‹ Essais sur la méthode et le milieu de LewensteinChapitre 6 sur 18 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

De obbrons auteurs ont cherché à mettre en évidence le bacille de Koch dans les éléments normaux ou pathologiques de l'organisme.

Dans le sang, la mise en évidence du bacille tuberculeux, a donné lieu à de nombreux travaux, et l’exis- .tence d’une bacillémie tuberculeuse à été Gene san recherchée par des méthodes diverses.

Bien que la découverte de Koch remonte à 1882, il faut considérer que la bacillémie tuberculeuse fut pratiquement mise en évidence en 1866 par Villemin qui tuberculisa l'animal en lui inoculant du sang de tuberculeux. Læœwenstein s’est intéressé à la question de la bacillémie tuberculeuse. Déjà en 1905 il arrivait à la conclusion suivante : (Il se produit fréquemment, au cours de l’évolution naturelle de la tuberculose, une pénétration des bacilles dans le torrent circulatoire, sans qu'il s’ensuive nécessairement une tuberculose miliaire ». Il a réussi à montrer l’extrême fréquence de cette bacillémie au cours de ces dernières années en mettant au point un milieu favorable à la culture du bacille de Koch, et une méthode permettant de déceler sa présence dans le sang. Le résultat des hémocultures

qu’il a pratiquées a complètement renouvelé le problème de la bacillémie tuberculeuse. Les résultats obtenus sont en eflet dans une proportion très supérieure à ceux fournis par l’inoculation ou l'examen direct, mais non seulement Læwenstein trouve le bacille de Koch dans le sang des malades atteints de tuberculose aiguë ou chronique, il ie trouve encore dans certaines affections où il était généralement admis que le bacille reste localisé, comme dans les tubérculoses cutanées ou oculaires. Bien plus, par sa méthode, Læœwenstein arrive à déceler le bacille de Koch et ceci avec une fréquence extraordinaire dans des affections où la tuberculose ne semblait pas être en cause : démence précoce, affections oculaires, chorée, et surtout le rhumatisme articulaire aigu : la maladie de Bouillaud.

Ces résultats ont soulevé de nombreuses critiques et donné lieu à des travaux multiples. Certains auteurs confirment les résultats de Lœwenstein, d’autres n’obtiennent rien ; quelques-uns n’ont que des résultats partiellement positifs. Me

L'existence de la bacillémie tuberculeuse au cours d’affections diverses est à l’origine de différents problèmes à résoudre, et s’il faut considérer la technique de Lœwenstein comme exacte, quelle importance fautil donner aux résultats obtenus. |

Nous avons pratiqué dans le service de notre maître le Docteur Grenet, à l’hôpital Bretonneau, un certain nombred'ensemencements dans des cas assez différents. Nous avons fait des hémocultures à tous les rhumati- . Sants ; nous avons également prélevé du sang à des

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malades présentant des affections tuberculeuses évidentes: granulie ou méningite tuberculeuse, mais nous devons dire que tout en suivant une technique aussi rigoureuse que possible et qui nous a été indiquée par Lœwenstein, les résultats que nous avons obtenus sont loin d’être aussi démonstratifs que ceux donnés par ce savant.

Nous avons également pratiqué des ensemencements de liquide eéphalo-rachidien, et dans les cas de méningite tuberculeuse qui ont été ensemencés on a pu mettre en évidence le bacille de Koch dans des délais relativement courts, montrant ainsi quelemilieu de Lœwensest excellent pour la culture du bacille tuberculeux.

Des différents procédés employés pour mettre en évidence la bacillémie tuberculeuse, l’inoculation au cobaye est le plus ancien.

Bien avant la découverte de Koch, Villemin en 1866 tuberculisa l'animal. Mais l’inoculation au cobaye ofire quelques difficultés. Elle exige au moins 10 cc. de sang, quantité qui est toxique pour l’animal; d'autre part si les cobayes sont extrêmement sensibles, ils présentent néanmoins des différences de sensibilité suivant leur âge et leur résistance physique. C’est également une méthode longue, la bacillémie étant généralement discrète ; les microbes peuvent avoir aussi perdu de leur virulence, et il est nécessaire d'attendre quelquefois plusieurs mois avant de sacrifier l'animal.

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-Cette méthode ne donne qu'un faible pourcentage de - résultats positifs : 10 % pour Nobécourt et Darré, 25 % pour Thiers, 30 % pour Turquety. La constata- “tion chez le cobaye de tuberculoses discrètes, localisées, ganglionnaires et parfois non caséeuses a permis un accroissement des résultats positifs mais le risque persiste toujours de méconnaître une bacillémie atténuée.

L'examen microscopique direct du sang semblerait être une méthode plus précise ; mais les difficultés ren- ‘contrées dans son application ‘et la multiplicité des techniques employées le prouve, font naître des causes ‘d'erreur aussi nombreuses que variées. Les résultats étaient variables et contradictoires.Les Allemands etles

Américains trouvèrent du bacille de Koch dans le sang .

de tous les tubereuleux et même dans celui d'individus sains. Des travaux sérieux et intéressants furent entrepris en France : Sur les 58 cas étudiés par L. Bernard, Debré et Baron en 1914 ; ces auteurs n’obtinrent que T'résultats positifs et ils pouvaient conclure ue la bacillémie tuberculeuse est rare.

Nous savons d’ailleurs que cette bacillémie est bien souvent discrète ; et ilfaut pour qu’un bacille soit vi- Sible par examen direct une forte bacillémie. Caussimon a recherché expérimentalement le bacille de Koch dans le sang et a fixé la quantité de bacilles qui doivent se trouver dans ce sang pour obtenir un résultat positif. IL a procédé à des dilutions de bacilles de Koch dans du sang de lapin à des taux de plus en plus faibles. Pour effectuer ces dilutions il s’est servi d'échantillons périmés de B. C.G.

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