c'est aussi ce que pense M. Hamelin
2. Cf. Critique de la raison pure. Dialectique transcendantale. sect. I et n, trad. Tissot, t. n, p. 23-25,
GENERALISATION ET INDUCTION. 43
lions, la loi de relation domine l'intelligence ; mais pour poser des relations, il faut distinguer des éléments qui puissent être en relation ; on ne peut donc penser sans distinguer des éléments dans la représentation. Quand cette distinction porte sur des qualités, elle se nomme abstraction. La loi de relation achève son œuvre par Fidcntification; car, pour rapporter l'un à l'autre plusieurs concepts, il faut qu'ils s'identifient par quelque élément représentatif commun; mais identifier plusieurs sujets par leurs qualités communes, c'est précisément ce qui s'appelle généraliser. L'idée abstraite et finalement l'idée générale sont donc le produit d'un discours de l'esprit opérant selon des lois nécessaires sur les données primitives de la représentation * .
Cette théorie de la généralisation est assez sommaire. La sensation singulière se transforme en idée générale parce qu'il y a dans l'esprit une loi a priori de transformation, c'est tout ce que nous dit la critique. Ici comme chez les scolastiques, c'est par une assimilation que la généralisation s'opère ; seulement, tandis que les scolastiques disent que c'est l'objet qui s'assimile l'intellect tout en s'accommodant à ses lois, les criticistes, ainsi qu'il convient à leurs préoccupations subjectives, soutiennent que c'est l'esprit qui s'assimile les données de la sensation, ou que ce sont les représentations qui, d'elles-mêmes et en vertu d'une loi qui leur est propre, s'assimilent les unes aux autres.
Les empiristes ne parlent pas un langage très différent. Qu'on lise en effet tout ce que Bain a écrit sur