‹ Essais sur le droit public et privé de la république athénienneChapitre 75 sur 187 · LES LOIS DE SOLON · texte numérisé non relu

LES LOIS DE SOLON

Nous n’avons pas à rappeler les services par lesquels Solon avait acquis à Athènes, pendant le cours des dix années qui précédèrent son archontat, une considération tout à fait exceptionnelle ; nous n’avons pas non plus à étudier sa législation, dont les dispositions principales restèrent toujours la base du droit attique. Celles des lois de Solon qui nous ont été conservées seront examinées chacune en son lieu et place, et, quand la chose sera possible, nous distinguerons ce qui appartient au premier législateur des additions postérieures et des développements plus modernes. Nous nous bornerons à indiquer en quelques mots ce qui fait le mérite et l’originalité de l’œuvre de Solon, ce qui lui permit de répondre aux exi-

LES SOURCES DD DROIT

gences du présent, et de sc modifier, sans brusques secousses ni révolutions destructives, à mesure que se produisaient des besoins, des intérêts, des droits nouveaux.

Ce qui caractérise la législation de Solon , c’est qu’elle est une intelligente et loyale transaction entre le passé et l’avenir, entre les vieilles traditions sociales et les tendances toutes différentes qui commençaient à se faire jour, entre les riches et les pauvres, entre l’aristocratie territoriale qui possédait toute l’autorité et le peuple actif, avisé et laborieux , qui réclamait de solides garanties et sa part d’intervention et de contrôle. Par la «wcc/Osia (mot à mot {'action de secouer le fardeau ) , Solon cassa tous les contrats qui avaient livré au créancier, en échange de son argent, la liberté de l’emprunteur et la propriété do son domaine; il affranchit les personnes et les terres. En même temps, pour aider une autre classe de débiteurs, ceux qui avaient compté, pour payer leurs propres dettes, sur les profits à tirer de l'exécution des contrats qui venaient d’être mis à néant, il abaissa d’un peu plus de vingt-cinq pour cent le taux de la drachme. L’aristocratie possédait presque tout ce que l’Attique renfermait de terres vraiment fertiles, la plus grande partie des deux plaines d'Eleusis et d’Athènes; elle avait entre les mains, sous forme de lingots, d’or et d'argent monayé, d'objets d’art, presque tout ce qu’il y avait dans le pays de métaux précieux; elle pouvait donc, grâce à l’allégement que lui procurait Solon , affronter encore sans trop d’embarras une liquidation générale. Tandis que la seisachtheia rendait la terre et la liberté aux cultivateurs, une large amnistie restituait la dignité de citoyen à ceux que les Archontes avaient frappés A'alimie, ou de dégradation civique. C’était effacer le souvenir de l’oppression qu’avaient fait peser sur le peuple, pendant

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