Publié dans la Revue des Deux Mondes le l" janvier
2. Die deutsche Auswandening, von Nessmann. Leipzig, 1873, dans les Annales de l'Empire, de M. G. Hirsch.
pent et s'inquiètent des progrès constants du mal : ils calculent ce qu'il coûte à leur pays, ils cherchent à en pénétrer les causes et à découvrir les remèdes.
L'émigration coûte très cher à l'Allemagne, d'où elle fait sortir chaque année un capital considérable. D'abord chaque émigrant emporte avec lui en argent, vêtements et outils une certaine valeur. D'une enquête faite à New-York en 1856 sur l'état de fortune de plus de 100 000 arrivants, il est résulté que chacun d'eux apportait en moyenne 100 thalers (375 francs) ; mais la plupart avaient cru que cet interrogatoire cachait quelque arrière-pensée fiscale et s'étaient faits plus pauvres qu'ils n'étaient. M. Kapp, ancien commissaire de l'émigration à New-York ', raconte qu'un jour, pendant cette enquête, il vit un paysan répondre aux questions qu'on lui adressait en montrant 24 dollars contenus dans son porte-monnaie. Il lui expliqua qu'il s'agissait uniquement de prouver aux Américains que l'émigrant d'Allemagne n'était point un mendiant : l'homme aussitôt tira son portefeuille, où il cachait une lettre de change de 2700 dollars; chacun des trois grands garçons qu'il amenait avec lui portait une pareille somme dans sa poche. Assurément on ne trouverait point parmi ces exilés volontaires beaucoup d'aussi riches familles, mais il en est très peu qui arrivent dénués de ressources, et nous pouvons sans exagération évaluer à 150 thalers l'apport de chaque personne. Les calculs des Américains concordent avec ceux des Allemands. Or il est arrivé aux États-Unis depuis 1819 environ 2 500 000 Allemands; il est donc