‹ Essais sur la connaissanceChapitre 9 sur 22 · Logique, t. II, p · texte numérisé non relu

Logique, t. II, p

l'identification ' , et on verra combien il y a de points de contact entre l'empirisme et le criticisme. C'est chez les uns et chez les autres par le même coup de magie, totalement extérieur à la conscience, que s'opère l'identification généralisatrice ; seulement, c'est pour les empiristes un résultat passif des associations, tandis que les criticistes y voient de plus un a priori.

Mais, parmi les empiristes, c'est Taine qui paraît jusqu'à présent avoir donné la meilleure et la plus complète théorie de la généralisation. Pour lui-, l'idée générale n'est qu'un mot, mais « un mot significatif et compris », cest-à-dire un mot qui, par le fait seul qu'il est prononcé, évoque des images antérieurement acquises, résidus composites de sensations plus ou moins semblables, et à la fois tendances vers la conception de nouveaux objets. L'idée générale est ainsi passivement formée par l'accumulation des sensations qui laissent après elles un résidu composite, lequel, associé avec une forme verbale, c'est-à-dire encore avec une image, est susceptible de réapparaître et tend à rappeler en même temps les sensations antérieures qui ont pu servir à le former. C'est, à proprement parler, cette tendance évocatrice du mot qui constitue le contenu réel de ce que nous appelons l'idée générale.

Cette doctrine de l'empirisme est sujette à cette objection que l'image, résidu des sensations antérieures, ne saurait être que singulière et dès lors se trouve incapable de nous représenter tous les êtres de même espèce. Le concept empiriquement formé ne saurait

1. Le& sens et l'intelligence, II« partie, c. 2, trad. fr., en particulier p. 391, 39t, 40.'î.

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