‹ Essais sur la méthode et le milieu de LewensteinChapitre 9 sur 18 · RECHERCHE DU BACILLE DE KOCH PAR CULTURE SUR MILIEU DE LŒWENSTEIN · texte numérisé non relu

RECHERCHE DU BACILLE DE KOCH PAR CULTURE SUR MILIEU DE LŒWENSTEIN

Pour pratiquer des ensemencements selon la mé-

thode de Læwenstein on se sert d’un milieu spécial composé par ce savant et dans lequel entrent les éléments suivants : œufs, phosphate monopotassique, citrate de

soude, sulfate de magnésium, asparagine, fécule de

pomme de terre, rouge congo ou vert malachite. Ce milieu permet d'obtenir rapidement des cultures pures de bacilies qui peuvent se trouver dans le sang ou les différents produits pathologiques des malades.

Pour l’ensemencement des crachats on se base sur le fait démontré par Læœwenstein en 1924 que les bacilles tuberculeux résistent à l’action de l'acide sulfurique à 15 © dans certaines conditions, alors que les autres microbes (staphylocoques, streptocoques, etc.) sont détruits dans les mêmes conditions. On opère sur 2 à 3 cc. de crachats auxquels on ajoute environ 10 ce. d’une solution d'acide sulfurique à 15 %. Après contact pendant une demi-heure on neutralise et on centrifuge. On ensemence le culot de centrifugation. Saenz et Costil

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ont amélioré la technique et supprimé la centrifugation. Les crachats lavés à l’eau physiologique et dissociés au mortier avec du sable stérile sont également mis en contact avec de l'acide sulfurique à 15 % pendant une demi-heure, puis neutralisés par la soude. L'ensemencement se fait à raison de 1 ec. par tube. Ces auteurs ont obtenu des microcolonies de bacilles de Koch dans des délais variant de 7 à 14 jours.

La recherche des bacilles dans le pus s'effectue de la même façon. Hauduroy obtient en 10 jours une culture pure de bacilles de Koch alors que l'inoculation au cobaye ne lui fournit un résultat qu’au bout de 6 semaines. Nanu, Jonnesco et Stefanesco signalent les avantages que l’on. peut tirer de l'emploi du milieu de Lœwenstein dans un liquide pleural purulent et une arthrite purulente du poignet. Ils ont un résulat positif au bout de 9 et 10 jours.

L'ensemencement des urines a été pratiqué par Saenz : le culot de centrifugation de 50 cc. d’urines est broyé dans un mortier avec du sable stérile et traité par une solution d'acide sulfurique à 12 % pendant 45 à 30 minutes si l'infection paraît intense, ou par la soude à 4 % pendant un temps variable : une demiheure à 4 heures si la flore microbienne semble peu abondante. La neutralisation s'opère avec une solution de soude ou d’acide jusqu’à l'obtention d’un pH à 7,2. Sur 57 échantillons d’urines examinés par Saenzet provenant de malades suspects de tuberculose rénale; 30 ont donné un résultat positif. Sur ces 30 cas on avait trouvé 20 fois le bacille de Koch à l'examen direct;

dans les 10 autres cas l'examen direct était resté négatif. Les résultats étaient connus au bout de 8 jours alors que les cobayes inoculés ne présentaient encore aucune lésion et ne réagissaient pas à latuberculine.

Pour les ensemencements de liquide céphalo-rachidien, la technique est fort simple lorsqu'on à un liquide limpide. Il suffit de centrifuger et d’ensemencer directement le culot de centrifugation au moyen d’unè pipelte assez mince. Læwenstein a pu ensemencer des liquides céphalo-rachidiens de chorée et il constata la présence de bacilles de Koch : sur 4 cas ensemencés ila 4 résultats positifs. Nous avons nous-même procédé à l’ensemencement de quelques liquides céphalorachidiens notamment au cours de, méningite tuberculeuse : nous reviendrons sur Îles résultats obtenus, au cours de ce travail.

La recherche du Bacille de Koch dans le sang a été tentée par de nombreux auteurs. Les résultats obtenus sont très variables. Nous avons fait 82 hémocultures selon la méthode de Læœvwenstein en tenant compte aussi scrupuleusement que possible des indications que ie savant viennois nous a fournies gracieusement pour l'application de sa méthode.

Au moyen d'une seringue stérile contenant 3cc. d’une solution de citrate de soude à 10 °/, également stérile, on procède avec la plus grande aseptie au prélèvement de {0 ce. desang par ponction veineuse d’une des veines du pli du coude. Le sang ainsi prélevé est versé dans un tube à céntrifugation et mis en contact avec 10 ce. d’une solution stérile d'acide acétique à 5 °/, pour hémolyser,

ah Lis ; Ÿ Au contact de l'acide acétique le mélange prend une

teinte brune presque noire. Par centrilugatioa on obtient un culot qui est de la même teinte. On décante, on lave à l’eau distillée aussi parfaitement qu'il est possible et on centrifuge à nouveau. On décante ; on relave le culot et on procède à une nouvelle centrifugation. Toutes ces opérations sont faites stérilement. Deux lavages suffisent ordinairement et le culot grisâtre ainsi obtenu indique que l’hémoglobine a disparu. Il reste alors un culot épais de 1cc. à 1 cc. 1/2 que l’on doit ensemencer au moyen d'une pipette assez large afin de l’étaler facilement sur le milieu. On eñsemence ainsi 4 tubes qui sont fermés, paraffinés et mis horizontalement à l’étuve. Au bout de 10 jours on râcle la surface du milieu du premier tube ; on étale sur lame et on colore au Ziehl. On procède de la même façon pour les trois autres tubes au bout de 20, 30 et 40 jours.

Le pourcentage des résultats positifs que nous avons obtenu et sur lesquels nous reviendrons : 8 sur 82 ensemencements est du même ordre de grandeur que ceux publiés par un certain nombre d'auteurs et sont loin d'itre aussi démonstratifs que ceux de Læwenstein. | A quoi faut-il attribuer cette pauvreté dés résultats positifs ?

La technique est délicate et minutieuse. Il &st nécessaire d'employer au moins 10 cc. de sang. Domingorecommande de pratiquer le laquage et la première centrifugation en évitant de perdre la plus petite partie du sédiment; d'effectuer la dernière centrifugation à

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’ grande vitesse pour réduire le culot au minimum ; d’ensemencer dans des tubes de milieu fraîchement préparé et d'éviter la plus faible dessication des tubes ensemencés. Philibert signale également un certain nombre de difficultés à surmonter : l'élimination de l'hémoglobine ; l'obtention d’un culotgrisàtre et non noirâtre ; l’action de la lumière pendant les manipulations. De plus il pense que la décantation du. sérum pourrait éliminer un certain nombre de germes.

Si les bacillémies que nous recherchons sont discrètes et c’est l’opinion de beaucoup d'auteurs, nous voyons que les chances de succès sont minimes.

Il se peut aussi que le bacille que l’on veut cultiver ait perdu de sa vitalité et que ceux que l’on trouve dans le sang soient des bacilles.affaiblis et de culture difficile. Courmont montre la facilité avec laquelle on obtient des cultures avec du sang provenant de cadavres tuberculeux et les difficultés d'obtenir des cultures avec du sang d'homme tuberculeux. Il attribue ce fait à ce que la défense organique chez le tuberculeux à la période ultime de la maladie et chez le cadavre n'existe plus alors qu’elle est très active au cours de l’évolution de la maladie. Il fait jouer un rôle important au pouvoir bactéricide du sang ;le sérum de tubercu-

leux humain empêchant la végétation du bacille de

Koch.

Pour Lœwenstein ce qui empècherait le développement du bacille tuberculeux, c’est la- présence d’hémoglobine. Les opérations préliminaires à l’ensemencement du culot de centrifugation ont pour but l’élimina-

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