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(Il n'appartient qu’à celui qui a fait de la méde- « cine d’écrire de la métaphysique. Lui seul a vu « les phénomènes, la machine tranquille ou furieuse, « faible ou vigoureuse, saine ou brisée, délirante « ou réglée, imbécile, éclairée, stupide, bruyante, « muette, léthargique, vivante où morte. »
(DipEerorT)
A sa leçon d’ouverture, Lacassagne disait : « Il est assez curieux que les médecins aient complétement abandonné à des moralistes le soin d'apprécier toutes les circonstances diverses qui influencent la vie criminelle de notre nation. Si le crime est une de ses modalités de la vie sociale, une des conséquences fatales et inéluctables comme la naissance, le mariage, la mort, n’appartient-il pas au médecin de chercher les causes qui le produisent, l’entretiennent, le font augmenter ou diminuer ? Les fonctions sociales ont leurs règles comme les fonctions biologiques, les lois de la physique ou de la mathématique ; il n’y a de différence que dans la complexité des phénomènes et dans l'étendue de notre ignorance. — Pour nous, nous avons réclamé dans toutes nos publications et nousrevendiquons encore aujourd’hui que notre compétence soit reconnue dans des études où nous pouvons apporter des connaissances indispensables. Notre profession a une destination sociale et
c’est là un des titres de gloire de l’art médical. » G, SAINT-PAUL, I
Cette si juste revendication de la morale, et de ce qu’un néologisme d'Auguste Comte a désigné sous le nom de « sociologie » contient implicitement celle de cette science sinon nouvelle, au moins très rajeunie, qui fait de son but la connaissance du mécanisme cérébral.
Qu'elle soit pour les uns de la psychologie avec ce que ce mot laisse planer Surelle d’hypothèses démodées, qu'elle soit pour d’autres de la physiologie cérébrale pure, qu’on l'appelle pscychophysiologie, physiopscychologie ou autrement, qu’on attende d’elle un peu plus un peu moins, encore faut-il admettre qu’elle est, et que le médecin doit l'étudier et s’essayer à la perfectionner.
‘Aussi bien les objections ne sont guère possibles. On ne voit point ce qu'elles pourraient être. Seraient-ce des one de doctrines, de théories, de convictions ? Mais, qu’on me pardonne cette forme schématique de ma pensée : Si vous êtes matérialiste le cerveau est un organe comme un autre, un peu plus complexe, et l’on ne s'explique pas, que seul entre tous il ne soit point digne de votre examen, et si vous êtes spiritualiste au contraire encore admettrez-vous qu'entre l'âme et le corps il existe une série de relations, soumises à des lois, intéressantes au premier chef pour qui prétend bien connaître le corps. |
Quoi, on analyse avec la dernière précision tous les secreta humains, on s'évertue à en tirer des ptomaïnes bizarres et de formules compliquées — etl'on a raison d’ailleurs — mais on négligerait chez l'homme de connaître le plus parfait des rouages, on délaisserait de parti pris, ce qui est en lui de plus élevé, de plus idéal, de
plus exquis !
Le sa
Dans nos sociétés modernes, le rôle du médecin doit grandir ;:1l doit être non seulement, un: pathologiste, un A cien un hygiéniste, un thérapeute, un guérisseur , 11 doit par excellence être le philosophe, je dirais — si j'étais très âgé et que mes pensées fussent les mêmes — Péducateur, le prêtre.
A cela il n’atteindra qu’en revendiquant la science du cerveau, en la prenant si on ne lé lui accorde pas.
Mais comment étudier le cerveau ? Sur quels éléments bâtir ? Quels sont-ils ceux qui nous les peuvent fournir ?
L'anatomiste nous donne désormais de l’encéphale des descriptions exactes et détaillées ; le clinicien apporte des observations souvent précieuses sur le fonctionnement de tel ou tel point ; le physiologiste se rend utile par ses études sur l’animal: il perce des crânes, découpe des cerveaux de chiens, semblable un peu trop souvent, peut-être, à l’enfant qui casse une montre pour voir ce qui la fait marcher ; le psychologue de profession imagmede jolies théories, ingénieuses, quitiennentun instant la vogue et dont la foule s'amuse jusqu’au jour où elle rejette la doctrine préférée pour parfois s’'énamourer de. celle qui lui est opposée ; les romanciers amassent des faits, qu'ils étalent souvent pêle mêle et sans art; mais quelques-uns sont de merveilleux peintres de la réalité, ils font d'admirables synthèses, 1ls présentent des pérsonnages vrais, dont les manifestations prennent la valeur d'observations scientifiques : tels Cervantès créant Don ue Schakespeare, Macbeth; Molière, Argan, Don Juan. fps
Chacun, cantonné dans son coin, à la recherche dé: Pinsaisissable vérité, dont il n'entrevoit qu’une facetté; :
re jette sur ses rivaux des regards de mépris. Je connais bien des cliniciens qui riraient si on leur disait, non point d'apprendre dans Cervantès la physiologie cérébrale, mais au moins d’y analyser un type de monomane, très joliment présenté ; beaucoup ne semblent pas se douter qu'il y ait un intérêt quelconque à saisir les manifestations extérieures de la pensée, ä les comparer les unes aux autres, à les ramener à des types généraux bien difiérenciés; et cependant ne faut-il pas étudier toutes les réactions du système nerveux et ne voudra-t-on point avouer qu'il est — au moins — des réactions entre la pensée et le cerveau ?
Il serait étrangel’ingénieur qui, décrivant une machine, oublierait et d'en calculer le rendement et d'étudier le mécanisme de ce rendement.
La vérité est partout ; le physiopscychologue — pardon du mot — doit recueillir tout ce que lui donnent l’anatomiste, le clinicien, le physiologiste, le pscychologue et le romancier même. Ne concourent-ils pas tous au même but ; et, n’avait-il point raison, Alphonse Daudet, qui me disait un jour, comparant littérateurs et savants : « Nous sommes tous des pionniers qui, par des chemins différents, allons vers la même Ville encore inconnue » ? |
Je n'ai point la prétention de marquer sur la route une
étape ; en limitant au langage intérieur — si magistralement étudié par Charcot, Galton, Ballet, Ribot et Binet — cette première esquisse, je me suis efforcé
moins de dégager de documents nouveaux, des types impossibles encore à déterminer que de tracer certaines silhouettes qui paraissent répondre à des réalités psy-