COMMENTAIRE DE LIE -KIE-FOU
Qnel que soit dans le momie le il Tao, O» la voie <|\ii puisse être jréijuenlée , elle n’est toutefois rien qu’uue voie; mais il arrive un temps fatal où cetlc voie s'efface; alors elle n’est pas W-lernel, Y immuable T*o (
Tchsmg Tao),
Quel que soit dans le monde le nom [ ming ] (pii puisse être nommé, il n'est
loulefuis rien qu’un nom; mais il arrive un temps fatal où ce nom disparait , s'évanouit : alors il u’Cst pas le nom éternel, immuable ( Tchang
mhtg
Tous les êtres individuellomcul et en masse retournent à leur racine, a leur
principe (t), mais ils l'ignorent : c'est ce que Ton nomme
dentifier au repos éternel , immuahle. - S'identifier au repos éternel , immuable ** siguilie : rendre son mandat, ou rapporter ce qui avait été confié / « rendre son mandat , ou rapporter ce qui avait été confié >• signifie : « devenir éternel , immuable (a). »»
Si l’on pratique le Tao et que l’on parvienne à l’état d'éternité immuable, alors l'ame se dépouille de sa forme douteuse ; toutes les choses matérielles sont oubliées par nous.
Qui comprend ces expressions , fréquenter la voie qui peut être fréquentée et nommer le nom qui peut être nommé ? [ tout le monde ]. Alors [ on comprend pareillemciU que ] le Tao éternel , immuable ne peut certainement pas être fréquenté.
C’est pourquoi il est dit : le Tao , c’est ce qui est permanent [ Kieott
n’ayant pas de corps, il n’c>st pas sujet au dépérissement.
I.ê nom éternel, immuable, ne peut certainement pas être nommé.
C’est pourquoi il est dit : « Depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours
(i) Rentrent dansl’ctat de nirvritti de la philosophie indienne; état de la nature en concrétion, en puissance , tous les développements coqiorels extérieurs, ritt , étant rentrés dans le non-être.
(a) Cette doctrine du Koue£-Ken , en sanskrit nirvritti , retour a i.a racink on au PRiKCipR, est empruntée par le commentateur au 16* cli.ipitre du Tao-le- King de Lao-tsfu ; l’écrivain chinois explique le livre de Lao*tsev par çc livre même ; c’est la méthode la plus sûre et la moins problématique. ^ ^
« son nom n'a point disparu , ne s'est point évanoui. » rïe point disparaître , ne point s’évanouir, c’est l’attribut que l’on donne à l’eVerne/ , kVmmuablc Tso- L’éternel, l'immuable n’a pas de nom ; alors ce qui n’a pas de nom, c’est le Tao.
Le ciel et la terre ont en lui \ewr principe. C’est pourquoi il est dit: « Sans « nom ; c’est le principe du ciel et de la terre ; » c’est le grand , le suprême Ancêtre de Tout [ Tai-tsou ] : c’est [tout à la fois] VÉtre, le Non- Être ; le Xon-Étre , r^fre ; sans nom , c’cst [ donc tout ensemble ] VÊtre et le Non-Être. Le Non- Être, c’est alors la grande Unité , le grand Un , qui n’a pas encore obtenu sou développement matériel , qui n’est pas encore arrivé à l'état d'étre corporel.
Sans nom, c’est donc I’Unité , d’où est sorti l'Ètre corporel. C’était I’Unité , mais encore sans formes corporelles. Par conséquent elle est nommée Unité. Alors , quoiqu’elle n’edt pas encore de formes corporelles , elle avait un nom [ celui d’UNiTÉ? ] Le nom fait un et l’objet nommé fait deux ; deux et un font <roii(i). Tous les Êtres sont nés en masse de ces trois. C’est pourquoi il est dit: .dvec un nom, c'est la Mère de tous les Êtres corporels.
Connaître Vcternel, Vimmuahle, signifie :« e/re «V/oiVé; » être éclairé, c’est alors ne pas être privé de la vue des choses. Donc c’est seulement en étant éternel, immuable <\ue l’on peut contempler son mode d’être sans affections; alors s’éclaircit le voile épais qui couvre la vue(i), et l'on n’est point incommodé par ces affections pour contempler sa nature insaisissable ou subtile. C’est pourquoi il est dit : « Étant toujours sans affections , on peut être nommé dans le petit , le
subtil (3) [ siao ]. »
Dans le mode d'être d’avoir des affections , alors tous les êtres agissent , opèrent mélangés et confus ; et dans la multitude de leurs apparitions en dehors du Tao , on contemple sa nature corporelle phénoménale. C’est pourquoi il est dit : « Tous les êtres apparaissent et rctouruent [ à leur racine ] et ils ne connaissent
pasie maître qui peut être nommé dans le grandit,) [ ta , la grande mani-
festation corporelle ].
Il n’y a que \epetit [ rino] ou le subtil qui soit apte à voir sa nature insai-
sissable ou subtile; il n’y a que \e grand [ ta] qui soit apte à voir sa nature
corporelle phénoménale.
Ces (Éena: [ modes d’être ou natures] procèdent du même principe: alors ils
(i) Ceci paraît être une véritable subtilité. Pour trouver le nombre troi .1 dans le Tao, il faut le considérer dans trois modes différents , d.ins l’unité primordiale avant toute manifestation , tout développement quelconque ; a" dans son mode de manifestation corporelle phénoménale , ou d’e/re ; 3® dans son mode relatif et simultané de non-manifestation ou de non-étre.
(a) Voir le chapitre to.
(3) Expression de Lao-tsei: dans le 3',' chapitre.
[4) ^Voy.lc 3^* chapitre,
sont idenliqucs (i). Leurs noms sont différents , et voilà tout. Leurs noms sont différents, mais leurs effets, leurs produits ne sont pas trouvés différents ; leurs effets ou produits n’étant pas trouvés différents , alors , arec des affections et sans affections on cherche d'où ils procèdent , et l'origine de l’un et de l'antre ne peut être connue : ils procèdent donc d’une origine , d’un principe qui ne peut être connu (a).
C’est pourquoi : ensemble , réunis, on les appelle bleus [ou , incnmprébensihles] . Le bleu *2^ bionan , est une couleur formée de noir et de rouge mêlés en-
semble pour faire une seule couleur. La couleur du ciel est bleue : c’est le yn et le /‘''V [ ***> I* principe obscur et le principe brillant , le
priocipe/MMs^f et le principe actif, le principe femelle et le principe md/e] réunis en un seid. C’est de là que vient le nom de liiouan, bleu ou bleu-foncé.
Être avec des affections et sans affections , c’est être identique avec I'Dititk. Être identique avec lUirrrà, c’est assurément le mode de la nature insaisissable ou subtile. Ainsi donc la nature insaisissable , dans l’IIarTà , n’est pas la nature insaisissable ou subtile dans la rr.uaALiTK ; la nature insaisissable ou subtile dans nous, n’est pas la nature insaisissable ou subtile dans l’universalité des êtres.
Bleu et encore bleu c’est alors un tout identique et que l’on ne peut parvenir à comprendre ou à saisir. Ce qui est identique, ensemble, réuni, et que l'on ne peut parvenir à comprendre, c'est alors I’Uhité , qui arec la Plubalité , le Mot avec le Noa-uoi (3) , ou l'universalité des Êtres , sont toutes des clioses qui ne sont pas peu insaisissables ou subtiles.
Tous les êtres corporels sont les produits de la nature insaisissaile émanée du Tao, et voilà tout.
C’est pourquoi il est dit : le bleu et encore bleu est la porte de toutes les natures insaisissables ou subtiles.
(i) Il paraîtrait à travers l’obscurité et l’embarras de ce commentateur, qui reirourt aux phrases de dinérents chapitres de Tao-le-King pour exprimer sa pensée ou celle de Lao-tsbd , que son point de vne fondamental est IUuitb absolue , comme il l’a dit plus haut, mais sans autre distinction entre les deux modes ou natures du Tao qne le plus ou le moins de masse corporelle apparente on de subtilité de l’être, sans admettre une nature purement spirituelle on immatérielle ; il se rapprocherait ainsi beaucoup plus de SnnozA, et d'antres philosophes.
(a) L’enclialnement logique de tous ces raisonnements est très remarquable.
(3) Voici les termes chinois que l’on prendrait pour une traduction du Icn ,
Nicht-Ich : le moi et le itoa-Mot de Fichtc :
( tseu ) I tchi iu to ; ’gu tchi iu we : tune : unum hoc cura pluribns ; ego mm entibns aliis , etc.
COMMENTAIRE DE LI-SI-TCHAl.
Le mot Tduuig
sigiiiGe ce qui n'est point sujet aux cliaiigvmeots. Les
ËIres corporels ont des chaugenieuts , subissent des transformations ; mais le Tao ne change point , ne subit point de transformations. Les Êtres corporels changent jusqu'à ce que , incessamment , ils aillent , rejetés , dans le lieu de la soumission et de l'espérance (i) sans avoir goûté ou éprouvé le moindre repos.
Le vide Koung (a) , c'est ce que l'on nomme Tao ; alors c’est ce qui
est sans commencement et sans fin. Le Ciel et la Terre ont une Gn , sont ptritsablea ; niais ce Tao n'a point de Gn , n’est point périssable. C'est pour cela qu'il est nommé éternel, immuable; l'éternel , l'immuable, c'est le Tao.
On ne peut , au moyen de la marche , arriver à lui ; on ne peut , au moyen d'un nom, en prononçant un nom, obtenir de le comprendre, de l’exprimer. S'il arrivait qu'il pût être fréqueiUé, il ne serait pas par conséquent Yéternel , {'immuable Tao ; s'il arrivait qu’il pût être nommé , sou nom ne serait (las par conséquent le Wom éternel, immuable.
Dece qui n'aiaii pas eu de commencement, de principe, vinrent le Ciel et la Terre ; mais la raison , la cause de la véritable éternité, immuabilité , existait déjà; mais elle existait sans nom. C’est pourquoi, sans nom [le Tao] est le orincipe du Ciel et de la Terre.
Quant au Ciel et à la Terre , après avoir été séparés l'un de l'autre , et après avoir été nommés haut et bas , ils produisirent tous les Êtres corporels vivants. C’est par eux que ces êtres sont nourris, alimentes. C’est pourquoi , ce ^ui a pu être nommé [ ce qui a pu recevoir un nom par ses attributs cor|iorels comme le Ciel et la Terre , premières productions ou émanations du Tao], c'est la 3/ère de tous les Êtres.
Le saint homme s'identiGe véritablement et constamment au Tao, pour arriver du sein de V Être corporel dans le sein du Non-Être. Cest pourquoi Miao [ ce qui est d’une nature insaisissable , subtile] , c’est le grand Tao [ Ta-tao] ,
c esl le ^on-Etre\ wou ] : ce qui est Kiao [d^De nature corporelle phé-
noménale ] , c*esl le petit Tao [ siao tao ] ; c’est VÊtre,
(i) Le texte signifie littéralement ; ( Kan sie fou j'ang tchi kien ) ; s*eu aller, rejeté, dans le baisser la tête en regardant en bas , et le relever la tête en regardant en haut.
(a) C’est le terme qu’emploient les Bouddhistes de la Chine pour exprimer leur être ah.solu dégagé de tous les attributs changeants et périssables des êtres coutin-
Je désire contempler ta nature insaisissable un subtile; alors je m'idcnliftc avec celte insaisissable , subtile , dans laquelle j’entre et je retourne me
confondre dans le Non^Être, Je désire contempler sa nature corporelle phèno^ ménale; alors je m’identifie avec celle nature corporelle phénoménale ; sors , et j’erre , je me confonds dans XÉtre.
Nature insaisissable ou subtile ; par conséquent, nature corporelle phénoménale: nature corporelle phénoménale , par conséquent , insaisissable ou
subtile. Être ou matérialité ; par conséquent 'vide ou immatérialité: 'vide ou immatérialité , par conséquent Etre ou matérialité (i). Leur racine , ou leur cause est une y identique; \guts ' branches , ou leurs effets sont divers. C’est pourquoi, ensemble é réunis , ou les nomme bleus, non distingues, non seuls.
Quant à l'expression bleu et encore bleu, c’est le réceptacle de toutes les natures corporelles phénoménales aussi bien que de toutes les natures insaisissables ou subtiles ; c’est ce qui est appelé : la porte de toutes les natures insaisissables ou subtiles, en voulant dire que c’est le réceptacle des natures corporelles phénoménales des natures insaisissables ou subtiles; de VEtre et du N on- Être,
OnS?:RVATIONS DE PI-CHING.
Kiao [ la nature corporelle phénoménale ] signifie : le lieu ou le séjour du dépérissement pour les êtres matériels.
NciH-TSKO a dit : La nature corporelle phénoménale dout il est parlé, c’est le retour de la vertu.
Lie-tseo a dit (2) : •« La mort , c'est la limite matérielle de la vertu. » L'un et l'autre indiquent le lieu du depérissemeut , et ils le désignent ; car sans cela ce serait le Non-Être qu’ils n’ont pas entendu exprimer.
Dés l’instant qu’ils sont dans l’élat ou le mode d’avoir des affections, les hommes existent alors corporellement. Ainsi, avoir des affections , c’est cire sujet à un dépérissement certain ; c’est être obligé d'arriver à une fin.
Le grand faite et le Non-Être [ Ki eulh woa ] sont ce
dans quoi il est préférable d’aller, de passer; car, quelle différence y a-t-il
(1) Ces formules si concises de rnisonnernent ; ces corollaires d’une précisiou si rigoureuse sont très remarquables dans uii écrivain chinois et prouvent , comme U a été déjà remarque à propos du Ta Hio de Coufucius traduit par nous , une grande habitude logique de raisonner. On peut dire qu’une philosophie est arrivée à l’état de science, lorsqu’elle est ainsi formulée.
(a) ?ÎGArf-TSEü et Lie-tsf.u sont deux philosophes de l’école de Lao-tseu. Ces deux philosophes et le commentateur Pi-ching expliquent le mol que nous avons rendu par nature matérielle phénoménale, par un autre terme qui signifie limite, limite ?natèrielle : c’est la limite matérielle du monde de Vimmatériidité , ou de Vautre nature du Tao. Ce qui uc diffère pas du sens que nous avons adopté
de retouroer dans le Non-Être [ Jüt wou ] ,
ou daus la nature insaisitsaùle,
subtile ? [
Miao ] C’est pourquoi il est dit ;
Ces deux sont réunis et on
« les appelle bleus. • Quoique la chose suit ainsi , Lso-tseo ne l'a pas compris de même dans ses paroles ; car il ne rejette pas Y Être pour rechercher le Non- Être. S’il rejetait VÊtre pour rechercher le Non-Être , alors étant en dehors de VÊtre , il trouverait mieux le Non-Être (i). Comment parvenir à exister immatcriellement , puisqu’il faut avoir existé matériellement ? Lorsque l'un n'a pas été revêtu des attributs de VÊtre, on est alors dans le véritable Non-Être.
C’est pourquoi les formes extérieures n'étant pas anéanties [>our devenir •vide (i) , les formes extérieures corporelles, par conséquent , se trouvent exister dans le vide ou Vincorporel , et ne peuvent se disperser pour devenir vide ou incorporel ; donc le vide ou Vincorporel ne peut pas exister.
Ce que Lao-tseo appelle le Non- Être ( ■♦Hf tvou) c’est le contraire de l’.^fre (3)
'♦Vvx
( yeoù ) , c’est la négation de la non-existence de son contraire, VÊtre ; et
ce qu'il appelle l’être
yeoü ) c'est l’aflirmation de l'existence de son con-
traire , le Non-Être ( wou ), Ea eflel , ne peut-oii pas les nommer éter~
net Être , éternel Non-Être ? Comment peut-on parvenir à savoir qifü y a quelque chose ^''éternel, à'immuable , et qu'avec cela TUNiri existe ? en meUitaot sur ces choses !
(i) Nous ne nous flattons pas d'avoir bien compris ce passage très-obsenr. L’écrivain chinois veut dire sans doute que Lao-tsxu n’a {>as assez distingué le Non^Être de VÊtre,, ou Vincorporel du corporel. Ccl écrivain parait être Bouddhiste ou au moins écrire du point de vne bouddhiste et avec des termes bouddhiques. Aussi l'éditeur chinois ne le donne pas comme l'ommentateur.
('i) On rcconuait parfaitement ici le Bouddhiste «ux termes mie et Koung
qui sont le nirvdha et le sounyata des Bouddhistes de l’Inde. mie ou le nirodha est l’anéantissement de toutes les formes corporelles.
(3) C'est-à-dire qu’il est virtueUemeut l'opposé del’^^rect 'vice-versa.
Après avoir lu ce premier chapitre de Lio-tsxu et les commentaires qui l'accompagnent , il n'est jiersonue qui ne reste frappé de la ressemblance de ces doctrines avec celles des nouveaux Platoniciens , des Gnostiques et d’autres philosophes modernes. On ne peut s'empêcher de comparer le Tao de Lao-tseu ,
celle RAtsoif raiMoaniAiiE suraÈME,
Tao , signifiant métaphorique'
ment parole , verbe , etc. ) au î-oyet woiiv de Plotih , et I’Ubité , l’üii ( — — i)
du philosophe chinois à I’ükitk, fv t d» philosophe d'Alexandrie. « Tout « ce qui existe , selon Plotiit, est en Vertu de ITJbité , est Uh , et a en sui •• l’GniTÉ(i). La pluralité , l’Ètrc divisible et la vie se développent par voie de « séparation du sein de I'Ukité , comme du point central d’un cercle. » Mais il y a une différence totale dans les termes avec lesquels Lao-tseu et les Gnostiques, ainsi que les f'eVaRhVis dans l’Inde, désignent l’esprit et la matière;
la Non- Être Être. Lao-tseu exprime par ■i&h wou, Non-Être, l'opposé de
jreoü, l'Être ; c’est-à-dire que le premier représente V immatérialité , l'in-
corporéité ; et le second, la matérialité , la corporéité, tandis que chez les Gnostiques, le (at, Îv, Kon-Être, est la matérialité , et le 2v l’être, c’est l’/mmalérialité ; comme chez les t'édàntins le a-Sat, Non- Être est également la matérialité, et IcJa/, l'Être, l'immatérialité Celte différence singulière tient à ce que les fédantins et les Gnostiques considéraient la matière comme n’existant pas réellement, et qu’ils n’ailribiiaieut d’existence véritable qu'à l’ÉTaa Aasof.u , à l’UsiTÉ sans formes corporelles.
V Cette doctrine de Lao-tseu présente aussi une grande analogie avec celle des Sophisde Perse. Ceux-ci out dans leur doctrine un terme qui a des rapports surprenants avec le caractère Tao it’ c’est le mot Sclouk , qui a
la double signification de chemin ou -voie qui mène a Dieu , et chemin qui mène EU Dieu; spirituellement et matériellement. Le mot Haquel , d’après
M. le baron Silvestre de Sacy, a aussi, dans le langage des Sophis, la signification double de raison humaine , et raison ou intelligence universelle , prototype de la raison humaine que les Sophis regardent comme la première émanation de la Divinité et qui a été, avec l’anie universelle , le pr'uicipe de tout ce qui existe.
(i) Vov. Manuel de l.i Pliilosopbie de Tcnncmann, traduction de M. Cousin, t. I , pag. aS5 et suiv. ; et M. De Gérando , Ilisloire comparée des syst. de philos. , t. 3 , ch. 2 t.
(a) Keichii'a , dans la Bhagavad-gitâ , dît qu’il est ( comme le Tao de Laotseu ), le Sat , et l'A-Sat, c’est-à-dire l’Étre et le Noa-Étre; V immatéi ialilé et la matérialité. ( Vojr. ii' Lcct. )
Tâo de L*o-tud a auMî beancoup d'aoalc^e avec le Aa iu«up^ixi( ^<iyoç de Pytliagoreet des Stoïciens; mais la Doctrine avec laquelle celle de Lao-Tsza me parait avoir le plus d’analogie ( dans sa conception bien entendn et non dans ses développements ) est celle de Schellizig. Pour que l'on puisse mieux saisir ce rapprochement, je vais représenter en tableau le système de Lao-tssc comme on a représenté celui de l'illustre philosophe allemand.
Au sommet le TAO , le