BIG
Pied gauche. — Diminution du tact.
Les membres supérieurs sont également analgésiques au niveau de
leur face postérieure.
Dans toutes ces régions la sensibilité à la douleur est pour ainsi dire abolie ; la malade n'accuse, même après une forte piqûre, qu'un contact bien senti.
Sensibilité à la chaleur. - Cette sensibilité est également abolie, et cela d’une manière complète. Elle affecte la même topographie que l'analgésie, avec les mêmes limites et la même plaque d'hypéresthésie sacrée pour le chaud et le froid.
re ets.
Joséphine Dupré. Face : hypéresthésie à Anesthésie à la douleur. Plaque d'hypéla douleur. Perte de la sensibilité à la resthésie à la douleur. douleur, piqüres d’épingles, pincements.
Dans toutes ces régions le froid n’est nullement senti, la chaleur n’y est plus perçue même à des différences grandes de 830, 50, 70 degrés ; nous avons examiné ces régions avec le thermo-esthesiomètre de Charcot chauffé à 90°. sans que la malade ait accusé autre chose qu’une sensation de contact.
La sensibilité à la douleur, à la chaleur et au froid est absolument normale au niveau des fosses iliaques et région sous ombilicale, de même que dans les membres inférieurs. La face, la nuque, le cuir chevelu nous ont paru présenter de l'hypéresthésie à la douleur et au
froid. En tout cas tous les modes de la sensibilité tactile y étaient absolument conservés. { Il existe une diminution de la contractilité fradique et galvanique des muscles de la main.
Dans le reste des muscles la contractilité électrique semble normale
CR Core)
Joséphine Dupré. — Abolition de la sèn- Abolition de la sensibilité thermique. Plasibilité thermique. que d’hypéresthésie thermique.
aux deux modes d’excitation. La sensibilité électrique parait exagérée au niveau des membres inférieurs, diminuée au contraire en ce quiconcerne les avant-bras et les mains.
Pression tactile. — Lamaladedistingue là où Le contact n’est plus perçu les pressions fortes mêmes. Les pressions tactiles légères ne sont point senties. En lui pratiquant l’occlusion des paupières, la malade ne distingue pas en soupesant avec ses mains, la différence qu'il y aenire une pièce d’un sou et celle de deux sous. Elle ne perçoit pas non plus l’identité de poids entre deux pièces de deux sous par exemple.
Pressions tactiles simultanées. — À l'aide du compas de Weber, nous trouvons les différences suivantes:
Mains. Faces palma'res des deuxièmes phalanges.
Écart de perception minimum.
9, & millimètres (normal 4,5m).
Face dorsale des troisièmes phalanges.
8, 3 millimètres (normal 6, 7m).
Face dorsale de la deuxième phalange.
12, ? millimètres (normal 11, 2m).
Pieds. — Au niveau des pieds de même que dans le reste du corps l'écart minimum de la perception de pressions tactiles simultanées est sensiblement normale.
Sensalions tactiles successives. — Une ligne tracée au niveau desépaules mises à nu n’est point perçue lorsqu'elle a moins de 8 centimètres de long. Les lettres tracées avec un stylet à pointe mousse, sans quitter la peau ne sont senties que si les tracés ont la longueur suivante :
Mains Faces dorsales. Longueur du tracé # centimètres (normal 455:)
Faces palmaires. — 5 centimetres (normal 1, 0).
Bras. Biceps 3, 5 (normal 1, 5) avant-bras, 1, 5 (normal 1, 5).
Sens du relief. — Les yeux fermés la malade ne distingue plus la qualité et la nature des tissus qu'on lui présente. T'out estchiffon, lorsqu'on lui met du velours, du drap, de la toile, du cuir, dans les mains; elle indique bien la nature du tissu lorsqu'elle le frotte contre sa figure. De cette manière la malade ne s’est jamais trompée. En outre en lui plaçant des petites figures géométriques, celles qu’on emploie dans les collèges, la malade ne peut distinguer malgré tous ses efforts une sphère d’une pyramide par exemple.
Liquides. — En plongeant les doigts dans trois verres différents remplis chacun de vaseline liquide, de mercure et d’eau, la malade ne perçoit plus même en remuant les doigts les différences qui existent entre ces trois corps. Il en est de même lorsqu'on lui verse sur ses mains ou doigts un de ces trois liquides.
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OBSERVATION 11. —Afrophie musculaire. — Scoliose. — Analgésie. — Thermanestésie. — Troubles du tact.
Mme Delarue, née Nentier, 54 ans.
Antécédents héréditaires. Mère morte à 82 ans. Très nerveuse, mais n'ayant jamais eu d'attaques. Père mort d’une péritonite à 51 ans.
Une cousine germaine du côté de sa mère est comme malade à la Salpêtrière.
La famille se composant de 7 enfants, 4 sont morts en bas âge. Des 3 survivants elle est l’ainée. Sa sœur cadette est morte phtisique il y a 7 ans. Son frère est vivant et se porte bien.
Antécédents personnels. Toute jeune elle a eu la rougeole, la variole et la scarlatine. Elle a toujours été très impressionnable, n’aimait pas à rester seule et quand cela lui arrivait elle avait peur et se mettait à pleurer. Quelquefois elle tombait comme une masse, sans s'en rendre compte, avait des sifflements dans les oreilles, et voyait des flammèches. Elle ne peut donner aucun renseignement précis sur ces accidents.
Réglée à 19 ans, elle voit très irréguliérement, et ses règles sont douloureuses.
À ?0 ans, à la suite de la mort de son père, elle est tellement impressionnée qu’elle en est malade pendant 9 mois, sans cependant garder le lit. Un peu plus tard elle remarque que sa main gauche s’affaiblit, et accuse une maladresse inaccoutumée.
De plus on lui faisait fréquemment l’observation de se tenir droite ct même pour corriger son attitude, on lui avait fait faire un corset plus solide que les autres. Elle éprouvait aussi quelquefois des étouffements avec sensation de poids sur la poitrine. Elle n’ajamais eula sensation de constriction de la gorge.
Vers l’âge de 26 à 28 ans elle remarque que son petit doigt plie, que la maladresse s'accentue. Enfin elle accuse parfois des douleurs à l’épaule gauche et dans le dos le long de la colonne vertébrale. Ces douleurs ordinairement sourdes pouvaient s'exagérer et devenir très vives.
Voilà les accidents qu'elle avait remarqués, lorsque à l’âge de 32 ans, elle se marie.
Elle a 8 enfants qui meurent tous très jeunes de convulsions. (Les couches furent très mauvaises, deux fois elle aété accouchée au forceps.)
Après sa deuxième couche, elle à une fièvre typhoïde qui la tient 6 semaines couchée.
C'est peu de temps après qu'elle remarque l’amaigrissement de son bras et de sa main gauche et que sa scoiiose s’accentue de plus en plus.
Elat actuel. — Elle 8e fait soigner chez elle, et on la traite pour une paralysie générale.
Aspect de lamalade.— Elle se tient courbée du côté droit, la tête pen-
chée en avant et l'épaule gauche paraît notablement plus élevée que la droite.
Atrophie. — Membre gauche, épaule, le deltoïde est atrophié dans toutes ses parties et principalement en avant.
Bras. — Au toucher on éprouve une sensation de mollesse le biceps est atteint et le triceps a considérablement diminué.
Avant-bras.— Presque tous les muscles sont atteints, principalement le domaine du cubital.
L’avant-bras est aplati.
La saillie du long supinateur est conservée.
Les fléchisseurs et les extenseurs sont atrophiés et leur action est très faible.
Les radiaux, le cubital antérieur et postérieur sont évalement atteints.
L'extenseur propre et le court abducteur du pouce permettent encore de légers mouvements.
Main. Aspect de la face dorsale. — Les espaces interosseux sont déprimés, atrophiés surtout entre le pouce et l'index.
Aspect de la face patmaire. — Disparition presque complète des éminences thénar et hypothénar.
Dans l’extension de la main on voit les saillies des tendons des fléchisseurs communs.
Les doits amaigris, lisses, vernissés présentent un aspect qui rappelle la sclero-dactylie. Ils sont fortement repliés et dans les plis que font les phalanges et les phalangettes existent de petites ulcérations rosées, humides.
Membre supérieur droit. — Le bras et l’avant-bras paraissent sains. La main vue par la face dorsale présente une légère atrophie des espaces interosseux surtout entre le pouce et l'index.
Vue par la face palmaire, elle présente un amaigrissement des éminences thénar et hypothénar. Les doigts sont renflés à leur extrémité, en baguettes de tambour.
Rien de particulier à noter pour les membres supérieurs.
Circonférences des diverses parties des membres supérieurs droit et gauche.
Bras gauche.
à 9 centim. au dessous de l’acromion. 25 centim. de circonf. 16 — — — 22 — — à A — — — 20 — —
Avant-bras gauche.
à 5 centim. au-dessous de l’olecrane. 418 centim. — 11 — —., 15 — = à22 — — — 13 —
NO Bras droit.
à 9 centim. au dessous del’acromion. 26 centim. = ce = — 24 — = DEA TERRE LE 27) ==
Avant-bras droit.
à 5 centim. au dessous de l'olecrane. 20 — — à 11 — — = 18 ce LL à12 — — ee 14 — —
Motilité. — Dans le membre affecté on remarque des contractions fibrillaires.
De plus les mouvements y sont assez limités. La flexion de l’avantbras sur le bras ne dépasse pas l’angle droit. L'extension ne peut se faire complètement. L’abduction est presque impossible. Quand la malade veut écarter son bras du corps elle élève l’ébaule correspondante.
Force. — Elle est de beaucoup inférieure à celle du bras droit. La ré” sistance pour empêcher de plier l’avant-bras sur le bras est très faible. Elle est plus grande pour empêcher d'étendre le bras.
Aspect du ‘dos. L’épaule malade est plus élevée que celle du côté sain. Il y a en même temps scoliose et lordose. Le sujet se tient courbé en avant et la colonne vertébrale offre une flexion très marquée à concavité droite.
Du côté droit la cage thoracique semble être amoindrie.
En avant de chaque côté au-dessous des mamelles, le rebord des fausses côtes fait une saillie très appréciable, et descend plus bas à droite qu’à gauche.
L’appendice xyphoïde est lécèrement déjeté en avant.
Réflexes. — Réflexe rotulien exagéré; Cornéen, pharyngien, et du poignet normaux.
Exploration électrique. — Dr Vigouroux. Absence totale de réaction
dans le domaine du cubital gauche. Pour le reste (y compris le biceps) réaction normale.
Sensibilité Membre. supérieur gauche. — Au tact. — La malade sent parfaitement lorsqu'on la touche au bras gauche. Cependant cettezône de sensibilité au tact ne va que jusqu'’au-dessous du pli du coude. Vers le milieu du bras, commence une partie où cette sensibilité est complètement abolie. La limite où elle reparaît pourrait-être figurée en avant par une ligne descendant de la partie externe du cou, comprenant la région sus et sous claviculaire gauche, la portion externe du grand pectoral, et allant mourir au creux de l’aisselle.
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En arrière cette ligne descendant de la partie externe de la nuque
o pre A . . . , 3
comprendrait la région sus épineuse et finirait égaloment au creux de l'aisselle.
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Diminution de la sensibilité tactile.
À la douleur. — L'anesthésie est complète pour tout le membre gauche, en avant et en arrière jusqu'aux limites indiquées pour l’insensibilité au tact.
A la chaleur. — Elle est complètement abolie dans les mêmes limite pour une température variant entre 60 et 70 degrés.
Toutefois il existe une zône marquée supérieurement par une ligne transversale coupant la moitié du bras où la température au-dessus de 70 degrés est nettement sentie. Au-dessus de cette limite on peut appliquer un corps chauffé à 90° sans provoquer d’autres sensations que celle du tact.
Au froid. — Complètement abolie pour tout le membre jusqu’à la limite précédemment indiquée.
Membre supérieur droit. — La sensibilité tactile existe partout. Pour la douleur il y a obnubilation de la sensibilité dans tout le membre à partir de l'épaule, cette obnubilation va s’accentuant à mesure que l’on
descend vers la main,
En ypies
Même remarque à faire pour la sensibilité au chaud et au froid. Pour jes membres inférieurs et le tronc rien de particulier à noter.
Sens musculaire. — Conservé.
Troubles visuels. — Nous n'avons pas de détails sur les yeux.
Ouïe. — Rien.
Frc. 12 et 18.
Abolition de la sensibilité à la douleur.
Le goût et l’'odorat sont intacts.
Troubles intellectuels. — Rien de particulier, sinon. que la malade a perdu la mémoire, et se rappelle plutôt les faits éloignés que ceux qui sont plus récents.
État général. — Quelquefois céphalée à la région frontale etoccipitale. Les nuits sont parfois agitées, la malade a des cauchemars, et surtout, il lui arrive d’avoir des défaillances, elle a alors une sensation de vide, il lui semble qu’elle va mourir.
Pression tactile. — La malade tout en distinguant les pressions assez fortes même au niveau des parties atteintes dans la sensibilité à l’attouchement, ne perçoit plus les pressions tactiles légères.
Cest ainsi que les yeux fermés elle ne distingue pas en soupesant avec ses mains, la différence entre une pièce d’un sou et celle de deux sous.
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Elle ne peut non plus affirmer l'identité de poids entre deux pièces de deux sous par exemple.
En chauffant une de ces pièces, ce qui à l'état normal la fait paraitre plus lourde, la malade ne perçoit aucune différence. 11 est probable que l'abolition du sens thermique y joue un certain rôle.
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