Je parle à ton cœur nu
Tout ce que nous pouvons dire, c’est que si les Indiens peuvent lire une telle écriture; ils sont de plus grands adeptes dans les mystères du cœur que les juges des anciennes cours d’amour. Mais il est beaucoup plus probable que les Indiens apprennent d’abord ces chants, en les entendant réciter de vive voix, et que ces tableaux servent seulement à raviver leurs souvenirs. C’est une sorte d’écriture mnémonique, et les missionnaires en ont fait usage avec un grand succès.
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Ainsi, dans une version de la Bible en l’idiome du Massachusetts, par Eliot, les versets du trentième chapitre des Proverbes, depuis le verset 25 au verset32, sont exprimés par « une fourmi, un lapin, une sauterelle, une araignée, une rivière (symbole du mouvement), un lion, un lévrier, un bouc, un roi, et un homme s’élevant comme un insensé pour saisir le ciel. » Ces symboles peuvent sans doute aider le lecteur à se rappeler l’ordre dans lequel ces versets se suivent, mais ils seraient complètement inutiles sans un commentaire ou sans la connaissance du texte.
On raconte que le célèbre Testéra, frère du chambellan de François Ier, étant allé en Amérique, huit ou neuf ans après la prise de Mexico, et jugeant qu’il lui était impossible d’apprendre la langue des indigènes, leur enseigna l’histoire sainte et les principales doctrines du christianisme au moyen de tableaux, qui produisirent sur l’esprit de ces peuples, accoutumés à cette manière de s’exprimer, plus d’effet que toutes les prédications des précédents missionnaires. Mais dans ce cas encore, il est évident qu’à moins d’être expliqués par des interprètes, ces tableaux ne pouvaient avoir aucune signification pour les foules qui les contemplaient. On trouvera les plus amples renseignements sur ce sujet dans un ouvrage de T. Baptiste, Hiéroglyphes de la conversion, où par des estampes et des figures on apprend aux naturels à désirer le ciel .
Rien ne prouve que les Indiens du nord aient jamais été au delà de ces essais informes dont on peut voir
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de nombreux spécimens dans le volumineux ouvrage de Schoolcraft, publié par ordre du Congrès américain, Historical and datisticai Information respecting the Histoi'y, Condition, and Prospects of the Indian Tribes of the United States, Philadelphia, 1851-1853. 11 n’existe aucune trace de rien qui ressemble à une littérature chez les peuplades errantes du nord, et tant qu’on n’aura pas découvert un véritable Livre des Sauvages pour combler cette lacune, elles devront continuer à être classées au nombre des races illettrées (1).
Le cas est bien différent si nous tournons les yeux vers les peuples de l’Amérique centrale et méridionale, vers ces races qui formaient la population du Mexique, de Guatémala et du Pérou, à l’époque où ces pays furent conquis par les Espagnols. Les hiéroglyphes mexicains publiés par Lord Kingsborough ne doivent pas êtr% rangés dans la même catégorie que les totems et les ébauches grossières des Peaux-Rouges. Tracés avec beaucoup plus d’art, ils ont aussi un caractère plus conventionnel et par conséquent une signification plus définie. Ils sont coloriés, écrits sur du papier, et, sous bien des rapports, méritent d’être placés au même niveau que les hiéroglyphes égyptiens et les papyrus hiératiques. Même l’idée de s’adresser à l’oreille par l’intermédiaire des yeux, d’exprimer le son au moyen de signes écrits, était fami-
(4) Mammcrit pictographique, pp. 26. 29.
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lière aux Mexicains; mais ils semblent ne s’être servis de caractères phonétiques que pour reproduire des noms de lieux et de personnes. L’objet principal des manuscrits hiéroglyphiques du Mexique n’était pas de donner au lecteur des connaissances nouvelles, mais de lui rappeler par des artifices mnémoniques les choses qu’il avait apprises précédemment. C’est là un fait reconnu par les meilleures autorités, par des hommes qui connurent les Indiens peu de temps après la première arrivée des "Européens, et en qui nous pouvons avoir toute confiance quand ils parlent de la littérature orale et de l’écriture symbolique des indigènes. Acosta, dans son Historia natural y moral, VI, 7, raconte que les Indiens avaient encore l’habitude de réciter de mémoire les allocutions et les discours de leurs anciens orateurs, et de nombreux chants composés par leurs poètes nationaux. Comme il était impossible de confier toutes ces compositions à des hiéroglyphes ou caractères symboliques comme ceux dont se servaient les Mexicains, on avait soin de faire apprendre par cœur ces poèmes et ces discours. II y avait à cet effet des collèges et des écoles, où les jeunes gens apprenaient ces morceaux littéraires et autres choses encore de la bouche des vieillards, dans la mémoire desquels ils semblaient être gravés. Ceux qui étaient destinés à devenir un jour des orateurs devaient apprendre les anciennes compositions mot pour mot. Quand les Espagnols leur eurent appris à lire et à écrire la langue espagnole, les Indiens ne tardèrent
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pas à adapter la nouvelle écriture à leur propre langue. Ce fait est attesté par de nombreux témoins oculaires.
Voici en quels termes s’exprime Las Casas, l’ami dévoué des Indiens :
« 11 faut savoir que dans toutes les républiques de ces contrées, dans les royaumes de la Nouvelle- Espagne et ailleurs, entre autres professions et gens qui en avaient la charge, étaient ceux qui faisaient les fonctions de chroniqueurs et d’historiens. Ils avaient la connaissance des origines et de toutes les choses touchant à la religion, aux dieux et à leur culte, comme aussi des fondateurs des villes et des cités. Ils savaient comment avaient commencé les rois et les seigneurs, ainsi que leurs royaumes, leurs modes d’élection et de succession; le nombre et la qualité des princes qui avaient passé ; leurs travaux, leurs actions et faits mémorables, bons et mauvais; s’ils avaient gouverné bien ou mal ; quels étaient les
hommes vertueux ou les héros qui avaient existé ; quelles guerres ils avaient eu à soutenir et comment ils s’v étaient signalés; quelles avaient été leurs coutumes antiques et les premières populations ; les changements heureux ou les désastres qu’ils avaient subis; enfin tout ce qui appartient à l’histoire, afin qu’il y eût raison et mémoire des choses passées.
c Ces chroniqueurs tenaient le comput des jours, des mois et des années. Quoiqu’ils n’eussent point une écriture comme nous, ils avaient, toutefois, leurs
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figures et caractères, à l’aide desquels ils entendaient tout ce qu’ils voulaient, et de celte manière ils avaient leurs grands livres composés avec un artifice si ingénieux et si habile, que nous pourrions dire que nos lettres ne leur furent pas d’une bien grande utilité.
« Nos religieux ont vu de ces livres, et moi-même j’en ai vu également de mon côté, bien qu’il y en ait eu de brûlés sur l’avis des moines , dans la crainte qu’en ce qui touchait à la religion, ces livres ne vinssent à leur être nuisibles. Il arrivait quelquefois que quelques-uns de ces Indiens, oubliant certaines paroles ou particularités de la doctrine chrétienne qu’on leur enseignait, et n’étant pas capables de lire notre écriture, se mettaient à l’écrire en entier avec leurs propres figures et caractères, d’une manière fort ingénieuse, mettant la figure qui correspondait chez eux à la parole ou au son de notre vocable... Quant à moi, j’ai vu une grande partie de la doctrine chrétienne ainsi écrite en figures et en images qu’ils lisaient comme je lis nos caractères dans une lettre , et c’est là une production peu commune de leur génie.
« Il ne manquait jamais de ces chroniqueurs; car, outre que c’était une profession qui passait de père en fils et fort considérée dans toute la république, toujours il arrivait que celui qui en était chargé instruisait deux ou trois frères ou parents de la même famille en tout ce qui concernait ces histoires; il les y exerçait continuellement durant sa vie, et c’était à
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lui qu'ils avaient recours lorsqu’il y avait du doute sur quelque point de l’histoire. Mais ce n’étaient pas seulement ces nouveaux chroniqueurs qui lui demandaient conseil; c’étaient les rois, les princes, les prêtres eux-mêmes. Dans tous les doutes qui pouvaient leur -survenir relativement aux cérémonies et aux préceptes de la religion, aux fêtes des dieux ou tout ce qui avait rapport aux royaumes antérieurs en matière profane, du moment qu’elles étaient de quelque importance, c’étaient ces chroniqueurs qu’on s’empressait de consulter, chacun suivant ce qu’il avait à leur demander. » (Hist. apolog. de las Ind. Occid., tome IV, chap. 235. ms.) (1).
Malgré le zèle religieux des Dominicains et des Franciscains, un petit nombre de ces manuscrits hiéroglyphiques échappa aux flammes ; ils sont conservés aujourd’hui dans quelques-unes de nos bibliothèques publiques, comme des restes curieux d’une littérature presque éteinte et oubliée. La première collection de ces manuscrits et d’autres antiquités américaines fut faite par l’archéologue milanais, Bolurini, envoyé par le Pape, en 1736, pour régler certaines affaires ecclésiastiques, et qui, pendant les huit années de son séjour dans le Nouveau-Monde, s’occupa activement de soustraire à la destruction tous les monuments des temps passés que l’on pouvait encore sauver. Mais il ne put transporter en Europe ce qu’il
(t) Popol Vuh, p. vin.
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avait réuni au prix de tant de sacrifices, car il fut dépouillé de ses trésors par le vice-roi espagnol; et quand enfin il eut réussi à s’échapper, emportant les débris de sa collection, il fut fait prisonnier par un croiseur anglais, et perdit ainsi tout ce qu’il possédait. Sa collection, restée à Mexico, devint le sujet de plusieurs procès; et après avoir passé par les mains de Veytia et de Gama, qui l’augmentèrent tous deux considérablement, elle finit par être vendue aux enchères publiques. Humboldt, alors de passage à Mexico, acheta plusieurs des manuscrits qu’il donna au musée royal de Berlin. D’autres de ces manuscrits devinrent la propriété de particuliers, et après bien des vicissitudes , ils se trouvent maintenant pour la plupart dans les bibliothèques publiques ou dans les collections particulières de l’Europe.
La partie la plus précieuse des épaves de ce regrettable naufrage est aujourd’hui entre les mains de M. Aubin, qui fut envoyé au Mexique en 1830 par le gouvernement français, et qui consacra près de vingt années à l’œuvre commencée un siècle plus tôt par Boturini. 11 acheta, autant que cela lui fut possible, les débris dispersés des collections qui avaient appartenu à Boturini, à Gama et Picbardo, et il se procura des copies exactes dans les cas où il ne put obtenir les manuscrits originaux. Il a rapporté en Europe ce qui forme aujourd’hui, sinon la plus nombreuse, du moins la plus précieuse des collections d’antiquités américaines, et celle qui est ordonnée le
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plus judicieusement. M. Aubin est aussi le premier qui ait fait connaître exactement la nature véritable de l’ancienne écriture mexicaine, et nous avons le ferme espoir que, dans les études auxquelles il s’est voué, son triomphe ne sera pas moins glorieux que celui de Champollion dans le déchiffrement des hiéroglyphes égyptiens.
Un des secours les plus importants pour faciliter le déchiffrement des manuscrits hiéroglyphiques de l’Amérique est fourni par certains livres écrits peu de temps après la conquête du Mexique par des indigènes, à qui leurs conquérants, les Espagnols, avaient appris l’art de l’écriture alphabétique. Ixtlilxochitl, descendant de la famille royale de Tetzcuco, et employé comme interprète par le gouvernement espagnol, écrivit l’histoire de son pays depuis les temps les plus reculés jusqu’à l’arrivée de Cortez. En composant cette histoire, il suivit le récit contenu dans les tableaux hiéroglyphiques, qui lui avaient été expliqués par les vieux chroniqueurs. Quelques-uns de ces tableaux, fragments du texte traduit par l’historien mexicain, ont été retrouvés par M. Aubin; et comme ils aidèrent autrefois'l’historien à écrire son histoire, de même cette histoire aide aujourd’hui le savant à déchiffrer leurs symboles. C’est l’étude d’ouvrages comme celui d’Ixtlilxochitl qui doit être le point de départ de la philologie américaine. De tels ouvrages sont pour l’étude des antiquités américaines ce qu’est Manéthon pour l’étude des hiéro-
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glyphes égyptiens, ou Bérose pour le déchiffrement des inscriptions cunéiformes. Ils sont écrits dans des dialectes qui n’ont pas plus de trois cents ans, et que parlent encore les nombreux indigènes du pays, avec les modifications que toute langue subit nécessairement dans le cours de trois siècles. Ils nous donnent tout ce que savaient sur l’histoire, sur la mythologie et sur la religion ces peuples de l’Amérique centrale et méridionale, que les Espagnols trouvèrent en possession de la plupart des avantages d’une civilisation déjà ancienne. Assurément il ne faut pas nous attendre à y rencontrer ce que nous avons coutume d’appeler l’histoire. Néanmoins ils offrent un grand intérêt historique , car ils conservent les vagues souvenirs d’un passé lointain , rempli de migrations, de guerres, de dynasties et de révolutions, comme celles qu’aimaient à se rappeler les Grecs du temps de Solon, et auxquelles croyaient les Romains du temps de Caton. Ces écrits nous apprennent que le Nouveau-Monde, ouvert à l’Europe il y a quelques siècles, était à ses propres yeux un monde ancien, et que ses habitants différaient moins de nous par le caractère et le sentiment qu’on ne se l’imagine trop facilement quand on parle des Peaux- Rouges, ou quand on lit les récits des conquérants espagnols, qui refusaient aux naturels de l’Amérique une âme humaine, afin de se donner le droit de les traiter comme des bêtes sauvages.
Le Popol Vuh, ou livre sacré de la population de
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Guatemala, dont l’abbé Brasseur de Bourbourg vient de publier le texte original, accompagné d’une traduction française littérale, occupe un rang très-important parmi les ouvrages composés par les indigènes dans leurs propres dialectes, et écrits par eux avec les caractères djî l’alphabet latin. Il n’y a que deux autres ouvrages dont l’importance puisse être comparée à celle du Popol Vuh, pour l’étude des antiquités et des langues américaines ; ce sont le Codex Chimalpopoca, écrit en langue nahuall, et le Codex Cakchiquel, rédigé dans le dialecte de Guatémala. Ces trois ouvrages doivent être le point de départ de toutes les recherches critiques sur les antiquités des indigènes de l’Amérique.
Le premier point à établir quand on examine des écrits de ce genre, c’est leur authenticité. Nous devons nous demander si ces trois ouvrages sont bien réellement, ainsi qu’on le prétend, des compositions datant d’environ trois siècles, fondées sur les traditions orales et les documents idéogrammatiques des anciens habitants de l’Amérique, et écrites dans les dialectes parlés au temps de Colomb, de Corlez et de Pizarre. Voici, en résumé, d’après l’abbé Brasseur de Bourbourg, l’historique du Popol Vuh. Le manuscrit fut découvert pour la première fois, vers la fin du XVIIe siècle, par le P. Francisco Ximenez, qui était curé de Santo-Tomas Chichicastenango, situé à environ trois lieues au sud de Santa-Cruz del Quiche, et à vingt-deux lieues au nord-est de Guatéraala. Il était
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très-versé dans les idiomes des indigènes de Guatémala, et il a laissé un dictionnaire de leurs trois dialectes principaux, son Tesoro de las Lenguas Quiché, Cakchiquel y Tzulohil. Cet ouvrage, encore inédit, remplit deux volumes, dont le second contient une copie du manuscrit découvert parXimenez. Xiraenez, qui était dominicain, écrivit aussi une Histoire générale de la province de San-Vicenle de Chiapas , qui comprenait quatre volumes in-folio. Il en avait laissé deux copies, mais elles étaient toutes deux incomplètes quand l’abbé Brasseur de Bourbourg les vit à Guatémala. Les trois volumes qui avaient été conservés renfermaient beaucoup de curieux renseignements sur l’histoire et les traditions du pays. Le premier de ces volumes contenait la traduction espagnole du manuscrit quiché qui nous occupe en ce moment. L’abbé Brasseur de Bourbourg copia cette traduction en 1855. Un voyageur allemand, M. Scherzer, qui se trouvait à Guatémala à celte même époque, fit copier la traduction de Ximenez, qu’il publia à Vienne en 1856 (1).
L’abbé français ne se contenta pas de faire imprimer le texte original du Popul Vuh et la traduction espagnole de Ximenez, qu’il déclare être inexacte, incomplète et souvent inintelligible. Pendant ses voyages en Amérique, il avait appris plusieurs idiomes du
(1) M. A. Helps est le premier quL ait fait ressortir l'importance de cette publication dans son excellent ouvrage, Y Histoire de In eorufuête espagnole en Amérujtte.
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pays, particulièrement la langue quichée, dont les divers dialectes sont parlés encore aujourd’hui par une population d’environ six cent mille âmes. Comme prêtre, il avait des rapports journaliers avec les habitants de la paroisse dont on lui avait confié l’administration ; et c’est pendant qu’il vivait au milieu d’eux, pouvant les consulter sans cesse comme des dictionnaires vivants, qu’il entreprit, avec l’assistance des manuscrits de Ximenez, sa propre traduction des anciennes chroniques des Quichés. Depuis le temps de la découverte de Ximenez jusqu’à celui de la publication de l’abbé Brasseur de Bourbourg, nous pouvons donner l’histoire du Popol Vuh d’une manière claire et satisfaisante. Mais il reste encore un siècle dont il faut rendre compte, depuis la tin du XVI* siècle, époque où l’on suppose que l’ouvrage fut écrit, jusqu’à la fin du XVIIe siècle, date de la découverte du manuscrit à Chichicaslenango par le dominicain Ximenez. Ici les renseignements font absolument défaut. Nous pouvons cependant en appeler à l’autorité du manuscrit lui-même, qui donne la liste des dynasties royales jusqu’à la conquête espagnole, liste close par les noms des deux princes, Don Juan de Rojas et Don Juan Cortez, fils de Tecum et de Tepepul. Quoique ces princes fussent entièrement sous la domination espagnole, on leur permit de conserver les insignes de la royauté jusqu’en l’année 1558, et le manuscrit, à ce qu’on suppose, fut rédigé peu de temps après cette date. L’auteur lui-même termine