‹ Essais sur l'Allemagne impérialeChapitre 4 sur 42 · VIII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VIII AVANT-PROPOS

moins de frais que dans celui-là. Une réunion de camarades ou d'associés d'un Verein quelconque, une fèlc de famille, de cabaret ou de village, un verre de bière, quelques tours de danse, un chœur chanté sur les routes, y sont des provisions de bonheur tranquille. Nul ne s'y surmène, ni à la ville, ni à la campagne. Nul ne brusque la vie. Point d'âpreté au travail; une humeur ouverte à la joie de vivre et qui produit le Gemiith , cette bonhomie des gens satisfaits de leur sort. Tout le monde aime ses aises et les prend. Sich hequcm machen, se mettre à son aise, est une coutume nationale, dont les effets sont très salutaires. Pour n'en dire qu'un seul, elle prémunit nobles et vilains, pauvres et riches, contre les tentations de la doctrine de Malthus.

Ces dispositions naturelles, dira-t-on, doivent mettre tôt ou tard l'Allemand en révolte contre le régime prussien, qui a de si grandes incommodités. Oui, mais ici s'interpose l'habitude du respect.

L'homme du peuple en Allemagne n'aperçoit pas tous les hommes sur le même plan : son œil met dans la société une perspective, et je dirais volontiers qu'il a le regard hiérarchique. Jamais. prince n'a eu plus de simplicité réelle, plus de facilité d'abord que l'empereur Guillaume, mais le sujet le voit très haut, tout en haut d'une échelle mystique, dont les plus bas échelons lui paraissent déjà fort respectables. La déférence dans les relations d'inférieur à supérieur, l'obséquiosité des façons, l'humilité, ha

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