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LES GRAVEURS

1 vous pensez , mon ami, que parmi cette multitude innombrable d'hommes qui tracent des caractères alphabétiques sur le papier, il n'y en a pas un qui n'ait sa manière d'écrire assez différente d'une autre , pour qu'un expert qui sait son métier , n'en puisse attester par serment, et former la sentence du juge (1), vous ne serez pas surpris qui! n'y

(1) Vous prenez mal votre temps, mon cher philosophe, pour me faire croire à la science des écriva«Mh

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(386) ait pas lm graveur qui n'ait un burin et nn faire qui lui soient propres. Et vous ne le

experts et à l'infaillibilité de leurs décisions. L'année passée , je vous aurois peut-être accorde tout ce que vous vous m'auriez dit la-dessus , et j'aurois fait comme ces sauvages , qui , quand, ils ont une fois pris leur missionnaire en affection, il se font volontiers chrétiens pour lui fane plaisir. Ils trouvent que cela est si indifférent qu'il faudroit avoir l'humeur peu obligeante pour résister à ses prières. Mais en cette année 1766, il m'est impossible de vous rien accorder sur cette prétendue science des écrivains-experts. J'ai eu occasion de réfléchir sur la méthode de ces gens~là , et d'examiner ia solidité de leurs prétentions d'après les principes d'un de leurs membres, appelle Vallain-^ et je vous jure que j'aimerors mieux mourir que d'asseoir, en qualité de juge , la moindre décision en conséquence d'une science aussi arbitraire et aussi conjecturale. Comptez que la jurisprudence d'un peuple est bien barbare , lorsqu'elle s^étaie de telles autorités. Cela n'empêche pas que Mariette ne puisse reconnoître le burin de tous les graveurs de Paris , et même de l'Europe. Il y en a peut-être cinq cents dans toute l'Europe 3 mettez-en mille , vingt mille si voulez : quelle comparaison avec tous ces milliards d'hommes qui savent tracer des caractères alphabétiques ? Leur multitude innombrable rend les combinaisons infinies , et tout homme qui assure que deux écritures ne peuvent être parfaitement semblables , me paroit un fou bien téméraire 5 et si son assertion peut s'attirer la moindre croyance , il me paroit

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Serez pas davantage que Mariette reconnoîsse tous ces burins et faires particuliers , lors* que vous saurez que Jaquemin , Lem»

pereur , ou tel autre joaillier du Quai dej Orfèvres a si bien dans sa tête toutes les pierres de quelqu'importance qu'il a vues dans le commerce , qu'on chercherait vainement à les déguiser à son œil expérimenté , en les faisant repasser sur la meule du lapidaire.

Il y auroit un moyen de se connoître assez promptement en gravure. Ce seroit de se coin» poser un porte-feuille d'estampes choisies

un fou de la plus dangereuse espèce. Ajoutez à la considératioa du nombre des combinaisons borné par le nombre des graveurs , que communément ils n'ont pul intérêt de déguiser leur manière , et qu'au contraire 3 dans tous les cas où les experts sont consultés , il y a presque toujours eu intérêt de contrefaire ou de déguiser l'écriture dont ils doivent juger , et vous achèverez de Vous convaincre qu'il est impossible de conclure d'un de ces procédés à l'autre. Je vous passeroii plus aisément la comparaison du style d'un auteur avec le burin d'un artiste , et je nommerois bien quatre ou cinq écrivains célèbres, dont je me ferbîs fort de reconno:tre la manière 3 quelque peine qu'.ls prissent pour la dégui- . ser 5 encore serois-jebien fâché d'asseoir sur mon opinioa soie décision judiciaire.

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pour évite étude, çfc ne croyez pois qu'il en fallût beaucoup. Le seul portrait du maréchal de Harcourt , qu'on appelle le cadet à la perle v vous apprendroit comment on traite la plume , la chair , les cheveux , le buffle, la soie ,1a broderie, le linge, le drap, le métal et le bois. Ce morceau est de Masson , et il est d'un burin hardi. Ajoutez-y les Pèlerins d'Emaûs , qu'on appelle la JSappe. Ramassez quelques morceaux capitaux à'Ecleliîik , de Yischer , de Gérard dludran 5 etc ; n'omettez pas sur-tout la Vérité portée par le Temps , de ce dernier. Ayez pour les petits sujets quelques estampes de Calot et de Lahelïe : ce dernier est riche et chaud; et puis , exercez vOs yeux , en attendant que votre porte-feuille soit formé, je vais vous ébaucher les premiers linéamens de Tait.

On grave sur les métaux, sur îe bois, sur la pierre , sur quelques substances animales, sur le verre, en creux et en relief!

Sculpter , c'est dessiner avec l'ébàuchdîr et le ciseau ; graver, c'est dessiner soit avec le burin, soit avec îe lourd. Ciseler, c'est; dessiner avec le mattoir et les ciseicîs. Le dessin est la base d'un grand nombre d'arts.,

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H il est a?sez commun de dessiner facilement avec quelques-uns de ces instiumens, et de s'en acquitter médiocrement avec le crayon. Toutes ces manières de dessiner font le sculpteur , le modeleur , le graveur en taille-douce, le graveur en bois , le graveur en pierre fine, le graveur en médailles, en cachet , et le ciseleur. Il ne s'agit ici que du traducteur du peintre , du graveur en taille-douce.

Le graveur en taille - douce est proprement un prosateur qui se propose de rendre un poète d'une langue dans une autre. La couleur disparoîfc; la vérité , le dessin , la composition, les caractères , l'expression restent. Il est bien singulier et bien fâcheux que les Grecs qui a voient la gravure en pierre fine , n'aient pas songé à la gravure en cuivre (1)»

(1) Je croîs que l'invention de la gravure en cuivre ienoit moins à la gravure en pierre fine qu'à l'invention du papier qui manquoit aux anciens : car , sur quoi auroient-ils déposé l'estampe gravée en cuivre ? L'invention de l'imprimerie entraîna ensuite celle de la gravure en cuivre qui étoit tout contre. C'est cet art de transformer les vieux chiffons de linge en papier, don? l'invention se perd dans l'obscurité des siècles barbares , f[ui a changé la face de l'esprit humaine * mais nous uts

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Ils avoîent des cachets qu'ils ïmprimoicnt se£ îa cire , et il ne leur vint point en pensés d'étendre cette invention. Songez qu'elle nous aurait conservé les chefs-d'œuvres en peinture des grands maîtres de l'antiquité. Deux découvertes qui se touchent dans l'esprit laumain , sont quelquefois séparées par des siècle*.

Les tableaux sont tous destinés à périr. X<e froid, le chaud, Pair et les vers en ont déjà beaucoup détruit. C'est à la gravure â Sauver ce qui peut en être conservé.- Les peintres , s'ils étoient un peu jaloux de leur gloire, ne devroient donc pas perdre de vue le graveur. Raphaël corrigeoit lui-même le trait de Marc- Antoine. .

Un excellent auteur qui tombe entre les mains d'un mauvais traducteur , est perdu, Un auteur médiocre qui a le bonheur de rencontrer un bon traducteur , a tout à gagner. Il en est de même du peintre et du graveur, sur-tout si le premier n'a point de couleur. La gravure tue le peintre qui n'est

jouissons encore que des plus foibles de ses bienfaits : c'est dans huit ou dix siècles qu'il faudra voir ses efïett sur les hommes.

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( 391 ) que coloriste. La traduction (ne l'auteur qui n'a que du style.

En qualité de traducteur d'un peintre , îe graveur doit montrer le talent et le style de son original. On ne grave point EapJiaël comme le Guerchin ; le Guerchin } comme le Domlnlquin • le Dominiquin , comme Ruhens ; ni liuhe.ns , comme Mlchel-^4nge, Lorsque le graveur a été un homme intelligent, au premier aspect de l'estampe la manière du peintre est sentie.

Entre les peintres, l'un demande un burin franc , une touche hardie, un ensemble chaud et libre. Un autre veut être plus fini , plus moelleux , plus suave , plus- fondu de contours , et demande une touche plus indécise. Et ne croyez pas que ces différences soient incompatibles avec la bonne gravure. L'esquisse même a sa manière qui n'est pas celle de l'ébauche.

Si quelques principes réfléchis n'éclairent pas îe graveur, s'il ne sait pas analyser ce qu'il copie, il n'aura jamais qu'une routine qu'il mettra à tout; et pour un?, estampe passable où sa routine s'accordera avec la manière du peintre , il eu fera mille mauvaises.

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Lorsque vous jetterez les yeux sur urtei gravure , et que vous y verrez les mêmes objets traités diversement , vous n'attribuerez donc pas cette variété à un goût arbitraire , bizarre et fantasque. C'est une suite du genre de peinture ; c'est ïa convenance du sujet. C'est qu'un même genre de peinture , un même sujet ont offert des oppositions , des tons de couleur , des effets de lumière , qui ont entraîné des travaux opposés.

Ne pensez pas qu'un graveur rende tout également bien. Baléchou qui sait conserver à ses eaux la transparence des eaux de Verriez ^ fait des montagnes de velours.

N'estimez ni un travail propre , égal et servilement conduit, ni un travail libertin et déréglé. Il n'y a là que de la patience; ici , que de la paresse ou même de l'insuffisance.

Il y a des artistes qui affectent une gravure losange , d'autres une gravure quarrée. Dans la gravure losange, les tailles dominantes qui établissent les formes, les ombres ou les demi-teintes se croisent obliquement ; dans la gravure quarrée , elles se coupent à angles droits. Si l'on place les unes sur les autres des tailles trop losanges , ces figures ,

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( 393 ) trop allongées en un sens, trop étroites dans Pautre , produiront une infinité de petits blancs qui s'enfileront de suite , et. qui interrompront, sur- tout dans les masses d'omhrcs , la tranquillité et le sourd qu'elles demandent.

Les uns gravent serré ; d'autres gravent lâche. La gravure serrée peint mieux et donne delà douceur; la gravure lâche allourdit, ôte la souplesse et fatigue l'œil. Ce sont deux étoffes ; l'une tramée gros , et l'autre tramée fin. La dernière est la précieuse.

C'est par les éntretailles qu'on caractérisé les métaux , les eaux, la soie , les surfaces polies et luisantes. Il y a des tailles en points ; il y a des points semés dans les tailles. Les points empâtent les chairs. Il y a des points ronds et des points couchés qu'on entremêle selon les effets à produire.

Si Ton forme avec une pointe aiguë des traits ou des hachures, sans recourir ni à l'eau-forte, ni au burin, cela s'appelle graver à la pointe sèche. La pointe sèche ouvre le cuivre , sans en rien détacher. On l'emploie dans le fini , aux objets les plus tendres, les plus légers , aux ciels, aux lointains, et son travail contrastant avec celui

de Peau-forte et du burin, est toujours heureux et piquant.

Si dans la gravure à l'eau-forte , cette esclave capricieuse • du graveur a tracé un si! 'on peu profond et qui ait encore le défaut (l'être plus' large que profond , attendez-vous à voir cet endroit gris , relativement au travail du burin. L'eau-forte fait la joie ou le désespoir de l'artiste, dont elle allonge ou abrège l'ouvrage tandis qu'il dort. Si elle a trop mordu , et que la taille soit aussi profonde que large, celte taille prenant autant de noir dans son milieu que sur ses bords, 3e pauvre imprimeur en taille douce aura beau fatiguer son bras et user la peau de sa main à frotter sa planche , le ton sera aigre , noir, dur, sur-tout clans les demi-teintes.

S il arrive aux tailles de prendre trop de largeur' , les espaces ^blancs \ resserrés , se confondront. Tout le travail du burin n'empêchera ni l'âcreté, ni les crevasses. Que l'artiste tienne ses lumières larges , il sera toujours maître de les restreindre.

Si vous attachez vos jeux sur une gravure faiïe avec intelligence, vous y discernerez la iaiiïe de l'ébauche dominante sur les travaux du fini.

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Ce sontles secondes et troisièmes tailles qui donnent à la peau sa moïesse. Voyez les points se resserrer vers les ombres ; voyezles s'écarter vers la lumière. P^egardez chaque point comme un rayon de lumière éteint. Les points ne se sèment pas indistincteriient; ils correspondent toujours à l'intervalle vide et blanc de deux points collatéraux.

Laissez-moi dire , mon ami. C'est à l'aide de ces petits détails techniques que vous saurez pourquoi telle estampe vous plaît , toile autre vous déplaît, et pourquoi votre œil se récrée ici , et s'afflige là.

Porter les touches à leur dernier degré de vigueur, est le dernier soin de l'artiste. Un principe commun au dessin, à la peinture et à la gravure , c'est que les plus grands bruns ne peuvent être amenés que par gradation.

L'eau-forte est heureuse, lorsqu'elle laisse peu d'ouvrage au burin , sur-tout dans les petits sujets. Le burin grave et sérieux ne» badine pas comme la pointe, Qu'il ne se mêle que de laccord général.

Je dirois au graveur : que les formes soient bien rendues par vos tailles ; que celles-ci dégradent donc scrupuleusement

selon les plans des objets ; que celles qui précèdent Commandent toujours celles qui suivent; que les endroits de demi-teintes auprès des lumières soient moins chargés de tailles que les reflets et les ombres ; que les premières, secondes et troisièmes fassent avancer ou fuir de plus en plus ; que chaque chose ait son travail propre: que la figure, le paysage , l'eau , les draperies , les métaux en soient caractérisés; produisez le plus d'effet avec le moins de copeaux.

Un mot encore, mon ami, delà gravure noire et de la gravure au crayon , et je vous laisse.

La gravure noire (i) consiste à couvrir toute une surface de petits points noirs qu'on adoucît, affoibîit , amattit , efface : dc-îâ les ombres , les reflets , les teintes , les demi-teintes, le jour et la nuit. Dans la

(i) ILes Anglais sont tios maîtres dans ïa gravure en noir ; il se fait à Londres de très-beaux ouvrages en ce genre. A Paris , on ne grave point, du tout en manière noire (1766). Nos artistes n'en font pas même de cas ; ils prétendent qu'elle manque de vigueur et de force. Je crois qu'ils poussent leur aversion trop loin , et qu'il est des supts tendres et doux auxquels cette gravure convient merveilleusement.

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«aille - douée , tout est éclairé ; le travail •introduit l'ombre et la nuit. Dans la gravure noire , la nuit est profonde : le travail fait poindre le jour dans cette cuit.

La gravure au crayon est Part d'imiter les dessins au crayon. Belle invention qui a sur tous les genres de gravures l'avantage de fournir des exemples à copier aux élèves. Celui qui dessine d'après la tailledouce , se . fait une manière dure , sèche et ■ arrangée.

Le procédé de la grayure au crayon diffère peu de celui de la manière noire; ce sont des points variés , sans ordre , qu'oïl laisse séparés ou qu'on unit en les écrase nfci travail qui imite la neige , et donne à fes? tampe l'air d'un papier sur les petites vmh nences duquel le crayon a déposé sa poussière. C'est un nommé François qui 1% inventée; celui qui l'a perfectionnée -'appel!* Marteau, ou Desmarteaux (i).

(i) Ces deux graveurs se sont disputés l'honneur ik «et te invention , qui leur appartient peut-être à tous drux. Au reste 5 voilà une véritable invention que nous avons vu se faire et se perfectionner sous nos yeux, 'sans que personne ait presque daigné en parler , taudis çue la peinture «a caustique 3 qui a'a pas fait faire a»

(39M La gravure conserve et multiplie les fa* bleanx ; la gravure au crayon multiplie et transmet les dessins.

Je ne dirai de ]a gravure en médailles qu'une chose, c est que la gloire des souverains est intéressée à l'encourager. Les beaux médaillons , les belles monnoies donneront un pJusgrand lustre à leur règne. Plus ils auront exécuté de grandes choses, plus ils ont droit de penser que les hommes à venir seront curieux de voir les images de ceux dontl histoire leur transmettra les hauts faits.

■' * Passons maintenant aux morceaux de \ gravure qu'on a exposés au sallon cette anr.ée.

JLLy a de Cochin un frontispice pour l'Encyclopédie ; c'est un morceau très-ingénieusement composé. On voit en haut la Vérité

tableau médiocre 5 s'est fait prôner deux ou trois ans de suite. Celle manière d'imiter les dessins au crayon par la gravure , influera sensiblement sur les progrès de l'ait en Europe , tt sera d'une utilité infinie» Elle tnérite de faire épouue dans l'histoire de i'art.

entre la Raison et l'Imagination ; la Raison qui cherche à lui arracher son voile , l'Imagination qui se prépare à l'embellir. .Audessous de ce groupe, une foule de Phi7osophes spéculatifs. Pins bas, la troupe des Artiste». Les Philosophes ont les yeux attachés sur la Vérité. La Métaphysique orgueilleuse cherche moins à la voir qu'à la deviner ; (a Théologie lui tourne le dos et attend sa lumière d'en-haut. Il y a certainement dans cette composition une grande variété de caractères et d'expressions ; mais les plans n'avancent , ne reculent pas assez. Le plus élevé devroit se perdre dans l'enfoncement ; le suivant, venir un peu en avant ; le troisième, y être tout-à-fait. Si la gravure réussit à corriger ce défaut, le morceau sera parfait.

Du même, plusieurs dessins allégoriques relatifs à dc< événemens passés sous les règnes de nos rois. Ces dessins doivent être gravés pour une nouvelle édition &q V abrégé chronologique du président HénauH. L'esprit, la raison , le pittoresque , tout y est , et les têtes, et les expressions, et l'ensemble des figures, et la composition. Cet artiste, homme d'esprit et homme de plaisir , grand dessina-

( 4oo ) feur » autrefois graveur du premier ordre * n'auroit fait que ces dessins (i), quiis suffiroient pour lui assurer une réputation solide.

(i) Il a fait depuis une estompe à l'honneur de feu M. le Dauphin. On voit en haut les armes de ce prince rayonnantes de gloire 5 au bas , la mort qui a déchiré un grand voile qui déroboit un nombreux cortège de vertus désignées par leurs attributs* adroite et à gauche 3 il y a les lambeaux du voile déchiré. Cette idée est ingénieuse. L'auteur a demandé à M. Diderot une inscription pour celte estampe , et celui-ci lui a donné à choisir entre les trois suivantes :

Scindit se nubes , et in œthera purgat epertum.

C'est ce que Virgile dit â?Enée , lorsque ïe nuage «'étant ouvert 3 il parut aux yeux des Carthaginois.

Ou bien celle-ci j qui paroît faite exprès pour l'estampe :

Vélum Scinditur , et vita ' gloria morte pâte t. ( VcrsiVAiisone.)

Ou bien ce vers-ci , de la fabrique du philosophe :

La mort a révélé le secret de sa vie.

Ce vers me paroit aussi beau que simple.

L'inscription qu'on a faite pour le mausolée du comte de Caylus est d'un caractère différent. Vous savez que ce célèbre amateur a ordonné , par son testament , de mettre sur sa tombe une urne étrusque sans antres accessoires. La fabrique de la paroisse Saint - Germainl'AuxeiTois s'occupe actuellement de ce monument, et

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