‹ Essais sur l'Allemagne impérialeChapitre 5 sur 42 · AVANT- PROPOS IX · texte numérisé non relu

AVANT- PROPOS IX

bassesse des attitudes et des formules sont un sujet d'étonnement pour l'étrang-er. L'Allemand ne connaît pas l'inclinaison modérée; quand son échine plie, c'est tout d'une pièce : elle ne sait dessiner que l'angle droit. Sans doute l'esprit révolutionnaire est à l'œuvre en Allemagne avec une énergie qui ne sera pas domptée. Les progrès qu'il fait et dont j'ai essayé de dire les causes diverses se précipitent. Près d'un million d'électeurs à l'heure qu'il est tiennent l'échiné droite, et, tète haute, regardent en face les hommes et les choses du nouvel empire : l'œil est insolent et haineux. Mais les socialistes ont fait le plus aisé de leur œuvre de propagande. Ils seront les agents les plus actifs de la destruction finale, et le vieil empereur s'inquiète avec raison des infiltrations qui pénètrent dans la caserne, mais la caserne tiendra longtemps encore, et les bataillons en sortiront innombrables et au complet, le jour de la déclaration de guerre.

La guerre est certaine, car l'Allemagne impériale vient de la guerre et elle va vers la guerre. A bello ad hélium, voilà son épigraphe.

Elle vient de la guerre, parce que la Prusse, qui l'a faite, est un produit de la guerre. Cet être historique est né sur un champ de bataille, aux bords de l'Elbe, qui était, il y a mille ans, la frontière chaque jour ensanglantée des Slaves et des Germains, Il n'a reçu sa figure moderne qu'au xvn" siècle : c'est son armée qui la lui a donnée. La Prusse

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