FALCO
V o ici un bromme qui a dn génie , et qui à toutes sortes de qualités compatibles et incompatibles avec le génie, quoique ces dernières se soient pourtant rencontrées dans François de Vérulam et dans Pierre Corneille. C'est qu'il a de la finesse, du goût, de l'esprit, de la délicatesse, de îa gentilfesse et de îa grâce fout-plein : c'est qu'il est rustre et poli, affable et brusque, tendre et dur : c'est qu'il pétrit la terre et le marbre, et qu'il lit et médite : c'est qu'il est doux et caustique, sérieux et plaisant : c'est qu'il est philosophe , qu'il ne croit rien et qu'il sait bien pourquoi : c'est qu'il est bon père, et que son fils s'est sauvé de chez lui : c'est qu'il aimoit sa maîtresse à îa folie, et qu'il l'a fait mourir de douleur; qu'il en est de- Venu triste , sombre , mélancolique ; qu'il en a pensé mourir de regret ; qu'il y a longtemps qu'il l'a perdue et qu'il n'en est pas consolé. Ajoutez à cela, qu'il n'y a point
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( 35? ) d'homme plus jaloux du suffrage de ses contemporains et plus indifférent sur celui de la postérité. Il porte cette philosophie à un point, qui ne se conçoit pas , et cent fois il ni'a dit qu'il ne donneroit pas un écu pour assurer une durée éternelle à la plus belle de ses statues.
Pi gai , le hou Pigal , qu'on appeloit à Rome le mulet de la sculpture , à force de faire , a su hure la nature , et la faire vraie , chaude et rigoureuse j mais il n'a et n'aura, ni lui ni son compère l'abbé Gougenot , l'idéal de Falconet , et Falconet a déjà le faire de Figal. Il est bien sûr que vous ne tirerez de Figal, ni le Pygmalion , ni K' Alexandre , ni V Amitié de Falconet , et il n'est pas décidé que celui-ci ne refît le Mercure et le Citoyen de Figal. Au demeurant, ce sont deux grands hommes, et qui , dans quinze ou vingt siècles, lorsqu'on retirera des ruines de la grande vide quelques pieds ou quelques têtes de leur statues , prouveront que nous n'étions pas des enfaus , du moins en sculpture. Quand Figal vit le Pygmalion 'de Falconet, il dit : je voudrois bien l'avoir fait. Quand Je monument de Rhein\p fut exposé au Roule ?
( 3&o ) Falconci ', qui n'aime pas Viqal , lui|.di£, après avoir vu et" bien va son ouvrage : <( Monsieur Pigql, je rie vous aime pas « et je crois que vous me le rendez bien; îs j'ai vu votre Cllo) en. Je pense qu'on peut 53 faire aussi beau , puisque vous 1 avez fait; 33 mais je ne crois pas que l'art puisse aller 53 une ligue au-delà. Cela n'empêche pas »5 que nous ne demeurions connue nous 35 sommes. »
Là figure de femme assise, destinée pour un bosqnei de plantes à fleurs d'hiver, est de l'aveu de tous; grands, petits, savans, iguoraris , eonnoissèurs , non-corinoisseurs , un chef-d'œuvre de beau caractère, de belle position et de belle draperie. Celte draperie est une seule et unique pièce d'étoffe qui s'en va prendre les bras , les jambes , le corps, les épaules , le dos, toute la ligure; la dessinant, la mordant, ta montrant devant, de côté, derrière, d'une manière aussi claire et peut-être plus piquante que si elle étoit toute nue. Ccfre draperie n'est pas épaisse ; ce n'est pas non plus un voile léger : elle est d'un corps mitoyen qui se concilie à
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merveille aTec îa légèreté et la fonction de ]a figure. Son visage est beau ; on y voit un intérêt tendre et doux pour les fleurs qu'elle protège , et qu'elle cherche à dérober aux menaces du froid en étendant sur elles un pan de son vêtement. Elle est un peu penchée, et il est impossible d'imaginer son action faite avec plus de vérité et de grâce. Je relis ma description et je îa trouve calquée sur îa figure. Ceux qui cherchent noise à tout lui trouvent le menton un peu trop saillant.
Modèle de quatre pieds six pouces de haut.
C'est ce fongueux évêque qui osa fermer les portes de l'église à Théodose , et à qui un certain souverain de par le inonde, qui dans la guerre passée avoit une si bonne envie de faire un tour dans la rue des prêtres , et une cerlaine souveraine , qui vient de débarrasser son clergé de toute cette richesse inutile qui l'einpêcîioit d'être respec-
table , auroient fait couper la barbe et les oreilles en lui disant : « apprenez, mon- ?» sieur l'abbé, que le temple de votre Dieu 91 est sur mon domaine, et que si monpréw décesseur vous a accordé par grâce les «î trois arpens de terrain qu'il occupe, je s? puis les reprendre et vous envoyer porter n vos autels et votre fanatisme ailleurs. Ce •> lieu-ci est la maison du père commun t* des hommes, bons ou médians , et je 55 veux entrer quand il me plaira. Je ne 5î m'accuse point à vous; quand je daigneas rois vous consulter, vous n'en savez pas » assez pour me conseiller sur ma conduite, 55 et de quel front vous immiscez-vous d'en 5» juger? îî Mais le plat empereur ne parla pas ainsi, et Tévêque savoit bien à qui il avoit à faire. Le statuaire nous Ta montré dans le moment de son insolente apostrophe. Il a le bras étendu, le front de la réprimande et de la sévérité ; il parle : la tête est d'humeur, mais je la crois un peu petite. La draperie, grande, large, bien traitée, pittoresquement relevée par-devant , dessinant à merveille le bras gauche qu'elle couvre, et sous lequel j'imagine que l'évêque tient son bréviaire ou ses homélies ;
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si le volume en paroît énorme , c'est la faute du costume et non de l'artiste. Je pense bien qu'il se seroit plu davantage à nous montrer un prophète juif ou quelque prêtre idolâtre , dont un bout du vêtement seroit venu se répandre sur la tête , après avoir parcouru et moulé tout le corps. Au reste , on peut tirer parti de tout , et Falconet l'a prouvé par son Saint-A.mbroise qui n'est pas occupé , comme on a coutume de nous montrer ses pareils , à ramener sa cliappe sous son bras, et à nous rappeler le geste familier de Pantalon.
Alexandre cédant Campaspe 5
l'une de ses Concubines >
Au Peintre Apelle,
Bas-relief en marbre, de deux pieds six pouces de haut sur deux pieds de large.
Il faut que je décrive ce bas-relief, parce qu'il est beau, et que, sans l'avoir bien présent, il seroit difficile d'entendre mes ©bservations.
A droite, le peintre a quitté son cheVaîefc,
sur lequel on volt l'ébauche de Campaspe. 11 a lïïi genou en terre; it est surpris et pénétré de la faveur du .souverain". CeHe figure de ronde bosse correspond au chevalet qui est de bas-relief.
A gauche , Mlexajiâre esta côté de Campaspe , sur le fond, debout, un peu avancé vers nivelle. Il pavoît offrir au peintre ce beau modèie : i! fient de la main gauche sa concubine par le poignet; son autre bras est posé sur les épaules de Çanipàspë. C'est Faction d'un homme qui la cède à celui oui Fa désirée.
Cultivasse esc assise sur un siése couvert de quelque draperie ; elle a les yeux baissés : elle a derrière elle un coussin. Cette figure est de ronde bosse, et elle correspond en partie kV^lexandre qui est en bas^xelief, et à deux soldats- placés derrière e!ïé, qui sont aussi de bas-relief.
UjdpeUe de celle composition paroîtétre une réminiscence du Pygjnalion d'il y a deux ans. Le trait qu'il a tracé sur sa toile devroit être léger comme un lil d'araignée, et il est grossier.
\i\Alexandre est de toute beauté. La 'bonté et la noblesse sont peintes sur som
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visage ; mais c'est la bonté qui domine , peutêtre même un peu trop. Du reste?, on 11e pensera jamais une action plus vraie, une position plus «impie et* une draperie plus noble; ce large manteau jette sur ses épaules fait à ravir.
Il est, d'un homme d'esprit d'avoir faiè baisser les jeux à Campaspe. Gaie, elle aurait blessé la vanité & Alexandre , qu'elle anroit quitté sans regret; triste, elle auroit mortifié slpelle. Mais ily a tant d'innocence et de simplicité danj le caractère de sa tête, que , si vous placez un voile au-dessus de sa gorge, et que, ce voile tombant jusqu'au bout de ses pieds , tous ses appas nuds vous soient dérobés, de manière que vous n'apperceviez plus que la tête, vous prendrez cette Campaspe pour une filîe bien élevée qui ignore ce que. c'est qu'un homme , et qui se résigne à la volonté de son père qui Jni donne l'artiste que voila pour époux. Ce caractère de fête est faux ; c'est encore une réminiscence, mais bien déplacée, dé la statue de Pjgiri.aUon. Fàlconet , mon ami, vous avez oublié l'état de celte femme; vous n'avez pas ; ■■■■••.'• que c'est une concubine, qu'elle a couché avec Alexandre 3 et qu'elle
9. connu le plaisir avec lui et peut-être avee d'autres avant lui. Si tous eussiez donné tles' traits un peu plus larges à votre Campaspe, ç'auroit été une femme, et tout eut été bien.
Mais dites-moi, je vous prie , que font derrière elle ces deux vieux légionnaires ? Est-ce qvfsilexa&dre , qui n'ignoroit pas apparemment que sa concubine seroit exposée toute nue aux regards d'un peintre , s'est fait accompagner chez elle? Vous n'y pensez pas. Allons , mon ami , chassez-moi ces deux soldats, déplacés à tous égards; je vous proteste qu'ils n'y étoient pas , et que la scène s'est passée entre trois personnes , Alexandre , Apelle et Campaspe . ... Et la loi du bas-relief, me direz-vous?. . . Et la loi du sens-commun, vous répondrai-je?. . Et sur quoi sera projettée ma Campaspe , qui est de ronde bosse?. . . Eh bien! mon ami, sur deux femmes que vous mettrez à la place de ces deux tristes macédoniens. Ce.s deux femmes, suivantes de Campaspe } seront plus décentes et plus intéressantes; d'ailleurs, elles étoient dans l'appartement de Campaspe , avant l'arrivée à? Alexandre : car je ne me persuaderai jamais qu'une femme seule s'ex
pose toute une au* regards d'un artiste. El voyez le joli caractère que vous donnerez à ces suivantes ; elles se sont retirées à L'écart * n'est-il pas vrai , quand le souverain a paru : témoins de sa générosité, comment pensez-vous qu'elles en seront affectées ? C'est un groupe de bas-relief charmant à faire. Votre jdpelle est un peu grossièrement:
vêtu ; un peintre n'est pas un ouvrier connu© i«n statuaire. Il est maigre , cela me convient : ceux en qui brûle le tison de Pro* tnèthéâ en sont consumés. Mais pourquoi m'avoir moutonné sa tête? Le génie est, ce me semble, autrement peigné que cela. Et cette Campaspc , qui savoit dès la veille qu'on de voit la peindre , auroit bien dû penser de son côté à faire une autre toilette de tête; sa coiffure est aussi par trop négligée. Pour ces chairs-là, elles sont belles assurément; mais ce n'est pourtant pas encore la mollesse delà statue de Pygmalion, et lorsque Vien disoit que , pour le coup , Falconsû avoïÊ prouvé que la sculpture l'emportoit sur ia peinture (i), il n'avoit pas tout-à-fait tort.
(i) Mot Ires-fin, pour exprimer que le groupe de Pygmalion , exposé au salon précédent et qui est ua
Falcojzet a établi , sur le bas-relief, une règle qui me paroît sensée, mais qui met de dures entraves à l'artiste. Il dit : le fond du marbre , c'est le ciel; donc il ne doit jamais porter d'ombre. Mais comment ne pas projetter l'ombre des figures sur un ciel qui touche immédiatement aux figures ? Comment? Le voici. Si vous introduisez dans votre composition une figure qui soit de
sujet de sculpture , étoit très-supérieur au bas-relief ïïApelle et dâ Campaspe , qui est un. sujet de peinture. Ce groupe de Pygrhalion étoit certainement une jolie chose ; cependant la figure du statuaire étoit , à mon sens, assez commune, et celle de la statue charmante, mais maniérée: Il y a d'ailleurs dans ce sujet je ne sais quoi de faux , au moins lorsqu'il s'agit de le traiter en marbre. Comment exprimer que la statue se change en figure humaine ? En donnant à sa tête la vie et la pensée, et à tout son corps le sentiment de la chair , n'est-il pas vrai ? Mais une belle statue a tout cela 5 quoiqu'elle reste de marbre* et si celle de Pygrn alion n'avoit pas eu ce caractère divin de pensée et de vie , ce statuaire n'en seroit pas devenu amoureux f ju. Le miracle qui combla l'artiste de joie et de surprise, consistent donc dans la métamorphose de ces beaux muscles de p. erre en muscles de chair véritable . Or, comment exprimer cette métamorphose en marbre et par le ciseau ?
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ronde-bosse, plactz immédiatement derrière -elle un objet qui reçoive son ombre (1). Et l'ombre de cet objet que deviendia-t-elle? Rien. Il n'aura point d'ombre , si vous îe faites de bas-relief; alors il sera sur votre marbre, comme les objets qui sont éloignés et qui semblent tenir au ciel. On ne cherche pas l'ombre d'un corps qu'on voit dans réloignemcnt , ou dont on ne voit que la moitié. — Mais Falconet se conforme-t-ibà sa loi ? ■ — Très-scrupuleusement. — Et quel avantage prétend-il en tirer? — Celui de réduire le bas-relief à la vérité du tableau, et d'en lier toutes les parties. Voilà ce qui lui a fait introduire ses deux soldats dans le bas-relief dont il s'agit ici : il lui fàlloit, sur le derrière , des objets qui reçussent l'ombre de Campaspe } qu'il a faite de rondebosse ; mais deux suivantes auroient également rempli ce but, et auroient été mieux imaginées.
(1) C'est aux grands artistes et aux véritables connaisseurs à prononcer sur les avantages et les înconvériiens de cette pratique. Il ne m'est pas non plus démontré que dans un sujet de bas-relief il faille mettra des figures de ronde bosse , ou 3 si vous voulez 3 qu'il (aille les y souffrir.
Là BOUGE MÉLANCOtlE,
figure de marbre ^environ trois piedâ de hauteur.
La clonce mélancolie, c'est une figuré mal nommée; c'est la mélancolie. Imaginez une jeune fille debout, le coude appnyé sur une colonne, et tenant dans sa main une colombe; elle la regarde. Comme elle Va regarde'! Comme une pauvre récluse regarderai t , au travers des barreaux de sa cellule, deux amans tendres et passionnés. Sou bras droit pend bien , et bien négligemment; seulement il est un peu rond. On accuse ©ussi la draperie de manquer de légèreté par en-bas, vers les jambes : à la bonne heure ! mais on n'y reeonnoît pas moins Thomme qui possède les physionomies des passions les plus difficiles à rendre.
Figure de marbre d'environ trois pieds cLe hauteur.
Contenez , ni on ami , que si on avoif fexhumé ce morceau on en feroit le désespoir des modernes. C'est une figure debout qui tient un cœur entre ses deux mains ; c'est 3e sien qu'elle tremble d'offrir : c'est un morceau plein d'ame et de sentiment ; on se sent toucher, attendrir, en le regardant. Ce visage invite, de la manière la plus énergique, la plus douce et la plus modeste, à accepter son présent. Elle seroit si fâchée, s'il étoit réfusé! La tête est d'un caractère tout-à-fait rare. Je ne me trompe pas: il y a dans cette tête je ne sais quoi d'enthou- •iastiqua et de sacré qu'on n'a point encore connu; c'est la sensibilité,- la candeur, l'innocence, la timidité, la circonspection fon-' dues ensemble. Cette borche entrouverte , ces bras tendus, ce corps un peu penché sont d'une expression indicible. Le coeir lui bat; elle craint, elle espère. Que cçîa est
( 37* ) beau et neuf! Je jure que la fiîle de Greuzâ qui pleure son serin , est à cent lieues de ce pathétique. Et c'est un faqui libraire
qui s'est procuré la terre cuite! est ce que cela fait dans la boutique d'm ■?
Les bras et les mains sont on • modelés. La tête est singu EFée;
c'est -à cette coiffure, qui "S de
ceux qui servent dans les temples , que la figure doit en partie son caractère sacré. On trouve l'idée du cœur petite, symbolique et mesquine. Je trouve , moi , qu'il ne lui manque que l'antiquité de la mythologie et la sanction du paganisme ; accordez-lui ce sceau, et vous n'aurez plus rien à dire. On trouve les jambes un peu lourdes ; je sais ce que c'est : le statuaire ayant fait le haut de sa statue tant soit peu long, s'est trouvé dans la nécessité , ou de passer par-dessus les règlesdes proportions, en faisandes jambes grêles , ou de faire le bas de sa figure tanê soit peu court. Il a pris ce dernier parti.
Je viens de juger Falconet au poids du sanctuaire, avec la dernière sévérité. A présent, j'ajouterai qu'avec les défauts du pins foibîe de ses morceaux , il v?y a pas un artiste à l'académie qui ne fut vain du l'avoir fait.
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Vj ET, artiste n'est pas brillant cette foisci. Son portrait de Passerai , assez bien modelé. Je fais peu de cas de sa tête d' * enfant. Et sa Comédie ? Drapée maigre , d'après un petit mannequin arrangé avec des épingles, sans grâce; du reste , gaie, spirituelle , d'un rire faux qu'il falloit fin.
JLje buste du maréchal de Clermont- Tonnerre. Je me souviens d'un autre portrait de ce maréchal, peint par Aved; ne vous le rappellez-vous pas ? Il étoit placé au-dessus de l'escalier. Le général y étoit en buffle , debout, près de sa tente , l'air noble et fier. Pajou, lui, l'a fait innocent et bête.
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( 374 > Ce M. de la Live , qui est à cAté t est froid fcî plat comme lui. Vous prendrez cela comme il vous plaira , cela ue peut manquer d'être frai. ..Mais, dites-vous , est-ce que sa tête jfie Vôusparoît pas ressemblante ?-— Elle est sans finesse. — Mais , tant mieux ! — Oui t mais , j'entends sans finesse de ciseau.
Le Modèle de Saint- Franc ois de Sales est lourd et maussade. Par l'esquisse , jugez de ce que cela deviendra à l'exécution ; car, je vous le répète , mon ami ,1e marbre n'est jamais qu'une copie. L'artiste jette son feu sur la terre; puis, quand il en est à la pierre, l'ennui et le froid le gagnent. Ce froid et cet ennui s'attachent au ciseau et pénètrent le marbra , à moins que le statuaire n'ait une chaleur inextinguible, comme le vieuxpoet^ l'a dit de ses dieux.
ZjC Bénitier ^ pauvre de forme, et les \enfans qui le soutiennent, ni touchés , m groupés.
ha Bacchante qui tient le petit Bacchus* Misérable! misérable ! La femme et l'enfant mal groupés. Avec cela , le moins mauvais de tous»
Le Tombeau, dessin-esquisse, Monsieur ^Pajou , mettez-y donc l'air sépulcral e£
( 37S ) lugubre, si vous voulez que j'en dise dti bien»
La Leçon mtatomique , autre dessin. Gela une leçon anatomiqne ;t un banquet
romain. Otez ce cadavre; mettez à sa place un grand turbot: , et ce sera une estampe toute prèle pour la première édition d© Juvenal.
J\ b o wri n A e l E , exécrable Axlam f Je ïï£ parle pas du plus ancien des sots" maris ; mais d'un sculpteur de son nom qui nous donne ira des Pères du désert qui prie sur le bout d'une roche y pour Polipnéme: je ne sais quelle petite bête légère et frisée pour unt des moutons à longue laine ducyclope , et un sac de noix pour un Ulysse*
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