‹ Essais sur la philosophie des Hindous (volume 2)Chapitre 16 sur 54 · PHILOSOPHIE DES HINDOUS, DOCTRINES SANKHYAS · texte numérisé non relu

PHILOSOPHIE DES HINDOUS, DOCTRINES SANKHYAS

Asouri qui la communiqua à Pantchas'ikha ; et par lui elle fut enseignée au genre humain (i). »

(i) Kap. 69,70.

Paramârtham djnanam idam gohyani paraniarchmâ samâkbyâtaxu Stbityatpatti pralayâa'tcbintyanté yatra bbulânâm ||69||

Etat pavitramagryam manir A'surayé'Dukampayâ pradadào Asorirapî Paotcbas'iLbâya téna tcba babndbâkrîtam tantram ||7o||

La Sânkhya» KârUiâ^ oa, vers rémémoratifs da ayttème Sânkhya de Kafila , se termine par les detix dUtiqaes saivants :

S icbyaparamparay&gatam IsVarakrtcbn'^na tcbaetad . Sanziptamaryamatinâ samyag Tidjaâya siddhintam âryabbîb' ||7i||

Saptatyâtcha khalu yè artbâ krltsnasyâsya cbacbt'itantrasya Akbyàyikâ ▼irabitib' paravâdavivardjitas'tchâpi. ||7i||

• Celte doctrine , tranamise par nne suite non interrompne da disciples , et démontrée jnsqn’à l’évidence, a été abrégée et mise en vers dn mètre Arpa, par Is'vàra-Krichh'a.

«En effet, ces choses, qni sont contennes dans les 7odistiqnes précédents, constituent la doctrine complète des soixante (Principes), après en avoir retranché les récits explicatifs et les recherches de controverse. »(^o/. psg. 6.)

ESSAIS

SUR

Il' ESSAI. — STSTfeMES NYAYA ET VAISÈCHIKA.

INTRODUCTION

Le Sânkhya théiste ainsi que le SAnhhya athée ont été examinés dans l’Essai précédent. Le sujet du présent sera la philosophie dialectique de Gotama, et la philosophie atomistique de KaiTa'da, appelées, l'une Nydya ou de raisonnement, l’autre Vaitléchika ou A’ individualité. La première , comme son titre l'implique, s'occupe principalement de la métaphysique de la logique; la seconde, de la physique, c’est-à-dire, des individiudiiés, ou objets sensibles; et de là le nom qu’elle porte. Elles peuvent êtres considérées généralement comme des parties d’un même système ; se suppléant l’une l’autre dans ce qui leur manque , et s’accordant communément sur les points principaux qu’elles traitent; différant toutefois sur quelques uns, et par là donnant naissance à deux écoles : l’école Naiydyika et l’école Vais’échika.

De ces deux-ci sont nées diverses autres écoles subordonnées de philosophie , qui, dans l’ardeur de la dispute scholastique, .se sont séparées sur les matières de doctrine ou d’interprétation.

La distinction ordinaire qui est établie entre elles , est celle d!anciennes et de modernes , outre la dénomination tirée des noms de leurs auteurs favoris , comme on le fera voir plus particulièrement ailleurs.

Le texte deGÔTAMA est une collection de Sodtras ou aphorismes succincts(i), en cinq Livres ou Lectures ; divisées chacune en deux

(i) Ces Sotttras oot été imprimes en sanskrit, à Calcutta, eu 1828 , sous le titre suivant : NvA'rA-Su'T&À«YRtTTf , the logical aphorisme of Gôtama , wiUi commeiitary by Viswana'th Bhatta'tcba'rya. Ost de c« texte dont nous avons tire les citations sanskrites suivantes. (G. P. )

48 PHILOSOPHIE DES HINDOVS,

Journées , ou leçons journalières ; et celles-ci subdivisées de nouveau en sections ou articles nommés prakaranas , comme relatifs à des sujets distincts. C’est une maxime reçue qu’une section ne doit pas consister en aussi peu de matière qu’un simple Soûlra ; et pour se conformer à la règle, quelque point principal est occasionnellement ajouté au texte; ou un aphorisme est partagé» ou il est associé à un autre d’une manière inconvenable.

La collection des Soûtras de Kana'da se compose de dix Lectures , divisées similairement en deux leçons journalières, et celles-ci en prakaran' as ou sections , contenant deux Soûtras , ou plus, relatifs au même sujet (i).

Comme le texte des autres sciences parmi les Hindous, les Soûtras de Gotama et deKANA'nA ont été expliqués et annotés par une triple série de commentaires , sous le titre usuel de Bûchya, l'drtika, et Tckd. Ces commentaires ( spécialement le Ddchya) sont très souvent cités par les modernes commentateurs, ainsi que par les écrivains de traités séparés , mais (autant du moins que je j)uis en juger immédiatement) sans nommer les auteurs ; et n’ayant ])as maintenant la faculté de consulter la scholie originale dans une forme collective, je ne puis hasarder de les rapporter A leurs auteurs propres, d’après les seuls matériaux de mes premières recherches.

Ces scholies sont d’une haute autorité , et probablement d’une grande antiquité ; et c’est une question qui se présente souvent, en lisant les derniers commentateurs , de savoir si un passage particulier doit être pris pour un Soûlra et une partie du texte, ou pour une glose d’un ancien scholiaste.

Les commentaires que nous avons sous la main et qui ont été consultés pour la composition de ce traité, sont le Vdriika-tdtparyâ-parii’ ouddhi du célèbre Oudavana'tcha'bva {%), et le Vârtikatdtparya-tikd du non moins célèbre Va'tchespati-mis'ra (3). Les scholies plus modernes de 'Vis'wawa'tha sur le texte de Gôtama ,

(<) Cette coUertion de Snitras n’cAistaiit pas aui manDAcrits sanskrits de la BiÙiuthèqnc royale de Paris, et le Comité d'instruction de Calcutta ne l'ayant pas encore fait imprimer , probablement à cause de la physique atomistique qui y est enseignée par Kah'a'da , nous n'arons pu en faire usage dans les notes de cet Essai., (^•^’)

(a) Ce commentaire existe parmi les manuscrits .sauskrics de la Bibliotliêqnc royale sous le u“ 49 — 5o du Catalogue. (G- P.)

(3) N" i58 du Catalogue»

SYSTÈMES NYAYA ET VAIs'ÈüHlKA. 4g

et de SAitKARA-Mis’RA sur celui de Kaü'a'da (i), sont ceux auxquels on renvoie le plus fréquemment dans cet Essai.

Des traités séparés d’auteurs distin^'ués enseijjiicnt et discutent amplement les éléments de la science. Tels sont les Nj-tijalildvali de Ballabha-a'tcha'rya , qui suivent principalement le système de Kan'a'da.

Une introduction plus facile et plus concise que celle de ces ouvrages volumineux et obscurs, est indispensable pour l’étude •* initiatoire de la science. Un des traités élémentaires les plus approuvés est le Tarka-bhdchd Ac Kês'ava-mis'ra, auteur de beau- coup d’autres traités. Quoique proportionné à l’intelligence de l'étudiant sans le secours d’une glose , il a néanmoins exercé les travaux de beaucoup de eommentateurs qui l’ont développé et expliqué. Parmi les autres , on peut nommer , dans l’ordre d’ancienneté, Gôverdbana-uis'ra, dans le Tarha-bhàchd-prakdsa ; GaurÎxa'nta (auteur aussi du Sadyouklinioukidvali), dans le Bhdvdrtha-dipikd ; VlKitnKWviyK (auteur du iyyrf>v/-.Wra), dans le * Tarka-bhdchd-sdra-mandjari ; en outre Ra’.malisca kriti, dans \e Nydya-sangraJia, dont l’antiquité relative est moins certaine; et Balibhadra, qui m’est connu seulement par les citations de Gaorîra'rta.

Une autre volumineuse introduction à l'étude de la logique indienne est \c Paddrtha-dtpikâ , de Kônda-Bhatt'a, grammairien connu, auteur du Vaiydkarana-bhoûchatia , sur la philosophie de la structure grammaticale. Il ne parait pas avoir eu de commentateurs; et il n’en a pas besoin.

Des traités métriques, ou vers rémémoratifs , comprenant les éléments de la science, portent la dénomination ordinaire de Kdrikd. Un ouvrage de ce genre est le Kotisoumdndjali, avec son commentaire, par NaJrayaîi'a-ThÎrta ; un autre qui est parcillenoent ex])liqué par son auteur, est le Njdya-Sankchépa , de Gôvirda-Bhat't'a'tcha'rya.

Je n’ai encore fait mention que des ouvrages élémentaires seulement. Des traités distincts , sur diverses branches du sujet entier, et sur des points accidentels , sont innombrables. Aucune partie des sciences ou de la littérature n’a plus excité l’attention des Hindous , que le Nydya ; et le fruit de tant de travaux a été une infinité de volumes parmi lesquels se trouvent des compositions de scholiastes très-célèbres.

(i) K'**4o, 41, 42 du Citalogiic.

PHIT.OSOPHIF. DES HINDOUS,

SYSTÈMES NYA'YA ET VAIS'ÈCTIIRA.

L’ordre observé parGÔTAMA et par Kan'ada, en publiant les préceptes de la science qu’ils se sont engagés d’expliquer, est celui quia été prescrit dans un passage des cité

dans le Bachya, comme la marche essentielle de l’instruction et de l’étude , savoir : l'énonciation ou proposition , la définition et l'investigation (i). M énonciation ou proposition {ouddés'a) est la mention d’une chose par son nom, c’est-à-dire, par un terme qui la désigne, comme enseigné pat la révélation; car le langage est considéré comme révélé à l’homme ( 2 ). La définition {lakchana) expose une propriété particulière, constituant le caractère essentiel d’une chose (3). U investigation {parikchâ) consiste dans des recherches sur la convenance et la suffisance de la définition. Conformément à cette méthode , les professeurs de philosophie placent en premier lieu les termes de la science ; ils passent ensuite aux définitions , et de là à l’examen des sujets ainsi distribués.

Dans un arrangement logique, les prédicaments{padârtha), ou objets de preuve, sont au nombre de six, ainsi qu’ils sont énumérés par Kan'a'da (4), savoir : la substance, la qualité, X action, le commun, le propre o\i particulier , et X agrégation ou relation intime, auxquels un septième, Ivi privation ou negn/m/i, est ajouté par quelques auteurs (5). Portés à ce nombre, ils compose nt un double arrangement,

(0 Procédé analogue à celui des seholastiqncs qui coiumençaicnt par poser la quesüon , définissaient ensuite , et enfin démontraient. ( G. P. )

fai Cette opinion a été soutenue par toute l’école théologique française moderne , notamment par MM. de Bonald, La Mennais et Ballancbe. (G. P.)

(3) Dijferenüa. maxime propHa, de la définition coruOmuVe des^scholastiques.

(5) Tar/i. nhâch. i.

- SYSTEMES NYAYA ET VAISÈCHIKA. 5l

positif et négatif {bhâva et ahhâva) , le premier en comprenant six , le dernier iin seul (i).

Les Bouddhistes , ou sectateurs de Bouddha , identifient , dit-on, les prédicaments avec la connaissance (dj/ujiia]; et selon les P^cdântins , qui sont panthéistes , les prédicaments sont identifiés avec l’Être universel [Brahma) , dans lequel tout existe (a).

D’autres Catégories sont proposées par différents auteurs; tels sont le pouvoir ou l'énergie [sahti), la similarité ou ressemblance {sddrispa), et beaucoup d’autres. Mais les logiciens de cette école n’en reconnaissent que six , ou tout au plus les sept ci-dessus mentionnées.

Gôta.ma compte seize Catégories [’i). Dans ce nombre, la preuve ou \ évidence, et ce qui est a prouver, sont les principales; le reste est subsidiaire ou accessoire, comme contribuant à la connaissance et à la confirmation de la vérité. La discussion étant comprise dans cet arrangement , un grand nombre de ces catégories ont rapport à la controverse. Les seize catégories sont, i° la preuve; ce qui est à connaître et

(i) Pid. Dap. i. Aristote procède de la meme manière dans sa lofjiqne. Il établit dix catégories au lieu de six on de seize, comme dan.s Gotama, Ëçt <^$ TaÙTx T&v âp‘.9u.ov t^éxa, tt , Trcaov, ir&iôv , irpoç ti, ir'vû , Tfcri , xsTtjOxi, Tfi&elv, ' — ** Ces (catégories) sont au nombre de dix : ce çtii est , ou la

substance (oùcix), la quantité , la qualité ^ la relation ^ le lien ^ le temps, la situation, la possession , l'action , la passiveté.n (Arist. Categ. c. 2.)

Ces divisions arbitraires sont des moyens d'aider notre intelligence dans la recbeichc de la vérité, mais elles ne tiennent point à l'essence des choses; si notre nature avait été douée de la connaissance intuitive on compréhensive de la Divinité , les procédés artificiels de la division seraient inutiles. (O. P.)

(a) Tark. lîâch. et N. Sang. 2. 4. Cest la théorie de Platon et la vision en Dieu de Malebvauclie. Dcmocrile parait avoir pensé de même: « Democritns tnm censcl, imagines Divinitate præditas ine.s.se tiniversilati rcrum ; tiim principin, mentesque quæ sunl iu eodem univei*so , Deos es.se dîcît, etc.» (Cicer. de Nat. Deor. L. i.) (G. P.)

(5)Ces catégories, comme celles qui précèdent, n'ont guère de commun qne le nom avec les quinze catégories d’Aristote (en y comprenant .scs catégorèmes), les quinze de Kant, ainsi qu'avec les premiers principes de l'école Kcossaisc. O. P.

5a PHILOSOPHIE DES HINDOUS,

à prouver, ou l'olijel de la preuve; 3 ° le doute; 4“ le motif; 5“ l’exemple; 6” la vérité démontrée ; ’f le membre d’un ar- ;junient régulier ou syllogisme; 8° le raisonnement par réiluction à l’absurde; 9° la détermination ou l’acquisition de la certitude; 10° la thèse ou disquisition ; 1 1° la controverse ; £ 2" l’objection ; iS" la raison fallacieuse; 14“ le stratagème ou la fraude; i 5 °'la réponse futile; 16° la réfutation (i).

La différence entre ces deux arrangements n’est pas considérée comme réelle. Ils peuvent se concilier; l’un étant plus ample, l’autre plus succinct, mais conduisant tous deux aux mêmes résultats.

La philosophie Sânkhja^ comme on l’a fait voir dans le premier Essai, reconnaît deux principes éternels, l’.<^»2eetla Matière (car Prakriti ou la 1 \ attire, abstraction faite de ses modifications, n’est autre chose que la matière)-, et ajoutant à ces deux principes permanents , ceux qui sont périssables, elle en énumère vingt-cinq (2).

Le Njàya, ainsi que le Sàakftjra , s’accorde avec les autres écoles de psychologie, dans la promes.se d’une béa-

(1) G. I . Voici le Soîitra où ces Catégories sont énumérées :

« Pramàna praméya sansaya prayôdjaua ilrîchtânta sitldbànta avarava tarka oiru'aya vâda djalpavitandâ bétvftbbâsatch tcbhàla djàti nigrabastbàoâ* nam tallvadjnânàn nib's’réyasàdhigamab' |] I. i. || '

Dans toutes les citations qnl suivent , noos avons indiqué d'abord la Lecture on le LivrCy et ensuite le soutra de <jelte Lecture , d'après l'édition de Calcutta , sans avoir égard aux praharanas ou sections y parce que les soufras suivent une numération régulière jusqu'à la fin de chaque Lecture y et qued'aüJeurs les indications des manuscrits de M. Colebrooke ne concordent pas avec notre édition citée, ou sont souvent omises. (G. P.)

(2) Il nous semble qu'il y a ici une lacune dans l'exposition de M. Colebrooke ; c'est le corollaire du paragraphe précédent, corollaire qui devrait expliquer l'opinion des sectateurs du Nyâya sur ces memes premiers principes. D'après M. Taylor ( Appendix à sa traduction en anglais du drame philosophique sanskrit intitulé : Prahhôda- Tchandraudayay le Lever de la lune de l'intellipence') y les Nyâyikas croient que \ Esprit et la Matière sont éternels; le premier jouissant de la vie et de la pensée; la seconde inanimée et ^ssive, et ne se mouvant qne par l'iiupulsion qu'elle reçoit de l'Esprit. Ils ne supposent

SYSTÈMES NTa'ya ET VAls'ÈCMIK A.

tilude ou (nih's'rêjas) perfection linale , et {inôkvlta) la délivrance du mal, pour récompense d'une parfaite t-onnaissance des principes qu’il enseigne, c’est-à-dire , de la vérité ; entendant par-là la conviction de l’existence éternelle de l’Ame séparable du corps.

L’Ame alors, comme le Bhùchya l’affirme, est ce qui est à connaître et à prouver. GÔtama, cependant, réunit sous ce chef, outre \Ame^ le corps qui lui est associé , les sens externes , les choses ou objets qui produisent des sensations , c’est-à-dire, les éléments; et ses sectateurs en prennent occasion pour introduire les six catégories de Kan'a'da : Xintelligence ou \ entendement ^ \ organe interne i X activité, les défauts, la transmigration, le fruit ou la conséquence des actions , la peine ou le mal physique , et enfin , la délivrance ; faisant avec les TprécéAenls, douze objets de preuve {prainéya), qui sont les objets de connaissance requis pour la délivrance (i).

1° évidence ou preuve {pramdna), par laquelle ces objets sont connus et démontrés, est de quatre espèces : la

pas, cependant, qae le monde dans sa furnie actnelle ait existe de toute élernilé, mais senlement la Matière première , dont la matière organique a été formée lorsqu'elle fut organisée par l'Esprit suprême. D'où 11 résulte que dans son état atomique , \e matière est éternelle ; et que dans son état secondaire ^ ou revêtue de forme , elle est périssable. » Les combinaisons ou agrégations qui composent le monde matériel sont produites par l'énergie d'une cause toute-puissante et intelligente qui est considérée comme l'Ètre suprême. La tmitière est incapable d'action, d'où il est évident que les moUTenienis des objets matéliels sont causés par un être différent de ces objets. Ainsi l'auteur du Moux- TAVALLi en expliquant les opinions des NfayikaSy dit : « Quoique nous ajons en nous-mêmes la conscience que je suis, que je sens du plaisir, etc., cependant nous n'avons pas une connaissance évidente que Vesprit et la matière sont dijférents ; mais cela est prouvé par t argument suivant: un instrument exige un opératenr; ainsi, sans an opérateur, aucun effet n'en peut résulter ; de la même manière , sans un opérateur ^ aucun effet ne pourrait résuiter des yeux^ qui sont les iuttruments de la 'vision : de là tious inférons l'cxi~ sience d'un être opérateur,» (G. P.)

(l) [Pramfyam vibhadjatê laxayati tcba;— -il divise et définit \à' matière à prouver:} « Atma s'arirêndrlyarlba bnddhi m.iiiah : pravritti dôclia prêtyabbava phala duhkbâpavargàs tu praméyam || I. 9 . ||

perception, \ induction de trois sortes {^conséquente, antécédente et analogue ) , la comparaison et \ affirmation ( comprenant la tradition comme la révélation) (i). Ylinduction n priori concXvLl un effet de sa cause; X induction a posteriori induit une cause de son effet : une autre source d' induction est X analogie. Ou, une espèce est directe et afCrmative , une autre est indirecte ou négative, et la troisième tout à la fois dirccte et indirecte.

La preuve {pramaria) est définie la cause efficiente ou spéciale de la connaissance actuelle ; elle comprend la notion exacte {anouhhava) , et exclut conséquemment la notion erronée ou inexacte, l’erreur, le doute et la réduction à l’absurde ; et elle exclut pareillement la mémoire , car la notion ( anoiibhava ) est une connaissance autre que le souvenir.

La cause (Icdrana) est ce qui est efficace, ce qui précède nécessairement un effet , ce sans quoi cet elfet ne pourrait exister; et au contraire, X effet {kârya) est ce qui s’ensuit

(i) Voici les arguments ila commentateur et les Soûtras ({xx\ se rapportent à ce passage de M. Colebrooke:

[« Atba yâthanddés'ain laxanas^àpéxitatvât pralharoaaddicht'a pramânam laxnyati vibbadjaté tcba:]

« Pratyaxânumaaaopaniâna sabda pramanani || I. ||

On a va précédemment, page t4 , dans l’Essai sur le Sunhkyat que K.apïla. n’admettait que trois espèces de preuves, qui correspondent en d’autres termes à ceux de Gôtamx. Pralfaxa (quod sub oculis cadit} est le meme que drichta; et le sahda (verbum) est le âpta vatchana (apta vox.) h^oupamâna , la compa^ raison n’est pas admise par Kapila. C’est Vapplication d'une définition connue au défini jusque-là inconnu ^ cl le sahda ou âpta sahda est Vautoritc d'une parole infaillible ; les dciinitions que nous rapportons ci-après éclairciront ces moyens de connaissances admis par Gôtama. (G. P. )

[dnumânam laxayati vibbadjaté tcba; — il définit et divise Vlnduction'\ : ■ Albu tatpùrvakam Irividbain anumânam pùrvvavatch tcbUaecbavat sàmânyatôdiicbt'aiu tcba ||1.5||.

[ Vpamânam laxayati ; — il définit la Comparaison ] : m Frasiddba sadbarmyat sâdbya sàdbanam upamânam || 1>6||*

laxayati, — il définit «A'ptanpadês'aU s'abdah' UI. 7 I}.

. SYSTÈMES NYa'tA ET VAIs'ÈClIIKA.

nécessairement, et qui, autrement, ne pourrait pas être.

Pour la relation de cause et iVeJJ'et, et pour distiiiguei différentes sortes de causes^ \a connexion {^satnbandha), ou la relation^ en général, doit être l’objet d’une attention jiarticulière. Elle est double : simple conjonction ysanyoga) ^ et agrégation , ou relation intime et constante {sninaodjn) , la dernière étant la connexion ou la liaison des choses , par où il arrive que , aussi long-temps quelles coexistent , elles continuent d’être unies l’une avec l’autre ; patexemple, des parties d’un tout et le tout qui résulte des parties , comme de la laine et du drap : aussi long-temps que laine dure, le drap subsiste. Ici la connexion de la laine et du drap est en relation intime , mais celle du tirap et • du métier est une simple conjonction accidentelle. Eoid'ormémerit à cette distinction, la cause est intime ou directe, produisant une agrégation ou un effet relatif intimement, comme la laine qui compose le drap ; ou bien elle est médiate on indirecte, étant voisine de la cause agrégative, comme le cartiement de la laine servant à la production du drap; ou enfin, elle n’est ni directe, ni indirecte, mais instru- ' mentale ou concomitante , comme le métier dans la fabrication du drap. Les choses positives doivent avoir trois causes, et la plus efficace est nommée la cause principale ou spéciale : les choses négatives n’en peuvent avoir qu’une ; c est la troisième ci-dessus mentionnée (i).

Ce serait ici le lieu d’une ample discussion sur les différentes sortes de preuves ci-dessus énumérées. Mais ces sujets occupent beaucoup trop de place dans la philosophie hindoue pour être exposés complètement dans les limites du présent Essai. C’est pourquoi je réserve ce sujet pour des considérations futures (2) qui lui seront immédiatement

(1) On peut ’voir à ce sojet Tarticle Cause dans rEncyclopédie, où un ^and nombre de difTérentes espèces de ces causes sont énumérées et expliquées.

(a) La cécité presque coniplcte dont M. Colcbiooke est inalbeuieusetiient idHigé Ta empeebé de donner ce précieux travail. (G. P.)

56 PHILOSOPHIE DES HINDOCS ,

consacrées, en indiquant ses rapports avec les divers systèmes indiens de philosophie dialectique, lorsqu’ils auront été examiné chacun individuellement.

II. I. [ Catégories de GÔtama. ] — Le premier et le plus important des douze objets d’évidence ou de matières à prouver, énumérés par GÔtama, est ÏAme[i). C’est le siège de la connaissance ou du sentiment j distincte du corps et des sens J différente pour chaque personne individuelle coexistante ; infinie, éternelle 5 perçue par l’organe mental , et démontrée par ses attributs particuliers ; car la connaissance , le désir , l’aversion , la volition , la peine et le plaisir, prouvent, isolément et collectivement, l’existence de l’àme, puisque ces choses ne sont point des attributs universels , comme le nombre, la quantité, etc., communs à toutes les substances , mais des qualités spéciales et caractéristiques , saisies exclusivement par un organe , comme le sont la couleur et autres qualités particulières ; n’appartenant pas , cependant ,' à des substances apparentes j comme la terre et les autres éléments ; et démontrant parlà un substratum distinct, autre que l’espace, le temps et le sentiment auxquels appartiennent des qualités universelles et non particulières : cette substance distincte, qui est le substratum de ces qualités particulières; c’est l’Ame*

• Ceci concerne l’âme vivante ( Djivâtmâ ) , Tesprit qui anime chaque personne individuellement. Les âmes, alors, comme il est expressément affirmé, sont nombreuses. Mais l’Ame suprême est «ne; elle est le siège de la connaissance éternelle, démontrée comme ayant créé toutes choses (a).

(i) G. 1 . 1 . 3 . 3 . et 3 . 1 . 1 . 5. Tark. lihàck. 3 . i.

[Tatra prathamanddichtain âtmânam laxayali; — ici il définit Vytme, premier objet en question ] :

• Ilchtcbba dvècba prayatna sukba diib'kba djnânûnyàlmanôlingam || I, lo Voir en outre le neuvième soâtra qni précède.

«-Tad abbàrah' aâtmaka pradàbèpi tannityatvât ||3. 5||

(3) Pid. Dtp. ,1.8.

SYSTÈMES NTa'tA ET TAIs'ÈCHIKA. 67

L’âme individuelle est infinie; car, en quelqu'endroit que se porte le corps, l’ânie est présente. Elle supporte le fruit de ses actions: la peine ou le plaisir. Elle est éternelle, parce qu’elle est infinie; car tout. ce qui est infini est pareillement éternel; comme l’élément éthéré (dA'ajfl) (i).

Quoiqu’immalérielle , elle est une substance, puisqu'elle est un substratum de qualités , et elle est placée dans l’arrangement de Kam'a'da, comme une des neuf substances qui sont reconnues par lui (2).

Elle a quatorze qualités, savoir : le nombre, la quantité, Xindwidualité , la conjonction, la disjonction , X intellect ou entendement , le plaisir, la peine , le désir , X aversion , la volition, le mérite, le démérite, et la faculté de Ximaginfition.

2. [Cat. Gôt.] La seconde chose à prouver dans l’énumération de GÔtama , est le Corps. C’est le siège de l'effort , ou du mouvement, tchéchta, des organes de la sensation, et du sentiment de la peine ou du plaisir ( 3 ).

C’est un ‘dernier composé , le siège de la jouissance de l’âme. C’est un tout, consistant en parties; une substance formée, non initiale ou primitive; associée avec le composé , l’âme éprouve la jouissance , c’est-à-dire , la présence

[ Kraroaprâplam ^arxrâm laxayati ; — il définit le Corps à son ordre de saccessîon ] : *< Tchécht'indriyârtbâs rayali' s'ariram || I. z 1 1|.

(1) Dans Tesprlt desHîndoas y la vérité et rintelligence sont les atlribats éternels de Dieu, non de Taoie individaelle , qui est susceptible tout à la fuis de la science et de rignorance , du plaisir et de la peine : c'est pourquoi Dieu et les âmes iudividuelles sont distincts.

Pendant qu'elle est revêtue d'un corps matériel, Tàme est dans un état d'emprisonnement et sous l’influence des mauvaises passions ; mais, étant arrivée par nue application profonde à la connaissance des cléments naturels et des principes, elle atteint le séjour de l'Etre éternel. Dans cette condition de félicité suprême, son individualité y cependant, ne cesse point; mais les philosophes indiens s'expliquent obscurément sur ce sujet. Ils admettent que l'ame est unie avec l’Ètre suprême, mais ils conçoivent qu'elle retient encore la nature abstraite ou définie de J'existence visible.

( Voy. yéppendix ci-dessus mentionné. G. P, )

immédiate de la peine ou du plaisir en rapport avec lui.

C’est le siège de l'effort; non seulement de la motiou, mais de l’action qui tend à l’acquisition de ce qui est agréable, et à l’éloignement de ce qui est désagréable (ij.

Il est terreux ; car les qualités de la terre sont perçues dans lui ( nommément Vodeur, la couleur , la solidité^ etc.), et cela est expressément affirmé dans plus d’un passage des Vcdas. Selon quelques opinions, il consiste en trois éléments, la terre ^ l’e<7«, et la lumière ou la chaleur , parce que les qualités particulières de ces éléments sont perceptibles dans lui , puisqu’il possède l’odeur , la viscosité et la chaleur; ou bien il consiste en quatre, puisqu’il y a inspiration et expiration de l’air; ou en cinq, indiqués par V odeur, Y humidité, la digestion, Y haleine et les cavités (d). Ces opinions sont combattues par le Nyâya. Le corps ne consiste pas en cinq , ou en quatre éléments ; autrement, comme l’objecte Kan' a'da, il serait invisible; car l’union des objets visibles avec les objets invisibles produit des objets invisibles : exemple, le vent. Il ne consiste point en trois éléments visibles, ni en deux; parce qu’il n’y a point là d’union intime et incoliative de substances hétérogènes (3). Cette dernière raison est alléguée également par Kapila : les matières hétérogènes ne peuvent entrer dans la même composition (4).

Outre les corps humains et les autres corps de ce monde qui sont tous terreux, il y en a , dans d’autres mondes, d’aqueux, d’ignés et d’aériens. Dans ceux-là aussi, il y a union avec un élément, pour la jouissance de l’âme (5).

Lescoi-ps terrestres sont de deux espèces : produits sexuellement, ou le contraire : la première espèce est vivipare ou ovipare; la seconde résulte du concours ou de l’agrégation de particules, dirigée par une cause inconnue ou pré-

(i) Tar/s, Bhach. et Com.

(a) G. 3. 1 .6. 1-5. hes cavités indiquant U présence de JWAer, 5®Élcm. (G. P.)

(3) Kan, 4 • 2 • » cl Com.

(4) Kap. 3. Î6*i8 et 5. y y.

(5) Bhiich, sur G6t» '

SYSTÈMES NYa'ya ET VAIS'ÈCHIKA. ■ 5g

destinée , et par la disposition particulière des atomes. Ce sont de telles créatures qui , comme le prouve l’autorité des révèlent la création de <iieux et de demi-dieux.

Ou les corps sont engendrés par l’union des sexes, ou ils sont autrement produits. Les derniers comprennent la génération équivoque des vers , des larves , des insectes , des moucherons , et autres , considérés comme produits par la corruption ou la fermentation des substances végétales , et la germination des plantes qui sortent du sein de la terre. Ainsi il y a cinq espèces distinctes de corps : i“ ingénérés ; 2 " utérins ou vivipares ; 3° ovipares ; 4" P' oduits par la fermentation ; 5° par la végétation ou la germination (i).

3. [ Cat. Güt.] Ensuite, parmi les objets de preuve, sont les Organes de la sensation. Un organe des sens est défini un instrument de la connaissance, uni au corps , et imperceptible aux sens ( 2 ).

11 y a cinq organes externes; Xodorat, le goût , la vue, \e toucher, et Xoiiïe. Ils ne sont point des modifications de la Conscience (comme \e Sdnkhjra le soutient); mais ils sont matériels, formés respectivement des éléments suivants : la terre, l’eau, la lumière, l’air et l'étber(3).

(i) Pad, Dtp, et Mudh sar AV/. Les Bouddhistes de la Chine n'adniettenl qae quatre sortes de naissances ; ce sont i** la génération utérinty en sanskrit (d*après la Nom. pentaglotte bouddhique de la Bibl. roy. ) Vjartiyotfdjd :

taï seng; a° la génération par Us ceufs, anda-djâ; louan seng; 3° la géncralion par la [lourritiire, panka-djà : vâiL chi seng ; 4” généialion par métamorphose , oupapàdaka : y

La génération spontanée de quelques naturalistes pourrait rentrer dans celle de la fermentation putride, (G. P. )

(a) Tark, Rhdch,

(3) Guc, 1,1.3. 4-5 cl 3 . 1.7 et 8.

\lndriy am vidjatélaxaratî tcha ; — il reconnaît et définit la faculté de sentir\ M Glirana ra.sana tchnxns tvak scotrÂnindr^àni bhutébhyuh' )| !• l'i H*

La pupille de l’œil n’est pas l’organe de la vue (coniinc raf'firment les Bouddhistes ), rà l’oreille extérieure, ou l’oi'ifice du passage auditif, l’organe de l’ouïe; mais c’est un rayon de lumière , partant de la pupille de l'œil , et se dirigeant vers l’objet aperçu, qui est l’organe visuel (i); et l’éther , contenu dans la cavité de l’oreille , et communiquant par un éther intermédiaire avec l’objet entendu, est l’organe de l’ouïe. Ce rayon de lumière n’est pas ordinairement visible; de même que le rayonnement d’une torche ne se voit point à la lumière méridienne du soleil. Mais, dans des circonstances particulières , on peut obtenir un éclat du rayon visuel ; pour exemple, l’œil du chat, ou d’uu autre animal qui épie dans l’obscurité de la nuit.

L’organe de la vision est donc lumineux ; et de. la même manière, l’organe de l’ouïe est éthéré; celui du goût, aqueux (comme la salive); celui du toucher , aérien ; et celui de l’odorat, terreux.

Le siège de l’organe visuel est la pupille de l’œil ; celui de l’organe auditif , l’orifice de l’oreille ; celui de l’organe olfactoire, les narines; celui du goût, l’extrémité de la langue; et celui du toucher, la peau.

Les objets saisis par les sens sont, l’odeur, la saveur, la couleur , le toucher (ou la température) , et le son , qui sont des qualités appartenant à la terre, à l’eau , à la lumière, à l’air et à l’éther (2).

[ Bhûtany eWa kânityâkûnxàyâmaba — 11 énamère ainsi les Elémenti qui les composent] :

«Prithivy âpas tédjô yàyar âkasam iti Bhûtani || I. x3 ||

Ces mêmes divisions en Cinq sens on organes des sens et en Cinq éléments existent aussi dans la philosophie chinoise, comme on le verra ci-après.

(t) Cette opinion semble se rapprocher beaucoup de celle de Descartes sur le siège des couleurs, et de celle dn stoïcien Chrysippe qui prétendait que la vue est nne figure conoïde , formée par la lumière entre' Tceil et l'objet vu : èpav Je , T&û p.eTaÇî> tt; cpaiaeciK >tai tcD uir&xttjxiv&u çwtô;, ^vTeivctxév&u xwvoeiJûç; X, t. X. (G. P.)

(a) G6t. 1 . 1 , 3 , 6. — [ Kramaprâptam artham vibhadjatè laxayati tcha ; — il divise et définit V objet saisi successivement par les sens ] : «Candharasarùpasparsasabdâh'prithlvyadlganastadaribab'lll. i4||* (O. P.)

SYSTÈMES NYATA ET VAISÊCniiU. 6'l

L’existence des organes des sens est prouvée par induction , d’après le fait de la perception des objets : car la perception implique un instrument pour l’effectuer, puisque c’est une action , dè même que l’action de couper implique un instniment tranchant, comme une hache ou un canif.

Ces organes sont au nombre de six , en y comprenant un organe interne , nommé manas, et non point au nombre de cinq seulement, comme les sectateurs de Bouddha le soutiennent, en rejetant le sens interne; ni au nombre de onze, comme l’affirment les Sânkjras , qui ajoutent aux six sens , les organes de l’action , au nombre de cinq.

Le Manas[i) ou sens interne intelligent est l’instrument qui effectue la perception de la peine et du plaisir, ou des sensations intérieures ; et , par son union avec les sens externes , il produit la connaissance des objets extérieurs, perçus par eux, comme la couleur , etc.; mais non pas indépendamment de ces sens pour les objets extérieurs (2).

Son existence est prouvée par l’indivisibilité de la sensation , puisque des sensations différentes ne peuvent pas naître en même temps dans la même âme. Elles paraissent

(i) Gau, *nr Kés,

Les Stoïciens, an rapport de Plutarque (de Placit. Pliil., 1. ir, ch, lo), admettaient aussi cinq organes des sens : la vue y Vodoraty le goût et le

toucher J et Aristote en comptait an sixième y qni était un sens , juge

des perceptions des cinq antres et correspondant au manas ci-dessos : Oi Xrfol* xol 'TTEvr» rà; î^txà; aioôr.atiç, è'paffiv, ctKppr.otv, qtüoiv, à®rv. ÂpiçcTi-

Xy,ç exrr.v p.8v ou jc&ivtiV àiaÔy.eiv tt,v twv <tjv9!Twv xpiTUCTr/, tii

iy iràaat 9up.6aX>.cu(iiv at iTrXaï ^avraeia;* èv^TO

àîp* tTfpou TTpô; mpov, oiovs'i crxxp.aTc;, xai xivrcew;, ^eavyTai. Ce cor-

respond aussi au mot Verstand de la philosophie de Kant , quoique ce dernier ne soit qu'une faculté de l'aine : « Der Verstand ist das Vemiogcn des Geistes, ivodurch die Mannigfaltigkeit auf die Einheit reducirt rrird : X Entendement est la faculté de l’esprit, par laquelle le multiple est réduit à Tunité. » (O. P.)

(a) Ce ne sont pas les sens qui perçoivent, mais Tàme qui perçoit au moyen des sens; d’on l’on Toit que l’auteur distingue la sensation de la perception, ce qni n’avait pas été fait nettement parmi nous avant Reid. Cependant on trouve déjà cette doctrine dans Cicérou {^Tusc. I. ao.) et dans Epicharme (apnd Theodoretumy I. i5.), où il est dit : xal V6vç àxouei-

xcu:p*, xxl TOüXâ. ( G. P. )

6a PHILOSOPHIE DES. HINDOUS,

se produire ainsi simultaDément quand elles passent rapidement , mais cependant successivement , comme un brandon enflammé, tourné avec rapidité, semble un anneau de feu non rompu (i).

Ce marins est simple , c’est-à-dire, un pour chaque Ame ; et non pas aussi multiple que les sens externes. Quand il est uni avec l’un des organes extérieurs, la connaissance est reçue par cet organe ; quand il ne lui est pas uni ainsi , rien n’arrive à l’àme par ce sens, mais par quelqu’autre avec lequel il est alors associé (2).

Quoique imperceptible au toucher, il n’est pas infini, comme l’élément étbéré, ainsi que le soutient la Mimânsâ , mais il est très-ténu , comme un atome. S’il était infini , il devrait être uni avec chaque chose , et toutes les sensations devraient être coexistantes ou simultanées. Il est imperceptible à la vue ' au toucher et aux autres sens, comme on peut le conclure en raisonnant ainsi qu’il suit: il doit y avoir un instrument de perception de la peine et du plaisir; cet instrument doit être distinct de la vue, ou de tout autre sens externe; car la peine et le plaisir sont éprouvés en l’absence de chacun de ces sens. Un tel instrument de sensation pénible ou agréable est nommé manas.

Il est éternel et distinct de l’âme, aussi bien que du corps , avec lesquels il est simplement uni.

Kan'a'da le compte parmi les substances ; et il est le sut-

(t) Dolgalii'Stcwart, dans sa Phiioxophie de l'Esprit humain^ soutient égale- Toent que nous ne pouvons être affectes de plusieurs manières à la fuis, on du moins donner notre attention à plus d'une chose en même temps. Yoy. De r j4ttention. ( G. P. )

(ci) Got. T. 1.3. 8 et 3.d,6. [Manô laxayati; — il définit le mnnns ou sens interne intelligent‘\',

Yugapàt djnanàn utpattir manaso lingam || 1. iC ||

IVàtma prntipatti bêiùnàm manasi saïuhhavut || 3.i6||

Unité do moi ; nécessité de l'intervention du principe pensant pour la perception dans. les sensations. Voy. la note 2 de la page précédente.

(3) Vad. Dîp.

SYSTÈMES HYA'ya ET VAISÈCBIKA.

Stratum de huit qualités , dont aucune ne lui est particulière , toutes étant communes aux autres substances, savoir : le nombre, la quantité , l'individualité, la conjonction, la disjonction, la priorité, la subséquence et la faculté (i).

4. \Cat. Gôx.j Ensuite, dans l’arrangement de Gotama, viennent les objets des sens {art ha) , c’est-à-dire, des sens externes; et il énumère l’odcur , la saveur, la couleur, le toucher, le son, qui sont les qualités particulières de la terre et des autres éléments respectifs (2).

Kès'ava place sous ce chef les catégories ( paddrtha ) de KaVa’da , qui sont au nombre de six : la substance , la qua~ lité , etc.

I. La substance est la cause intime d’ttn effet agrégé ou d’un produit; c’est le siège des qualités et de l’action, ou, ce dans quoi les qualités résident et l’action se produit (3).

11 n’y a que neuf substances reconnues et énumérées. Les ténèbres ont été proposées par quelques pbilosopbes ; mais elles ne sont point une substance ; les corps ne sont pas non plus une substance distincte ; ni l’or , que les Mîmânsakas affirment être une substance particulière.

Celles qui sont spécifiées par Kan'a’da sont : la Terre (4),

qui , outre les propriétés communes à la plupart des substances' (comme le nombre, la quantité, l’individualité, la conjonction , la disjonction , la priorité , la postériorité , la

(i) Cau. sur Kés.

(a) Gât. 1.3.5. [Voir le 14 soûtra qoi précctie ].

(3) Kan. I . i . 4 . i . AVi. et Cvnt. Pad. Dtp.

(4) Il est évident que Kàk adà, de niènie que toute l'antiquité indienne, chinoise, égyptienne et grecque, comprend sous ce nom toute la m.'isse solide do glolie, et que la terre, considérée comme snbst.niree ou élément primitif, n’était pas précisément regardée comme un des corps simples, que les chimistes portent aujourd'hui au nombre de cioqoante-nn , mais comme one snbstance capable, par ses atomes ou molécules , de former tous les corps solides, en se combinant entre elles ou avec d'autres éléments.

64 PHILOSOPHIE DES HIUDOÜS,

gravitation, la fluidité et la faculté de vélocité et d’élasticité) , possède la couleur , la saveur , l’odeur et la température. Sa qualité distinctive est l’odeur, et elle est définie brièvement une substance odorante (i). Dans quelques cas, comme dans les pierres précieuses, l’odeur est latente ; mais elle devient sensible par la calcination.

Elle est éternelle à l’état d’atomes ; passagère à l’état d’agrégats. Dans l’un et l’autre cas , ses propriétés caractéristiques sont transitoires , 'et susceptibles d’être développées par l’action de la lumière et de la chaleur; car par l’union de ces deux dernières qualités avec la terre, qu’elles soient latentes ou m.inifestes, les propriétés précédentes, la couleur , la saveur , l’odeur , sont en quelque sorte annulées, et d’autres propriétés nouvelles de même nature sont introduites.

Les agrégats ou produits sont ou des corps organisés , ou des organes de perception , ou des masses inorganiques.

Les corps terreux organisés sont de cinq sortes (voyez le Corps ). L’organe de l’odeur est terreux. Les masses inorganiques sont les pierres , les blocs d’argile , etc. L’union des parties intégrantes est dure, molle, ou cumulative; comme les pierres, les fleurs , le coton , etc.

2° U Eau a les propriétés de la terre excepté l’odeur; elle a de plus la viscosité. L’odeur, quand elle s’observe dans l’eau , est accidentelle; elle a été contractée par un mélange de particules terreuses.

• La propriété distinctive de l’eau ‘est la froidure. Elle est définie pour cette raison une substance froide au toucher. Elle est éternelle à l’état d’atomes ; passagère à ’ l’état d’agrégats. Les propriétés des premiers sont constamment les mêmes ; celles des derniers sont changeantes.

Les corps aqueux organiques sont des êtres habitant le royaume de Vahoun'a. L’organe du goût est aqueux (2); té-

(1) Kanad. 3 . i . i . i.

( 2 ) Ceci revient k l’opinion de quelques physiologistes modernes qui pensent qn’un corps n'est sapidc qu'autant qu'il peut sc dissondre dans la salive.

SYSTÈMES NYAYA ET VAIs'ÈCHlKA. 65

moin la salive. Les eaux inorganiques sont les rivières, les mers , la pluie , la neige , la grêle , etc.

Quelques-uns soutiennent que la grêle est de l’eau pure , rendue sojide par l’intervention d’une force invisible; d’autres imaginent que la solidité en doit être attribuée à un mélange de particules terreuses. • -

3° La Lumière en colorée, et elle colore les autres substances (i); elle est chaude au toucher, ce qui forme sa qualité distinctive. Elle est définie une substance chaude au toucher. [La chaleur alors et la lumière sont identifiées comme une même substance.] -

Elle a les qualités de la terre, excepté l’odeur, la saveur et la gravitation. Elle est éternelle à l’état d’atomes, et non pas à l’état d’agrégats.

Les corps organiques lumineux sont des êtres habitant le royaume solaire. Le rayon visuel , qui est l’organe de la vue , est lumineux. [Voy. les Organes de la perception.'\ La lumière inorganique est quadruple : terrestre , céleste , intestinale (a) et minérale. Une autre distinction concerne la vue et le toucher ; suivant que la lumière ou la chaleur

(i) Cette qualité de la lumièi'e, ainsi qae celle du calorique qnVIte possède , sont encore reconnues par la chimie moderne. Tout le monde connaît les belles expériences de ^ewtqn sur le tpectre solaire ; elles ont été renouvelées et perfectionnées depuis , et on a déterminé la faculté calorifique du spectre. Les Pythagoriciens, au rapport de Plutarfjue (de Placit. Phil., 1. IV, c. i3), « pensaient également que les couleurs n’étaient autre chose qu'nne réflexioa •«de la lumière, roodiOce de différentes manières : Ërepct xxra tivcûv âxTiWv «toxpiciv, jAtrà Tr,v rpo; tô üxcxiijxtvcv iv<jTaaiv rroXtv uTroorpsç&uuôv «poc W Platon professait la même doctrine : IIXxtcûv ^Xoya àiro tü>v 9(i>p.âTCdv, gup.p.tTpa {jLOpia l'x'^yorav Trpo; vry o'J'iv. Plato colores esse fulgorem a corporibus exeuotem partes visnî coniiiiensuratas babentem, dixit. (/<f. 1. I, c. i5.)Con> ferez le Timée ^ passim. Ces propriétés attribuées à la lumière par KanVox, d’ètre colorée et de j:olorer les autres substances ^ prouvent l’exactitude des observations des premiers physiciens iadiens et l’aucieiineté de celte doctrine.

(a) Il paraîtrait, d'après cette sorte de lumière, que les Indiens connaissaient le phénomène jusqu'ici inexpliqué et peut-être inexplicable de 1a faculté de voir par le nombril , telle qu*on la rencontre fréquemment dans les

66 PHILOSOPHIE DBS HINDODS,

peuvent être latentes ou manifestes, par rapport à la vue et au toucher , ou le contraire par rapport à l'une et à l’autre. Ainsi le feu est vu et senti tout ensemble ; la chaleur d'une eau chauffée est sentie, mais non vue; la lumière de la lune est vue, mais non sentie; le rayon visuel n'est ni vu, ni senti. La lumière terrestre est celle dont l'aliment est terrestre , comme le feu. La lumière céleste est celle dont l’aliment est aqueux, comme la foudre et les météores de diverses sortes. L'intestinale est celle dont l’aliment est tout à la fois terrestre et aqueux : elle est intérieure, et produit la digestion de la nourriture. La minérale est celle qui se trouve dans les mines souterraines, comme l'or (i). Car quelques-uns soutiennent que l'or est une lumière solidifiée , ou , au moins , que sa principale substance est la lumière qui est rendue solide par son mélange avec quelques particules de terre. S'il était composé de terre pure, il pourrait être calciné par un feu très-ardent. Sa lumière n'est point latente , mais elle est comprimée par la couleur des particules terreuses mêlées avec lui. Dans la Mîmânsâ, cependant, il est compté comme une substance distincte, ainsi qu'on l'a observé ci-dessus.

, 4° est une substance incolore, sensible au tou-

cher (a), et tempérée (c'est-à-dire, ni chaude, ni froide).

flomnanibales. (Voyez le baron Massias, Philosophie psjrcko‘physioiogique ; voyez auA&i Touvrage do docteur Bertrand sur le somoanibulîame , et les dif* fércnts articles relaiilisau magncUsme dans le grand Dictionnaire de Médecine.)

(i) DèsTinstant que la lumière ^ ainsi qne toutes les antres substances, est eoDsidèréc comme un agrégat d’atomes lamineux très-snbtlls, U Vest pas absurde de prétendre que l*or, qni est un corps brillant , soit nne lumière soU^ dijiét. Celte opinion est même assez répandue dans Tlnde; elle se retrouve dans les Védas , les Pourâtîas et antres livres religieux. (G. P.)

(a) Kau'a'da reconnaît à celte substance (que la chimie moderne regarde comme un fluide sans juveur et sans odeur, composé doxigène et d azote, dans les proportions de xi4"79) 1<^ qualités d^ètre bicolore et élastique (mais non peut'étre compressible) ainsi que la science moderne, et sa pesanteur, comme ■on existence, doit être induite dn toucher. Ces quatre premières substances ou

SYSTÈMES HYa'yA ET VAIS'ÈCRIKA.

Outre cette propriété distinctive , l’air a les mêmes qualités que la lumière, excepté la fluidité (c’est-à-dire, le nombre, la quantité , l’individualité , la conjonction , la disjonction , la priorité, la subséquence, la faculté de l’élasticité, et la vélocité ).

L’existence de l’air, comme substance distincte, est induite du toucher. Le vent , qui souffle, est senti comme tem- • péré, indépendamment de l’influence de la lumière: et cette température, qui est sa qualité , implique un substratum; car elle ne pourrait subsister sans lui; ce substratum , c’est l’air; différent de l’eau , qui est froide, et de la lumière, qui est chaude, et de la terre, qui est accidentellement échauffée par l’introduction de la chaleur.

L’air est éternel , à l’état d’atomes , ou passager , à l’état d’agrégats. Les corps organiques aériens sont des êtres habitant l’atmosphère, et les mauvais esprits [Pis'âtchas, ^ etc.) qui fréquentent la terre. L’organe du toucher est un tégument, une envelope aérienne, ou bien un air répandu sur l’épiderme. L’air inorganique est le vent qui agite les arbres et autres objets mobiles. On peut ajouter, comme quatrième espèce d’agrégats aériens, le souffle ou la respiration , et les autres airs vitaux.

5° h'Ether (^kâsa) est une substance qui a la propriété du son. Outre cette qualité particulière et distinctive qui lui est propre, il a le nombre (c’est-à-dire l’unité), la quantité, l’individualité, la conjonction et la disjonction. Il est infini, simple et éternel (i).

éléments y KaztVda dit qa’etles sont éternelles comme atomesy et passagères comme agrégats \ et qui est exacteiueot répété dans la doctrine d’AvAXAGoaE et iDeme dans celle d*EMPÉDOKi.B. Théophraste parait être le seul, parmi les Grecs, qui ait cru loir incolore : ü Si iffjôsy jxàv dfci)^cûp.c^c; cO^sv Colorib.f § ao.) (G.

(i) Ces cinq premières substances des neuf énumérées par Kaiv'a'da , sont les cinq Éléments primitifs , o\s les cinq substances constitutives d'autres phi' losophes. Empf.imirlb et Aristute en admirent également cinq« en y compre» nant Xathet, fluide extrêmement subtil qui joue nu si grand rôle dans 1a phUoeophit indienne et dans les Véilas, — SrotxcM Terrapa, irffATTTOv

L’existence d’un élément éthéré, comme substance distincte, est conclue, non par perception distincte, mais par induction. Le son est une propriété particulière , car , comme la couleur et les autres qualités particulières, il ne peut être saisi que par un organe externe d’êtres vivants, tel que l’homme. Maintenant , une qualité n’existe que dans une substance déterminée: or, ni l'ame, ni aucun des quatre éléments (la terre, l’eau, la lumière et l’air), ne peuvent être le substratum du son , car le son est saisi par l’organe de l’ouïe; les propriétés de la terre et des autres éléments ne sont pas saisies par l’ou’ie, mais le son l’est ; c’est pourquoi il n’est point une propriété de ces substances ; ce n’est point non plus une propriété du temps, de l’espace et du sens intérieur, puisque c’est une qualité toute spéciale ; et d’ailleurs ces trois substances n’ont rien qui ne soit commun à beaucoup d’autres : c’est pourquoi un suistratum , différent de ceux-ci, est inféré; et ce substratum, c’est l’élément éthéré. Il est simple, car on ne lui voit point de marque de diversité, et son unité est admissible, parce que l’infinité compte pour l’ubiquité. Il est infini , parce que , en effet , il se trouve partout. Il est éternel, parce qu’il est infini. ■ - >

Tl aûp.a aîdépiov àuiTaêXifiTov , dit Plutarque en parlant d'Aristote (de Placit., 1. ly c. 3). ÂRisToi;£, de son côté, attribue ie même sentiment à Pttha.* GORS et à Aitaxagork : ô *)fàp Àt‘]^ou.cvo( atÔf.p, TtciXaiàv eeXx^t vk* TTpcinj'Yopiav, îîv |Atv Tci> ‘JTjpl TX'JTÔv ^extî (jy:u.aivttv(Arist. Meteor.,

lib. 1 , c. 3); et dans un autre endroit il entend par ather^ un cinquième été-ment pur et inaltérable y principe actif et vivifiant dans la nature, diffèrent de Vairetdu feu. Hibrorlès, dans son commentaire snr les vers dorés de Pt> THAGORE, dit que ce philosophe plaçait nn œther pur au-dessoos des corps ^ célestes; et Plator, dans son Phœdon et dans son Tintée, suppose également^ ce fluide élémeniaire : È<m TÔ îui*yïOTaTCv émxXr.v aidrp xaXcûu.svo;; limpidissiiua, sanctissiuiaque pars (aeris) te/ôer nuncupatur. Cet élément était déjà connn d’Orphée et d’Homère, car on le trouve nommé dans V/liade, 3, 287 :

, Et; iXdrr.v àvaês; TtepipiTixtrcv , tôt’ h fi^iri MaxporaTY) fnÿuuîx ^t* inspo^ at6tp’ txavtv.

— «(Le Sommeil) monta sur an sapin très^élevé, qni, nésar les bantenrs de rida , allait se perdre dans Vather, an*ddà de l’air atmosphérique. » (G. P.)

SYSTÈMES IfYAYA ET TAISECRIKA. 69

Il pars^ît blanc , par connexion avec un orbe blanc lumineux ; comme un bloc de cristal paraît rouge par son association avec un objet rouge. La couleur bleue d’un ciel pur provient, selon Patandjali, du pic méridional de la grande montagne Soumêrou, qui est composée de saphirs (i). Sur d’autres côtés du <SVj«/neroM , la couleur du ciel est differente, étant empruntée de la teinte du pic qui domine ces côtés opposés. D’autres supposent que la couleur noire de la pupille de l’œil est communiquée au ciel (le bleu et le noir étant reconnus des teintes de la même couleur) comme un œil affecté de la jaunisse voit tous les objets jaunes.

L’organe de fouie est éthéré, étant une portion d’éther [âkâsa) contenue dans le creux de l’oreille, et (comme l’affirme fauteur du Padârtha Dipikâ ) , il est doué d’une vertu particulière et invisible. Dans foreille d’un homme sourd, la portion d’éther qui y est contenue manque de cette vertu particulière; c’est pourquoi cet organe de fouie n’est ni parfait ni efficient.

6° Le Temps (a) est induit du rapport de priorité et de

(i) Cette opinion de Tascétlqae pATÀifDJAi.( ne prouve pas an esprit fort jodicieax et un grand talent d'observation. Théophraste, que noas avons déjà cité précédemment snr donne une idée bien plus exacte des conleara

variées de l’air : Èv pa6tt ôeci)pcû{jt.tvcç ^xivirai tù

TTjv ipatoTriTa* f *yip Xtiirti tô çÔ»;, raurri oxoTtû ^«iXr,(i.ftévoî çatvftTXi , xx6a77sp TO , iravTcdv XtüxoTXTOÇ itrriy. ■

Prope terram aotem aer cænileus videtur, propter raritatem suaro; nbi enim |nx déficit , ibi tenebris obvolutns cæruleus apparet. At condensatus , quemad* modum aqaa, omnibus rebus caiididior est. » (0e Color.^ § ao.) (G. P.)

( 3 ) Les sceptiques, an rapport de Sextus Empiricus (Adv. Math., I. X), ont nié rexistence réelle du temps, en raisonnant ainsi : «Le passé n’est plus, le futur n’a pas encore été , et la rapidité avec laquelle passent les choses du monde fait que le présent se change tellement en passé, qu’il ne peut être compris ou saisi p;ir l’enteQdemt'nt.» Timée de Lokres et Platon pensaient que le temps avait été créé, on qn’il avait commencé avec la création (voy. Timke de Lokres et le Timée de Platon); et, suivant ces philosophes, ce n'était pas uce iuhstauce y mais, comme l’a exprimé Leibnitz, un ordre de succession entre les créatures t et dans les idéet des ^tres intelligents ; ou encore : espace est le

rapport des coexistants ; le temps est le rapport des successifs»» Aristote disait

postériorité , différent de celui du lieu. On le tire des notions de rapidité, de lenteur, de simultanéité, etc., et il est marqué par l’association des objets avec les révolutions du soleil.

Le jeune est l’opposé du vieux , comme le vieux est l’opposé du jeune. Ce contraste, qui ne concerne point la place, est un effet nécessitant une cause autre que celle de place , etc. ; cette cause , c’est le temps. Il a les qualités du nombre, de la quantité, de l’individualité, de la conjonction et de la disjonction. Il est un , éternel et infini.

Quoique un , il a de nombreuses désignations , comme présent , passé et futur , par rapport à son action qui se trouve telle (i).

7 ° Le Lieu ou la Place est inféré du rapport de priorité et de subséquence , autre que celui du temps. Il est déduit des notions d’i’« et de là.

Il a les mêmes qualités communes que le temps, et comme lui, il est un , éternel , infini.

Quoique un , il reçoit des noms variés comme oriental , occidental , septentrional , méridional, etc. , par association avec la position du soleil (a).

8“ h'Ànie, quoique immatérielle, est considérée comme

aossî que h changement continuel des choses gai passent constituait le temps : Et TÔ p.Y) oi896at elvÆi )^povcv Tore 9up.&xtvei otav |XTi

p.«ra€oXf,v, àX>.* 4vt xal çaiveTatt fttvtiv* ôtxv Si

xa’t cpt90){X6v, TOTt (pa|i.iv ^8“f6VEvat (Arîsl. Nal. Âusc., 1. IV, c. i6.)

Les anciens n*ont pas eu des idées si justes et si claires sur Vespace que Ka.ifADÀ. Platon, d’après Plutarque (de Placit. pfail., 1. 1, cb. 19 ), disait cV* tait ce qui poupait recevoir toutes les formes , et il rappelait métaphorique^ ment matière t comme nourricière et réceptrice de tous les êtres ^ et Aristote que c'était t extrémité du cuifTEitAHT contiguë au ronTAMU : lUaTtav TO p-traXt)- TTTtxÔv T(OV OITEp EipYlXS JXSTaÇOplXWÇ TT.V ÛXtlV , XXOflÉtrep Tivà TlftriVTV, xat

^E^xp.Evr!v. ÀpiGTCTiXx; TO foxxTov Tcû irepiExovTo; ouvairrcv tw icepux^H’tvcd.

(i) Mêmes résultats que Reid et Royer-Collard. (G. P.)

(ï) Voyca Leibnitz et Clarke, Reid, Royer-Collard et Kant, (C. P.)

SYSTÈMES irVATA ET VAIs'ÈCBIKA. 7!

une substance , un substratum de qualités. Elle est la huitième dans l’arrangement de Kan'a'da. Dans celui de Gôtama. elle est la première des choses à prouver. oy. ci-dessus.]

9® Le Marias, selon Kan'a'da, est la neuvième substance. Dans l’arrangement de Gôtama, il occupe la seconde place , comme une des douze matières à prouver ; et il le place de nouveau sous le chef distinct des organes dè la sensation, étant reconnu un sens interne. [J^oyez cidessus.]

Les substances matérielles sont considérées par Kan'a'da comme étant primitivement des atomes, et ensuite des agrégats. Il soutient l’éternité des atomes ; leur existence et leur agrégation sont expliquées comme il suit (i) :

L’atome subtil ou monade que l’on voit dans un rayon du soleil, est la plus petite quantité possible de matière perceptible pour nous. Etant une substance et un effet , par conséquent il doit être composé de ce qui est moindre encore que lui-même, et celui-ci pareillement est une substance et un effet ; car la partie constituante d’une substance qui a de la grandeur , doit être un effet. Celui-ci de nouveau doit être composé de parties plus petites que lui , et chacune de ces parties est un atonie. L'atome est simple et non composé (2); autrement, la série de la divisibilité serait

( 1 ) Kan* Kès.f ete,

(a) Levkippb, Démorrite et Épiburk n'ftdfncttaient pas non plas la dWisibilité des atomes, tandis qae presqne tous les autres philosophes soutenaient que la matière était divisible n Cinfuii. « Les sectateurs de TBALrs et de Pr- TBAGORE, dit Plutarque {de Placic, phit,^ liv. / , c. l6), enseignèrent que les corps étaient passifs et divisibles à l'inlini , ou que les atonies dénués de parties ne pouvaient être divisés à l'iufiDi : Oi âtrô 0 aXt(i), xat traOriTà

c«iu.XT«, xal TixtiTà eî; dtrsifov r ta; «Tc'aou; rt ri au.«pT idraadai, xal p-x si; d^Trstpcv elvai w Tcpiiv. Et il ajoute : ÀpiaTOTeXx; ^uvâpti ps-y ci; dtreipcv, ^vts- Xfixti? cù^aatoç. Abàxaoore ,au rapport d'Aristote (Phys., 34), prétendait que chaque corps, quel qu'il fut, était divisible à l'infioi. Mais il existe, entre la doctrine des homoeomèries ou parties similaires de ce philosophe grec et la doctrine corpusculaire de Kabada, une similarité qui, si elle est accidentelle , ne mérite pas moins nue sérieuse attention. Je regrette vivement de ne pas

sans (in ; et si elle était poussée à l’infini , il n’y aurait pas de différence de grandeur entre un grain de moutarde et une montagne, entre un moucheron et un éléphant, chacun contenant pareillement un nombre infini de particules. Le dernier de ces atomes est donc simple.

avoir à ma disposition le texte sanskrit des aphorismes de Kan ada. cités par M. Colebrooke, afin de mieux établir la conformité ou plutôt Tidentité des deux doctrines. « Les substances matérielles sont considérées par Kaiv'a'da comme étant primitivement des atomes, et ensuite des agrégats. Voilà la base fondamentale, Taxiome générique du philosophe indien. — 6p.oû iravra fi-ava rv, atretpa xxl ttàxôoç xxi au.txpoTf*TX. Kat 'yàp to <yp.upôv dîTsipov rv. Kai «a^#T6)v ôaou ÈsvTcov cù<^6v c 5 < 5 ‘r,Xov rv ôwô <jp.ixponjTO;. ïlavra «rp ts xat aiWip xxTtixev, àiz-^CTepa dirtipa sovra. Taura -yap (xt-^tora fvtdriv h tel; ou|x- Traoi xal irXrOtt xai pn-ytOei. Ce fragment d'ÂifAXAGORE , conservé par Sîmplicius (*), exprime , en d'autres tenues, que Karada, la même doctrine sor la formation de.s choses. ^C'est d'ihord ^existence con/use des substances matérielles , immenses ou injinies par leur multitude et leur pbtitessx on TÉNUITÉ. Et, en effet, le ténu ou le subtil était infini, immense. Et de toutes ces substances confondues , aucune n'était -visible ou perceptible à cause de leur extrême petitesse ou ténuité. L'air et Vcether embrassaient tout, t un et Vautre étant infinis ou immenses. Car ces grands {éléments) sont dans toutes les substances matérielles par la multiplicité de leur partie (‘rrX’r.ôfct) et parleur immensitude. • Ce ténu ou subtil , opuxpciv, etc., désigné clairement des corpuscules ou atomes, Mainteiiaot , comment de ce chaos confus de corpuscules subtiles on atomes, Anaxagore coropose>t*iI les corps? Par agrégation on mélange , crjpL(i.((rfta6at, et Us cessent d'étre des agrégats on composés, par la désunion, ^loxpvveoOcu , des partie.; similaires formte% en agrégats , exACiement comme Kan'a da : To ‘j^iveoôxi xai à-TrciXXuaOxi oux 5 pôü( vcp.tl[ouotv cl ËXXvivt^. O’j^sv *yàp xp^w-XTivsTai, cOu^i ccTTcXXoTai, i)Ji* «tp' io'vrwv xpïijxdrwv <r>jA(Ai<rYST*i TS xal ^(cucptvtmt , xai curcoc avépOu^ xaXcuv to, ts *pvs(j 0 ai mj|xp(.Co^co6ai xai to à7»oXXuo6ai d'ioxpmoOat. fragment d’Anaxagore,tiré de Simpl. Voyez Schaubach , p. x 35 ). » Les Hellènes ne se servent pas exactement des termes naître et périr, car aucune chose ne naît, aucune chose ue/^énV; mais chaque chose est formée par mélange (on agrégation) et cesse par séparation (on dissolu^ lion de ses parties) , et ainsi ils se seraient exprimés plus exactement en disant s'assimiler, s'agréger, pour //aiVre; et se dissoudre , se résoudre, pour périr,» Voilà bien évideipnient Vagrégation tt la dissolution de Kan'a da, exprimées dans les mêmes termes et s'opérant avec les mêmes éléments corpusculaires qne

( * ) Dans son commeutaire sur la physique d'Aristote. Foyez Anaxagouæ fragmenta qu.T supersunt, omuia, collecta, etc. , ab. £d. Schaubaeh. Ltps. 18x7. Couf. Le Batteux, Uisc. des Causes prem. p. 87a; U. B.ittcr,Gcschichte der phi* losophlc aller Zeit , t. 1 . etc.

SYSTÈMES WTa'tA ET YAIsicHIKA. ^3

Le premier composé consiste en deux atomes ; car un seul ne peut entrer en composition ; il n’existe point d'argument pour prouver que plus de deux doivent entrer dans sa formation. Le second composé consiste en trois atomes binaires j car si deux seulement étaient réunis , l’augmen-

l'an nomme atomes eiViutrt homaeomeris ; particules similaires, lesquelles par^ ticules similaires^ en s*açrègeantf en s'assimilant ^ forment autant d*espèces de composés qoUl y a dVspèces à' éléments composants, s'assimilant par affinité: ' ÀvaÇaq^'paç xi 0(xci&fnpTÎ trrotx«a Tifhifftv , oiov octtguv , xat oapxa xaî pusXov xal Tûv àXXotv, uv Ixaercu Top.épo; <rjv(ovv){Jiov tort. (ArJst. de Générât, et Cor* mpt., 1. 11; Conf. id., lib. Ill^ de Ccelo, cap. 3 , et le Comment, de SimpUcios sor le même IIv. etc.; Purménide, y. 97 sqq. )

Ainsi Kam'a'da. forme les eaux des atomes aqueux ; la lumière, des atomes IWr^ des atomes aériens, e\o, L*nn etPanlre sontienneot Xéternité de ces corpuscules formateurs des substances corporelles. L'nn et l'autre anssi admettent tin principe spirituel coexistant avec le chaos corpusculaire et agis* sant sur lui; c'est le Ncû; et le Bouddhi on plutôt V A' tma, La même analogie pourrait se démontrer dans Empédoxle, en prenant ses quatre on cinq é/dments, en y comprenant Véther, ponr base des agrégations et des solutions ; car la formation des composés sc fait de la même manière que chez ÀffAXA- CORS et Kam'a'da , ainsi quecbez Lxuxippzet Dkmokrite.

Les atomes simples de Kan'a'da ont anssi la plus grande analogie avec les monades de Lsibritz, que ce philosophe considérait également comme •• îdonas non est nist snbstantia simplex , quæ in coroposita ingredltur et di* citur iiVnp/ea: quia partibus caret; necesse antem est dari monades, h. e. snb* stantias simplices, quia dantnr composita; omne enim compositum non est» nisi Hggregatnin simplicinm. » Mais Leibnitz regardait les monades comme des forces ou unités réelles ou des atomes de substance et non de matière : Poiro monades hnjns modi non sont atomi molis, sed substantiœ\ nerope nnitates relies quæ fontes existant actionuro, etc. ( Princip» phil. Voyez ce que dit le marq. d'Argens dans la Philosophie du bon sens, sur ces doctrines de la divisibilité ou de la non^divisibilité des atomes ou de lenr corporéité on incorporéité , d'on il résulterait que l'nne et l'autre de ces doctrines mènent à l'absurde.)

Cette physique atomistique et corpusculaire qui s'efforce de tout expliquer avec des molécules simples et iodécomposables, les GrecsTont-ils empruntée des Indiens on les Indieus des Grecs? L.i première supposition est la pins vraisemblable , d'autant plus qu'au rapport des anciens, Démokrite avait fait de longs voyages pour s'instruire dans les siences philosophiques et qu'il avait proba* blement visité les philosophes de l'Inde. Le stoïcien Posidorius, d'après Sex« tus Etnpiricus (iiv. IX, 363, adv. Math.), cite le Phénicien Môseaus comme le premier auteur de la doctrine des atomes; mais maintenant que nous connaissons le système corpusculaire de Kak ada, In priorité probable ne doit

74 PHILOSOPHIE DBS HINDOUS,

tation de volume du composé serait à peine sensible , puisqu'il est nécessairement le produit du nombre ou de la dimension des particules ; il ne peut être le produit de la dimension; il doit donc l’être du nombre. Il n’j a point de raison pour adopter l’union de quatre atomes binaires, puisque trois suffisent pour produire la grosseur (i). L’atome alors est compté comme étant la sixième partie de la particule subtile visible dans un rayon du soleil (2).

Deux atomes terrestres qui concourent par une vertu particulière invisible à la volonté créatrice de Dieu , ou au temps, ou à une autre cause compétente, constituent un double atome de terre ; et par le concours de trois atomes binaires , un atome tertiaire est produit ; et par le concours de quatre triples atomes, un atome quaternaire est également produit, et ainsi de suite , à une grosse , une plus grosse , ou la plus grosse masse de terre : c’est ainsi que la grande forme delà terre est produite ; et, de cette manière, les grandes eaux sont formées des atomes aqueux; la grande lumière, des atomes lumineux; et le grand air, des atomes aériens. Les qualités qui appartiennent à l’effet sont celles qui appartenaient à la partie intégrante, ou particule primitive, comme sa cause matérielle; et, d’un autre côté, les

plus rester à Moschus. Tous ces philosophes cherchèrent à expliquer l'elistence et rétat Uu monde par Viinton, aûpipKTi; ou aup.TrXox'ïi , et la séparation y 5“ia- «piat; ou ou comme l’explique KxnVdà, par agrégation y et désa^

grégation ou séparation; ce qui revient au même mode àeformation et de dU^ solution y comme on le voit dans le passage suivant d’Épikure : Tûiv aa)p.aTCi>v p.£v ton rà gç wv at aj'yxpiJ4t;'ffe7rcir,vTai. Taûra èariv aTop.a/

xai àp.6TàêXy,ra , uîTip p.T. asXXsi Travra ei; to p.T, ov yOapT.ceo^ai , «XXà u?rcp.£vEiv iv rat; t«v (TJ'yxpiffewv, TrXy'pY) tt.v çuaiv ©vtx xat cwx

tX^vra, oirr, ■ü ottoj; ^laAuôraÊTXt. ( üiog. Laert., 1. lo , § 4 o- 4 1 .)

Dans la doctrine des NyâyihaSy la dissolution du monde consiste dans la ** destruction des formes visibles et des qualités des choses, mais leur essence luatérlelle subsiste, et cVst d’elle qne de nouveaux moudes organisés sont formés par l’énergie créatrice de rintelligence suprême; ainsi l’univers est dis- 5008 et renouvelé dans une succession infinie. (G. P.)

(i) Rês,

(a) Pad* Dtp,, Kaic'a'dà le nomme anou o\x paramânou. (G. P.)

SYSTÈMES NTa'tA BT TAls'ÈCBlKA. ^5

qualités qui appartiennent à la cause se rencontrent dans l’effet.

La dissolution des substances procède d’une manière inverse. Dans les parties intégrantes d’une substance agrégée résultant de la composition, comme dans les morceaux d’un vase de terre, l’action dissolvante est opérée par la pression exercée avec rapidité, ou par la pression simple. La disjonction suit immédiatement; par où l’union. qui était la cause de la cohésion des parties est annulée; et la substance intégrale, consistant en ces parties réunies, est dissoute en ces mêmes parties séparées , et par conséquent est détruite, car elle cesse de subsister comme un tout.

U. La qualité est secrètement unie avec la substance, non cependant qu’elle en soit la cause intime, ni qu’elle consiste dans le mouvement; mais elle est commune : elle n’est pas un genre , quoique appartenant à un genre. Elle est indépendante de la conjonction et de la disjonction ; elle n’est point leur cause , et elle n’est point douée elle-même de qualités.

Vingt-quatre qualités sont énumérées. Dix-sept seulement sont spécifiées dans les aphorismes de Kan'a'da (i); mais les autres sont sous-entendues.

I. Lm Couleur. C’est une qualité particulière, perceptible seulement à la vue ; elle réside dans trois substances : la terre, l’eau et la lumière. C’est une propriété caractéristique de la dernière, dans laquelle elle est blanche et resplendissante. Dans l’eau, elle est blanche, mais sans éclat. Elle est perpétuelle dans les atomes primaires de ces deux substances , mais non pas dans leurs produits. Dans la terre, elle est variable, et sept couleurs y sont distinguées, savoir : le blanc, le jaune, le vert, le rouge, le noir, orangé ( 2 ), et la couleur mêlée (3), ou

(i) Kan.f

(a) Un commentateor (^Mâdh.) spécifie le bleu au lieu de Türangé. Un autre {^Gaud.) les omet tous les deux, réduisant les couleurs à six. (G. P.)

(3) Nous retrouvons encore ici une des plus belles découvertes modernes

mixte. Les variétés très-nombreuses de ces sept couleurs ne sont pas énumérées. Les six couleurs simples se’rencontrent dans les atomes de la terre, et les sept, y compris l’espèce variée ou mêlée, dans ses atomes binaires, et dans ses formes plus complexes. La couleur des parties intégrantes est la cause de la couleur dans la substance intégrale.

2 . La Saveur. C’est une qualité particulière , perceptible seulement à l’organe du goût , et qui réside dans deux substances, la terre et l’eau. C’est une propriété particulière de la dernière , dans laquelle elle est douce. Elle est perpétuelle dans les atomes de l’eau , et non dans les produits aqueux. Dans la terre , elle est variable , et on en distingue six espèces : douce, amère, piquante ou âcre, astringente, acide et saline.

3. L'Odeur. C’est une qualité particulière, perceptible seulement à l’organe de l’odorat ; elle ne résidé que dans la terre, étant sa qualité distinctive. L’odeur, dans l’eau, est accidentelle , étant produite par le mélange de l’eau avec des particules terreuses ; comme un cristal brillant paraît rouge , étant associé à un œillet rouge ou à une autre fleur

dont il a déjà été parlé précédemment, celle ùe» Sept couleurs , qni forment le rajron solaire , décomposé pui' le prisme. Les sept couleurs reconnues par Ncwlon sont : le violet y Vindi^o, le bleu y le vert, \t jaune y Vorangé et le ro»^e. Mais KAiiVDÂy privé des moyens d'optique de la science moderne, s'est trompé en plaçant le blanc et le nor> parmi les couleurs primitives, regardées encore communément comme telles, tandis que le blanc n'est que la lumière tout<à«fait incolore ou indècomposét y réunissant en elle toutes les autres con* leurs, et que le noir n'est que l'absence de toute lumière, lorsque le corps éclairé ne pent renvoyer aucun rayon. Les Bouddhistes de la Chine n'admettent

qne quatre couleurs primitives; ce sont :

1° le bien , en sanskrit, nila,

thsing; î"leyûw«e, pita, hoang;^°\t rouge, lohita

iu,

tchi; 4“ le

blanc, aradâla,

. Il est présumable que les Sept chevaux dotiués au

char du Soleil dans la mythologie hindoue sont aussi un emblème des Sept cor<« , leurs primitives, (G. P.)

SYSTÈMES NTa'yA ET TAIs'ÊCHIKA.

(le cette couleur. Dans l’air aussi elle est accidentelle ; ainsi qu’une brise qui a passé sur des fleurs , sur du musc , du camphre, et sur d’autres substances odorantes, emporte des particules odorantes des fleurs, etc. Les fleurs ne sont pas déchirées, ni le musc diminué, parce que les particules perdues sont remplacées par l'effet d’une vertu reproductive invisible. Cependant le camphre et les autres substances volatiles s’évaporent.

Deux sortes d’odeur sont distinguées : l'odeur naturelle et la puanteur.

4 . L’Impression de la température. C’est une qualité particulière, perceptible seulement à la peau ou à l’organe du toucher. Elle réside dans quatre substances : la terre, l’eau , la lumière et l’air. Elle est la propriété caractéristique du dernier. On en distingue trois sortes : froide, chaude et tempérée. Dans l’eau, elle est froide; chaude dans la lumière; et tempérée dans la terre et dans l’eau. Diverses autres sortes sont aussi désignées comme dure, douce et diversifiée, etc.

Ces quatre qualités sont latentes dans les substances ténues I .) , comme les atomes simples et les atomes binaires; manifestes à la perception dans les produits ou agrégats d’une dimension plus grande. Un atome subtil peut être vu dans un rayon du soleil, quoiqu’il ne puisse être senti. La couleur du rayon visuel, ou l’organe de la vue, est ordinal- « rement imperceptible.

5. Le Nombre. C’est la raison de percevoir et de compter un, deux, ou plusieurs , jusqa'k la dernière limite de la numération. La notion du nombre est déduite de la comparaison. De deux objets perçus, celui-ci en est un, et celuilà un; de là la notion de deux, et ainsi de suite.

C’est une qualité universelle, commune à toutes les substances , sans exception.

(ij Diftinction des qaslités premières et secondes des corps de Is philosophie soholss|iqoe. (G. P.)

y 8 PHILOSOPRIX DU HIHDOOS,

Elle est considérée comme étant de deux sortes , uni/e et pluralité; ou de trois, unité, dualité, et multitude (i). L’unité est éternelle ou passagère : l’unité éternelle concerne les choses éternelles; celle qui est inéternelle ou passagère, concerne les effets ou les substances transitoires.

6. La Quantité. C’est la cause spéciale de l’usage, et la perception de la mesure.

C’est une qualité universelle, commune à toutes les substances.

Elle est considérée comme quadruple : grande et petite; longue et courte.

L’extrême petitesse et l’extrême exiguité sont éternelles , comme le manas, ou comme les atomes, qu’ils soient simples ou binaires , etç. L’extrême longueur et l’extrême grosseur (nommées infinies) sont pareillement éternelles.

Entre ces extrêmes est une grandeur inférieure ou quantité finie, qui est inéternelle. Elle est de différents degrés en longueur et en volume, plus ou moins, depuis la particule ténue ou atome tertiaire jusqu’à une grandeur quelconque moins grande que l’infini.

La grosseur finie des produits ou effets résulte du nombre, du volume ou de la masse. La multitude des atomes, le volume des particules et l’amas des parties composantes constituent la grosseur. Ce dernier mode, ou l’accnmula- •tioii des particules, concerne une texture ou composition * peu intense; les deux autres ont rapport à une agrégation ou cohésion plus solide et plus compacte.

L’infini surpasse les sens. Un objet peut être trop grand comme trop petit pour être distingué. [Voyez p. Sj.]

7. L'Individualité, pluralité, ou état de séparation, est une qualité commune à toutes les substances.

Elle est de deux sortes : l’individuaKté d’un être seul et

(i) On reconnaît ici la catégorie delà quaktité de Kant : Vuniü, la plura- /•trfet la totalité. 11 y a beaucoup d’antres points de tessembianee entre la doctrine de Kaic'a'dà et celle de Kaut.

SYSTÈMES NTa'tâ ET TÀIs'ÈCHIKA.

.celle d’un pair; ou elle est multiple, comme rindividualité d’une triade ou irinité, etc. La simple individualité est éternelle par rapport aux choses éternelles ; passagère par rapport à celles qui sont transitoires. L’individualité d’un pair ou d’une trinité, etc., est naturellement transitoire; elle résulte de la comparaison comme celle de la dualité et de la trinité.

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