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SUR LA. RÊFORMK CATHOLIQUE. 6Ui
raisonnable et chrétien. S'il ne l'était point , si, au lieu d'avoir une raison, il n'avait qu'une faculté générale de la recevoir, comme le veut M. de Bonald, ou si sa raison avait été détruite dans la chute, comme le veut M. de Maistre, ou si, sans être détruite, elle n'avait point encore été réparée, et qu'il fût païen ou juif, on arriverait à des conséquences toutes différentes. M. l'abbé M. brouille et confond tout.
Maintenant , que M. G. L. veuille bien écarter ses préoccupations, et apprécier M. de Bonald, non sur la réputation qu'on lut a faite, mais sur ce que M. de Bonald a fait, et dire si nous l'avons jugé trop sévèrement. Le clergé ne cesse de crier contre la philosophie déiste, panthéiste, matérialiste de notre temps, et grâce à M. de Bonald , la philosophie cléricale est déiste , panthéiste, matérialiste. Cependant, il y a une différence extrême entre le clergé et ses adversaires. D'abord, les doctrines anciennes que ceux-ci reproduisent sont quelquefois en progrès. Ainsi, M. Rochoux, qui s'efforce de ressusciter l'épicuréisme, ne prend à Épicure que l'atome, et il pense que l'univers est intelligent comme l'homme. Il rejette l'àme, il est vrai, et soutient que l'intelligence résulte de l'organisme, par la raison peu concluante que la pensée subit dans tous ses actes des conditions physiques; mais enseignant l'activité de la matière, il se place sur un des fondements solides du spiritualisme, et il conduit à distinguer, dans l'homme et dans l'univers, ce qui pense de ce qui est corporel. Ensuite, les ennemis de l'Église travaillent, parleurs doctrines, à affranchir les peuples, à accroître les lumières et les ressources générales, tandis que le clergé, par les siennes, si elles prévalaient, replongerait dans la servitude, l'ignorance et la misère, ceux qui en sortent, et y retiendrait ceux qui y croupissent encore.
« Pendant longtemps, dit M. Rochoux, la société chrétienne s'est développée et a vécu sous l'empire de la croyance à l'immortalité de l'àme et à une autre vie. Durant cette longue période, le bien-être matériel des peuples n'a jamais été à beaucoup près ce qu'il est aujourd'hui, où des motifs basés sur des avantages purement temporels sont invoqués par tous les gouvernements civilisés à l'appui de leurs mesures législatives ou administratives. Au milieu de cet entraînement général des esprits, un petit nombre d'hommes songent sérieusement à une autre vie, et bien que l'ancienne croyance ne soit pas encore entièrement perdue, bien qu'un certain nombre de personnes cherchent à la raviver, et soutiennent que, sans elle, il n'y a
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ni société ni morale possibles, le plus grand nombre reste indifférent, et s'occupe avant tout de ses intérêts matériels !. «
C'est à d'autres causes qu'à la foi à l'immortalité de l'âme, qu'il faut attribuer la barbarie du moyen âge, et sans le christianisme, l'Europe, dévorée par la corruption de l'empire romain, ne serait aujourd'hui qu'un désert où végéteraient quelques peuplades dégradées, telles que les sauvages qu'on rencontre dans certaines tles. Cependant, on ne saurait nierque les ministres de cette religion n'aient, en général, tendu à étouffer les progrès, et que ce ne soit, pour ainsi dire, malgré eux, que le christianisme ait Tait produire à l'esprit humain la civilisation moderne. C'est même par leur opposition au renouvellement des peuples qu'ils les ont décroyancés, et qu'ils se sont faits et continuent de se faire les apôtres principaux de l'incrédulité et les grands ennemis de l'Église Pour la multitude, il est plus clair que la vraie religion ne peut nuire aux hommes, qu'il ne l'est que Jésus-Christ dans sa personne renferme la nature divine. Le clergé, qui, avec sa mission et son pouvoir surnaturels, embrasse tous les siècles, et dans les temps anticipe en quelque sorte l'éternité, ne de* Trait-il pas se lancer dans l'avenir à la poursuite des perfectionnements, et former comme l'avant-garde du genre humain? Il le fera tôt ou tard. Mais on sent qu'il est destiné à réaliser auparavant les menaces de saint Paul contre les gentils 3, à déterminer pour un temps leur apostasie en Europe, vers laquelle il les pousse infatigablement chaque jour.
BORDAS -DEMOCLIN.
Au moment où nous achevons d'imprimer cet ouvrage (mai 1856), un des émissaires de l'Esprit de ténèbres, qui s'est glissé sur le siège de saint Denis, livre au vandalisme ultramontain la grande, la belle liturgie parisienne. Répondons par le cri redoublé de : Réforme ! réforme !
1 Épicure opposé a Descartes, p. 30* * Rom, XI.