lb
Ainsi donc, il 3' a diminution pour toutes les catégories de 3 à ro h., de 10 à 5o h., aussi bien qu'au-dessus de 5o hectares.
D'autre part, il est vrai, les recensements constatent une augmentation considi'rable du nombre des exploitations dites agricoles, d'une étendue inférieure à 3 hectares et surtout une énorme multiplication des « exploitations agricoles de 5o aies et moins » ; mais il
LES VILLES TENTACl'LAIRES I 29
est évident que ces minuscules parcelles, jardins légumiers, carrés de choux ou champs de pommes de terre, ne sont pas, sauf de rares exxeptions, de véritables exploitations rurales; la grande majorité d'entre •elles restent complètement en dehors de la sphère de la production capitaliste : elles ne produisent guère que des valeurs d'usage et ceux qui les cultivent en font l'accessoire d'une autre occupation, métier ou commerce.
Quant aux exploitations agricoles véritables, produisant des valeurs d'échange et soumises, par conséquent, à l'action de la concurrence, la diminution de leur nombre provient de l'accroissement des cultures parcellaires d'une part, et, d'autre part, de la réduction du domaine agricole.
§ III. — Transformation des cultures.
De 1880 à i8g5, l'accroissement des villes et le développement des moyens de transport qui les mettent en communication facile avec les pays d'outre-mer, ont produit des modifications profondes dans le régime des cultures : les céréales reculent, les cultures industrielles restent à peu près stationnaires et si les terres incultes deviennent de plus en plus rares, les bois, les parcs, les vergers, les pâturages occupent une étendue grandissante du domaine cultivé.
1° Les céréales, qui occupaient 394,663 hectares en 1880, sont tombées, en 1895, à 809,691 hectares. Cette réduction de plus de 100,000 hectai'es porte exclusivement sur les céréales qui servent de nourriture à l'homme : le froment et l'épeautre; celles, au contraire, que l'on emploie surtout pour l'alimentation du bétail,
l3o ESSAIS SUR LA QUESTION AGRAIRE EN BELGIQUE
l'avoine et le seigle, sont restées à peu près stationnaires. Depuis le dernier recensement on a établi des droits d'entrée sur les avoines ; aussi les emblavures d'avoine ont de beaucoup augmenté.
2° Les plantes industrielles occupaient en i8g5, 105,740 hectares contre 96,777 hectares en 1880. Cette légère augmentation provient de l'extension du tabac, de la chicorée et de la betterave, qui compense, et au-delà, le recul du lin, du chanvre, du houblon et du colza, détrôné par les huiles minérales.
3° On cultive un peu moins de pommes de terre, un peu plus de racines fourragères. ?^Iais, outre les bois, qui ont gagné près de 100,000 hectares (aux dépens surtout des terres incultes), le changement essentiel qui s'est opéré depuis 1880, c'est la grande extension des vergers, des prairies fauchées et des prairies pâturées.
\'ergers . . . .
Prairies fauchées .
37,947 hect.