvant jeune et belle , L'ange de la mort à tes yeux , Sans pitié pour t( i , sur son aile, Hier, remporta dans les cieux.
Et depuis, le chagrin t'oppresse.
Il n'est plus pour toi de bonheur Hélas 1 je comprends ta tristesse Ainsi que ta \ive douleur.
Mais pour adoucir ton martyre , Au ciel jette un regard de foi !
Celle pour qui ton cœur soupire Ne cesse de penser à toi.
Sache que , du sein de la gloire , Elle voit ton profond regret.
Son nom gravé dans ta mémoire , Et tes pleurs versés en secret.
Renais à la douce espérance , Ferme ton cœur au désespoir!
Encore quelques jours d'absence , Et tes yeux pourront la revoir!
25 janvier 1850.